PREMIÈRE PARTIE
Extrait de belladone 8 gram.
— de ciguë 15 grani.
Acétate de plomb liq 15 gram.
Dissolvez.
MODE D'EMPLOI
On bassinera plusieurs fois par jour la partie douloureuse avec cette eau, et on en imbibera une compresse que l'on appliquera sur le point douloureux. Cette solution est bien moins constante dans ses cllets sédatifs que la pommad(i. Nous ne l'employons aiijourcriiui(jue dans quelques cas rares de névralgie qui ont résisté à l'onguent de belladone.
Voilàles seuls remèdes anti-névralgiques auxquels nous ayons recours aujourd'hui, et surtout presque exclusivement la pommade. Quelquefois cependant nous y ajoutons quelques pilules calmantes opiacées, soit à litre iW. narcolique sonmilèrc, boit comme sédatif adjuvant ou auxiliaire, [.es névralgies, comme on sait, sont très sujettes à récidiver; mais aussi, à l'aide de cette seule pommade, on dissipe ordinairement l'accès en très peu de temps, *et quelipiefois même par une seule friction , comme nous l'avons observé plusieurs fois.
Je me rappelle un fait de névralgie grave qui mérite d'être mentionné ici. Il y a environ trente ans, bien avant que j'employasse la belladone contre les
60 TllÉUAPIiLTlijLL .APPLIQUÉE.
névralgies, je fus consulté par deux femmes atteintes d'un tic douloureux extrêmement intense et regardé comme absolument incurable. En désespoir de cause, je traitai ces deux malades en même temps par l'extrait de ciguë à haute dose, à l'imitation de Fothergill, de Hurtankeil, de Chaussier, etc. (1). La dose, d'abord légère et normale, fut progressivement augmentée et portée , probablement par l'imprudence des malades, au-delà de toute limite posologique. Ce n'était pas seulement une dose, vertigineuse , mais véritablement toxique. Je me la rappelle à un centigramme près , parceque son énormité m'avait fait une vive impression : c'étaient vingt-deux grammes en vingt-quatre heures. Il est vrai, l'extrait de ciguë était fait avec la décoction de laplante verte sans le jus, et sans addition de poudre de ciguë pour la confection des pilules. (Voyez la formule, plus loin.) Mais les malades n'en étaient pas moins renversées par terre par des vertiges extraordinaires et un rapius cérébral effrayant. Une pareille perturbation et un si violent ébranlement du système nerveux produisirent néanmoins fortuitement le plus heureux résultat ; car on m'a assuré, dans le temps, que ces deux femmes se sont trouvées parfaitement guéries. Effrayé de ces terribles succès,
(1) l iiderwood, (•liiriiri;ieii aiijiljis, a clé guOri pur ce uinvcii. {Dict. des scicuccK TH'^dii'dl's.)
l'JŒ.MILRE PAKJIL. (31
je n'ai plus eu recours à la ciguë pour combattre les névralgies ; et dès ce moment j'ai commencé à employer la liqueur sédative que j'avoue avoir peutêtre trop compliquée. Quelques années après, je l'ai abandonnée également pour m'en tenir pour ainsi dire uniquement à la pommade de belladone, que je regarde non seulement comme remède spécial, mais presque comme spécifique, sinon pour guérir radicalement les névralgies, du moins pour en dissiper et éloigner notablement les accès, ce (pii est beaucoup assurément. Nous croyons avoir administré seulement une vingtaine de fois la solution sédative avec quelque succès, et peut-être cinquante fois la pommade, mais avec des cflcts bien plus constants et plus lieureux. Nous l'employons spécialement contre les névralgies faciales et autres affections nerveuses locales à forme névralgique, la
migraine, etc.
Voici (juelques résumés de faits nouveaux qui confirment les observations et les données pratiques ci-dessus formulées :
Depuis sept à huit ans, douleurs névralgiques très vives occupant presque toutes les parties de la tète. Nul effet de toutes les médications antécédentes, faites à l'aide de sangsues, de vésicatoires, de calmanls, etc. Emploi de la pommade de belladone au commencement de janvier 1S/|3. Soulage-
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ment notable dès le premier jour, et, à la (in du mois, au rapport du malade, guérison parfaite, c'est à dire que probablement la marche des douleurs a été suspendue pour un temps indéfini.
Douleurs névralgiques au scrotum excessivement intenses et existant depuis plusieurs mois. Le moindre mouvement provoque des crises violentes et presque insupportables. Nullité d'effet de toutes les médications antérieures. En quelques jours ces douleurs avaient totalement disparu sous l'influence de la pommade de belladone. Au bout d'un mois le malade revint pour nous remercier et nous annon cer, comme il disait, sa parfaite guérison.
Douleurs névralgiques d'une intensité extraordinaire, datant de plusieurs mois et occupant tout le cuir chevelu. Toutes les médications ordinaires avaient échoué ; on avait même employé jusqu'à l'électropuncture, mais en vain. C'est dans cette conjoncture ou dans cette position grave et comme désespérée que le médecin ordinaire nous adressa un petit mémoire à consulter. Nous prescrivîmes aussitôt et avec la plus grande confiance notre pommade de belladone armée, c'est à dire avec addition de deux grammes d'opium ; mais grande fut notre surprise d'apprendre, au bout de huit à dix jours, la nullité d'effet presque complète de la nouvelle médication. La pommade fut remplacée par