PREMIÈRE PARTIE
venait tous les soirs aussitôt que le malade commençait à s'endormir. Il se levait brusquement sur son lit, les yeux ouverts, crachait plusieurs fois de suite, et faisait exécuter au bras droit des mouvements rapides de circumduction. Quelquefois il se recouchait tout seul. Je rapporte cette particularité parcequ'elle me semble se rattacher à raft'ection principale ; du moins elle a marché en même temps vers la guérison, sous l'influence du même médicament (la belladone). Quoi qu'il en soit, au bout de quatre mois de traitement, la maladie a cessé entièrement, et, depuis le mois de mars 18/r2, le malade n'a éprouvé aucun accident. Sa guérison ne me paraît pas douteuse.
« Une petite fille de huit ans fut atteinte, au mois de juin 18/j2, d'accidents épileptiques qui furent combattus pendant trois mois par des moyens très variés. Les deux médecins qui la traitaient de concert avaient essayé sans succès les calmants ordinaires, les anthelmintiques, les purgatifs. Un autre praticien distingué crut reconnaître une affection du cervelet et de la moelle allongée. Il prescrivit de nombreuses applications de sangsues h la nuque et sur les vertèbres cervicales, des bains, des douches, la diète, etc. Les accès se rapprochèrent, et la petite malade fut obligée de garder le lit à cause de la grande faiblesse qu'elle éprouvait. On m'appela, et
je fus témoin de trois accès qui eurent lieu dans l'espace d'une heure : elle en éprouva vingt-quatre dans la journée. L'attaque, quoique subite, permettait à l'enfant d'appeler sa mère. Tout son corps se raidissait, sa figure devenait rouge, la tête s'inclinait fortement du côté droit, les membres se contournaient, la respiration était haute, les paupières s'agitaient rapidement, la bouche se couvrait d'écume, et l'insensibilité était complète. Chaque accès durait de quatre à cinq minutes.
(( Dès la quatrième journée que la belladone fut mise en usage, le nombre des accès diminua. Un mois de traitement suffit pour amener une guérison qui ne s'est pas encore démentie aujourd'hui (18M). A la vérité, j'ai donné à la malade, pendant deux autres mois, cinq centigrammes par jour d'extrait de belladone; mais ce n'était que comme prophylactique. ))
C'est en effet ce que l'on doit toujours faire, et même quelquefois pendant bien plus longtemps encore, comme on le verra dans la première des trois observations qui suivent, et que nous devons à notre collègue et collaborateur à l'Institution médicale de la Trappe, M. Leprince.
Un homme de quarante-huit ans, d'une constitution apoplectique, éprouva en voyage un accident, que les médecins qui le virent seulement après