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ORGANES CONTIGUS AU TUBE VOCAL

On jette ordinairement le peuple des chanteurs, maîtres et élèves, dans un étonnement stupide quand on leur décrit la contexture du larynx et la manière dont s'accomplit, dans ses diverses phases, le phénomène de la voix ; quand on leur parle du jeu des poumons dans les inspirations et les expirations, de la sécrétion de la salive, si nécessaire au brillante du son, des fonctions des amygdales et de tout ce qui concourt au système phonique. La moindre description empruntée à l'anatomie leur semble une énormité scientifique dont un musicien ne doit pas être capable. Ils oublient que l'anatomie, qui se lie étroitement aux arts par la peinture et la sculpture, doit ou plutôt devrait être aussi l'objet des premières études d'un chanteur qui veut approfondir sa profession : car, autrement, il ressemble à un soldat qui ne connaîtrait point la nature et l'agencement des diverses pièces qui composent les armes dont il se sert, et il est

réduit à employer, toute sa vie, des moyens d'action dont il ignore les principes, le but et la puissance matérielle.

On peut bien chanter sans connaître tout cela : c'est vrai, et il est juste de dire même qu'on peut montrer à chanter sans le secours de l'anatomie. Mais avec cette connaissance préliminaire , on acquiert çlus vite et plus sûrement un degré de perfection auquel l'ignorance ne peut jamais atteindre. Je considère donc la description physiologique de tout le système vocal comme la première et la plus utile des leçons qui doivent composer un enseignement bien complet. Mais en me conformant dans ce travail aux exigences des

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genre d'instruction de la plupart de mes lecteurs, et je donnerai à mes descriptions assez de lucidité pour les rendre claires aux intelligences les moins exercées.

L'appareil vocal se compose, à proprement parler, d'un seul organe, le larynx, agissant sur la bouche comme une trompette sur son pavillon. Mais la bouche contient diverses parties qui jouent chacune un rôle essentiel dans le phénomène de la phonation , et le larynx lui-môme est mis en œuvre par le secours d'autres organes. Il est important de connaître les fonctions de ces moteurs passifs et actifs, directs ou indirects, qui tous concourent aux mêmes résultats , et par conséquent doivent être considérés comme faisant partie intégrale de l'appareil.

Les poumons forment la base de cet édifice merveilleux. Les bronches les relient à la trachée-artère, tuyau cartilagineux qui correspond au larynx. Celui-ci

agit directement sur les parois de la bouche qui donnent au son un degré de rtfconnance et une qualité qui résulte de l'espace qu'occupe le larynx pendant que la voix parcourt l'échelle des distances musicales.

Avant de décrire ces divers organes, il est nécessaire de parler succinctement d'un autre appareil qui présente une voie dans laquelle pourrait bien s'égarer l'inexpérience de nos lecteurs: la voie ou tube alimentaire dont la partie supérieure aboutit aussi à la bouche.

Bien des gens, en effet, confondent dans leurs idées hypothétiques ce tube avec l'appareil vocal et s'imaginent que l'air qui pénètre dans les poumons et qui en sort sous la forme d'une expiration, de la parole, ou du chant, passe par le large chemin dont l'extrémité apparaît si facilement au fond de la bouche.

Ce chemin est une espèce de sac musculeux dont le fond est en haut et qui s'étend depuis la base du crâne jusqu'à la partie inférieure du cou. C'est tout bonnement le gosier ou arrière-bouche ; son nom scientifique est le pharynx ; c'est le principal organe de la déglutition, dans ce sens qu'il porte les aliments de la bouche dans l'œsophage , conduit musculo-membraneux qui se lie dans sa partie supérieure au pharynx et dont la partie inférieure, s'ouvrant dans l'estomac, aboutit à l'abdomen.

Comme le pharynx, ainsi que je l'ai dit, ne fait point partie de l'appareil spécial de la voix, je pourrais me dispenser de le décrire. Si j'entre dans quelques détails sur la nature de cet organe, c'est pour établir d'une manière plus évidente sa non-participation avec le principe direct de la voix, et aussi parce

que son voisinage du larynx rend sa connaissance i sinon indispensable, du moins utile à ceux qui s'occupent de chant.

Le pharynx est situé devant la colonne vertébrale (1), derrière le larynx, la bouche et les ouvertures postérieures des fosses nasales. Il aboutit, par sa cavité supérieure , à la bouche, dont il est séparé par la cloison mobile du voile palatin. Cette cavité donne passage à l'air jusqu'à l'ouverture du larynx; ses parois sont, en conséquence, écartées pour former un espace libre depuis la base du crâne jusqu'à la glotte. Elle s'élargit ensuite à la partie moyenne et se rétrécit à sa partie inférieure, de telle sorte que ses parois aplaties se touchent lorsqu'elles ne s'écartent pas momentanément pour donner passage au bol alimentaire. L'extrémité inférieure du pharynx s'ouvre dans l'œsophage, qui peut être regardé comme sa continuation.

La surface interne du pharynx est couverte par une membrane qui est le prolongement de celle de la bouche; elle est plus épaisse à sa partie supérieure, elle est revêtue d'une épiderme très-mince et parsemée dune innombrable quantité de vaisseaux. Un grand nombre de glandes muqueuses ovales sont situées à la face externe du pharynx, et principalement à la partie supérieure. L'orifice de ces glandes s'ouvre dans la cavité de l'organe, il sécrète une matière propre à lubrifier et à faciliter le passage des aliments, ce qui constitue la nature des fonctions du pharynx.

(1) Il va sans dire que le sujet est vu de face.

Cette description du pharynx et de l'œsophage serait à peine ébauchée sous le point de vue anatomique; mais elle est suffisante pour l'ensemble de mon travail ; car il ne faut pas oublier que mon but était d'expliquer ce que le pharynx ne fait point par rapport à la voix , et non pas ce qu'il fait en accomplissant les fonctions qui lui sont propres dans l'économie animale.

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