‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 19 sur 131 · PP.EMIKRE PARTIE. SU · texte numérisé non relu

PP.EMIKRE PARTIE. SU

Force est donc au médecin de recourir aux bains IVoids domestiques, aux opiacés et à divers autres moyens ; mais tout sans avantage bien marqué, si ce n'est une légère diminution dans l'intensité des accès, qui continuent néanmoins à revenir tous les soirs à heure fixe. Deux autres médecins, appelés en consultation, ordonnent le sulfate de quinine et des tisanes rafraîchissantes. Sous l'influence de cette médication (très rationnelle d'ailleurs), qui dura au moins quinze jours, les accès, au lieu de dimimier, ne firent qu'augmenter. Au bout de six mois de traitements infructueux je fus appelé, et trouvai la malade dans l'état suivant :

« Elle a le regard hébété, parait très insouciante, môme de guérir ; elle est très maigre, sans force ni courage, ne pouvant ni se tenir debout ni rester assise sur une chaise. Elle se tenait toute la journée accroupie, le ventre appuyé sur les deux genoux, le siège sur les talons, les bras étendus en avant, et lus mains jointes qui soutenaient les jambes et embrassaient les tibias. Je lui dis : N'éliez-vous pas, par hasard, dans un moment critique quand votre malheur arriva ? — Oui, Monsieur. — Avez-vous été réglée depuis ? — Non, Monsieur. — D'où partent vos attaques, où les sentez-vous d'abord quand elles arrivent ? — Au bas-ventre. Je sens une boule qui me monte au rou, m'étoulTe, me donne des at-

taques dans tous les membres, et puis je perds la tête (littéral). Je prescrivis aussitôt deux pilules par jour d'extrait de belladone, de dix centigrammes chaque. Dès le premier jour, il y eut une diminution très notable dans l'accès et plus encore dans le second ; le troisième n'offrit que des spasmes seulement, et le quatrième ne fut marqué que par des bâillements. Depuis ce jour (dix-huit mois) , elle n'a plus jamais rien ressenti de cette terrible maladie. Je lui fis prendre encore pendant un mois cinq centigrammes de belledone, dans le but de consolider cette guérison extraordinaire et quasi subite. C'est en effet à ne pas y croire. Tout le monde, et surtout les médecins, en étaient dans la stupéfaction et l'admiration. »

Cette observation d'hystérie très grave et très intense est fort remarquable par la périodicité parfaite de ses accès, et sa résistance formelle au sulfate de quinine. Elle est plus remarquable encore par sa guérison presque subite opérée par la belladone seule, administrée sans gradation, c'est à dire à la dose de vingt centigrammes dès le premier jour. Ainsi le quinquina, administré pendant quinze jours contre une maladie nerveuse avec des accès régulièrement périodiques, ne fait qu'augmenter l'intensité et la violence des attaques hystériques ; les bains froids, les opiacés et autres moyens ap-

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