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FONCTIONS DE LA RESPIRATION

Après avoir donné sur la forme et sur la substance des poumons les indications nécessaires pour initier les chanteurs aux mystères de leur nature (car on doit comprendre que mes descriptions anatomiques sont et doivent être bien insuffisantes, à les envisager sous le point de vue de la science), il nous reste à considérer les poumons ainsi que le larynx sous le rapport du fonctionnement; mais si j'ai dù remettre mes explications pour ce qui concerne ce dernier organe au chapitre qui traitera du mécanisme vocal, il n'en est pas de même des poumons dont le travail spécial peut être examiné ici sans inconvénient.

Les poumons, comme nous l'avons vu, sont les principaux organes de la respiration. Cette fonction, qui dure sans interruption pendant toute la vie, a lieu au moyen de deux mouvements opposés qu'on nomme l'inspiration et l'expiration. Le premier transmet l'air à la poitrine dilatée ; l'autre chasse au dehors l'air que la poitrine resserrée ne peut plus contenir.

Les physiologistes donnent une idée parfaite de la respiration en comparant la poitrine à un soufflet qui contiendrait une sorte de vessie communiquant avec l'air extérieur, sans qu'il fût possible à celui-ci de s'introduire entre sa surface extérieure et les parois du soufflet. L'action de ces parois fait entrer ou sortir l'air de la vessie; c'est-à-dire qu'elle la distend ou la resserre, selon qu'on les élève ou qu'on les abaisse : le premier cas est l'image de l'inspiration; le second ofïïe le phénomène de l'expiration, car l'air, en pénétrant

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dans les poumons, opère une dilatation qui cesse lorsqu'il en sort.

Je ne pourrais expliquer scientifiquement les causes qui produisent ces mouvements si réguliers, si continus, sans sortir du cadre de mes travaux ; il me suffira de dire que, dans l'inspiration, l'abaissement des viscères abdominaux, produit par celui du diaphragme, agrandit considérablement le diamètre vertical de la poitrine. Or, comme les poumons touchent de tous points à la plèvre et qu'il n'y a point d'air entre leur surface et celle de cette membrane, il en résulte naturellement que, quand la poitrine s'agrandit, ces organes suivent les parois de cette cavité et par conséquent se dilatent. Mais, comme les poumons ne peuvent se développer sans que l'air extérieur contenu dans les cellules du tissu lobulaire ou bronchique n'occupe un plus grand espace , cet air se raréfie et s'affaiblit ; sa résistance diminue alors et n'est plus en équilibre avec celui de l'atmosphère qui, dès-lors, acquiert un degré supérieur de force et de pression, et se précipite dans les poumons avec une vitesse réglée proportionnellement sur la dilférence de leur densité. Alors toutes les parties des poumons, jusqu'aux moindres lobules, se distendent et livrent à travers leur substance un passage facile au sang. (L'un des principaux usages de la respiration est de faciliter à travers les poumons le cours du sang, qui ne peut être transmis de la partie droite à la partie gauche du cœur que lorsqu'il a traversé les vaisseaux pulmonaires.) C'est ainsi que s'accomplit la première et la plus laborieuse partie des fonctions respiratoires.

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L'air qui vient de s'introduire ainsi dans les poumons ne conserve pas longtemps les qualités qui l'ont rendu apte à distendre les sinuosités et les vésicules bronchiques. Le passage du sang ne peut plus s'opérer dans les vaisseaux pulmonaires ; l'expulsion de cet air nuisible devient une condition immédiate de l'existence, et elle constitue le second acte de la respiration, qui est l'expiration.

Dans cette seconde partie, la réaction des muscles abdominaux, produite par la pression de l'air sur le bas-ventre, fait remonter le diaphragme dont la position diminue le volume de la poitrine de tout l'espace qu'elle lui avait ajouté en s'abaissant pendant l'inspiration. L'invasion des viscères sur la cavité de la poitrine, dans laquelle il forme une sorte de voûte, comprime les poumons et les force à expulser l'air qu'ils contiennent, ou du moins la plus grande partie. Car, dans l'état normal, les poumons renferment toujours une certaine quantité d'air qu'on ne peut chasser entièrement de leurs cellules. C'est pourquoi ces organes sont mous, crépitants et d'une pesanteur spécifique moindre que celle de l'eau sur laquelle ils surnagent lorsqu'on les y plonge. Les poumons d'un enfant qui n'a point respiré sont plus pesants et vont au fond de l'eau.

Comme nous n'avons a examiner le phénomène de la respiration que dans ses rapports avec l'exercice de la voix, il serait inutile de décrire ici les autres usages de cette fonction, quelle que soit d'ailleurs leur importance dans l'économie animale. Je dois ménager l'attention de mes lecteurs pour ce qui me reste à dire de

l'appareil vocal dont (heureusement) la description s'avance.

Nous avons considéré le larynx, relativement à l'appareil complet, comme un milieu au bas et au haut duquel fonctionnent des organes qui lui servent de moteurs, et d'autres organes sur lesquels s'exercent ses facultés pour obtenir l'accomplissement du phénomène de la voix. J'ai dû expliquer d'abord les moyens d'action avant d'examiner l'action ellemême.

Maintenant me voici arrivé à la description des effets produits par le fonctionnement des organes respiratoires avec le concours des différentes parties de la bouche et de l'arrière-bouche. L'examen de ces organes complétera mon travail sur l'appareil phonique et mon introduction aux théories du mécanisme vocal. Quoique j'aie soigneusement élagué de ce traité préparatoire tout ce qui n'était pas absolument indispensable au sujet de mon ouvrage, et que je me sois efforcé de le rendre clair à ceux de mes lecteurs qui ne sont pas des savants , je ne me dissimule pas son aridité. Mais je touche au terme de ces recherches d'ailleurs indispensables, et quelques efforts d'attention suffiront au reste de ma première tâche.

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