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TROISIÈME PARTIE

celle de la poudre. La teinture se conserve toujours, est constamment homogène, comparable et idehti(^ue, et elle retient avec la résine le principe volatil de la plante. Notre teinture est faite avec une partie de feuilles de digitale récemment séchées sur quatre d'alcool à trente-deux degrés ; enfin on là prépare la plus forte possible. On a soin de ne se servir que de la digitale qui vient daris les lieux secs et exposés au soleil, ce qui là rend bien plus active que celle qui croît à l'ombre ou dans les fossés.

Quant à la dose, on a dii voir qu'elle paraît assez forte. Depuis fort longtemps l'expérience nous à prouvé que très souvent l'on ne soulage véritablement que lorsqu'on donne ce médicament à haute dose ou à dose nauséeuse et vertigineuse, c'est à dire à soixante gouttes par jôut ëh trois prises. Quelques malades vont même jusqu'à trois fois trente ou quatre-vingt-dix gouttes sans en être aucunement incommodés. Un grand nombre éprouvent quelque effet à soixante gouttes, quelques-iins mértieàmoîHs. Nous avohS Vu beaucoup de malades qui nous ont déclaré n'avoir retiré aiicun avantage de l'emploi de la digitale, et qui taxaient d'impuissance ce remôitë héroïque. 11 y a plus, un certain nombre de médecins même sont encore dans cette erreur. D'où viennent ces préventions ou ces préjugés injustes? Principalement, selon nous, d'un vice posologic|ue.

c'est à dire de ce qu'on n'emploie pas la digitale à dose convenable et assez élevée pour modifier l'action ou les mouvements du cœur, et amener la sédation de la circulation.

Un très grand nombre de médecins ne dépasse pas la dose de trente gouttes en vingt-quatre heures , et la plupart restent souvent bien au dessous.

Les matières médicales, même les plus récentes et les plus exactes que nous ayons en France, comme celle, par exemple, de MM. Trousseau et Pidoux (ISZil) , ne portent le maximum de la dose qu'à vingt-quatre et à trente-six gouttes par jour. Le docteur Bouchardat (1839) ne la met qu'à quinze ou vingt gouttes en vingt-quatre heures, et les docteurs Milne Edwards et Vavasseur à la même dose. M. le professeur Trousseau est donc encore le thérapeutiste français à la fois le plus moderne, et le plus exact, qui conseille la teinture de digitale à plus haute dose que tcus les autres, et cette dose est, selon nous, encore trop faible. Les médecins étrangers sont beaucoup plus hardis sur ce point, comme nous l'avons vu à l'article Phthisie. J'excepte pourtant ici un médecin français; c'est le docteur Authenac, qui, dans sa Posologie (1821), dit qu'on peut porter la dose de la teinture de digitale jusqu'à cent gouttes et au-delà. Autrefois (il y a vingt et quelques années) nous la donnions à quatre-vingt-

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