‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 22 sur 131 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

notre liqueur dite anti-névralgique avec recommandation de recourir à l'extrait de ciguë, à dose vertigineuse, si les lotions sédatives demeuraient également impuissantes. On n'obtint, à l'aide de cette dernière médication (les lotions), qu'un soulagement léger et momentané. Etonné de cet insuccès et persuadé que le i)Cii d'absorption par le cuir chevelu pouvait seul nous l'expliquer, nous eûmes de nouveau recours à la pommade de belladone, et nous fîmes faire les frictions non sur les parties douloureuses et rasées de la tète, mais sur le front et les tempes. I>e malade fut soulagé à la première friction, ets'endormil inuMédiatement après : depuis longtemps il n'avait pu se livrer au sommeil. Voici comment il termine sa lettre, en date de février 1S/|3, par laquelle il nous annonça l'amélioralion de son état : « J'ai attendu que je fusse guéri pour vous donner de mes nouvelles, et c'est après quatre mois de souffrances presque continuelles que j'ai eu le bonheur de voir mon mal diuiinuor de jour en jour à l'aide de vos remèdes. »

Névralgie frontale avec des crises journalières et rebelles à tout traitement depuis onze ans. Emploi de la pommade de belladone et cessation subite des douleurs, qui n'avaient pas reparu deux mois après l'usage du remède sédatif, je ne dirai pas absolument spécifique, mais du moins très spécial.

6Û THÉRAI'liLTlQLE APPLlOLÉi],

I^ola. Nous avons depuis peu fait subir à notre pommade de belladone une légère modification en y ajoutant un peu d'opium et en augmentant légèrement la dose de l'extrait de belladone.

Une femme d'environ cinquante ans, très nerveuse, était atteinte d'une névralgie faciale extrêmement intense. Aucun moyen n'avait pu dompter un mal qui devenait presque insupportable à la malade. Sous l'influence de la pommade de belladone, qu'on a continuée pendant quelque temps, les douleurs ont cessé presque subitement, et n'ont pas encore reparu depuis deux ans.

Un homme de cinquante et quelques années, très nerveux, ayant habité une maison nouvellement bâtie, fut atteint quelque temps après d'une névralgie dont le haut de la tète fut d'abord le siège, et qui y causa des douleurs atroces, intolérables. Plus tard l'afTection névralgique changea de place, et se fixa au front et au dessus des yeux. Les douleurs revenaient par accès irréguliers et toujours d'une violence extrême. Les opiacés furent employés sans aucun soulagement. Le malade, ayant eu connaissance de notre Thérapeutique^ employa la pommade de belladone, qui sur-le-champ enleva la douleur; et par la suite il obtint toujours le même résultat par le même moyen. — 11 est bon de faire observer que, pendant un an que le malade avait eu des hé-

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morroïdesnuentes,les douleurs névralgiques ne s'étaient point fait sentir, et qu'elles ne reparurent qu'au moment de la suppression du flux hémorrhoïdal.

Traitement : Pommade de belladone. Pilules aloéliques et ferrugineuses, deux ou trois sangsues à l'anus tous les quinze jours ou tous les mois, pendant un an.

Chez un sujet d'une idiosyncrasie particulière ou d'une disposition spéciale et exceptionnelle du système nerveux optique, une névralgie faciale fut enlevée par la belladone ; mais cette guérison a été suivie d'un accident grave bien rare, puisque c'est le seul qui, jusqu'à présent, soit venu à notre connaissance. C'était un aiïaiblissement considérable de la vue avec dilatation énorme des pupilles, qui a duré cinq à six semaines, et qui n'a cédé qu'aux purgatifs. Nous avons souvent fait instiller dans les yeux, pendant une ou plusieurs années, de la solution d'extrait de belladone dans les cas de taies centrales, et jamais nous n'avons vu en résulter d'autre effet qu'une augmentation de la vue par l'état de dilatation presque permanent des pupilles. Les malades disent que ces instillations \ii\xr fortifient les yeux et la vue. Au moment môme où nous traçons ces lignes se présente à nous un homme rendu complètement aveugle depuis cinq ans par une large taie centrale

6fi THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.

à l'œil droit. Le gauche est perdu et désorganisé depuis longtemps. Cet homme, depuis cinq ans qu'il s'instille dans l'œil de la solution de belladone, voit suffisamment pour se conduire, et même, dit-il, pour travailler. Il vient chez nous deux ou trois fois par an pour se procurer de la solution saturée d'extraitde la précieuse solanée.

Nous terminerons par un cas grave, qui depuis une vingtaine d'années a résisté à toutes les médications de la thérapeutique, même à notre pommade quasi-spécifique de belladone. Le sujet de cette observation était une femme d'environ quarante ans, atteinte d'une névralgie d'une violence extrême, occupant la région cutanée des fausses côtes gauches. Les douleurs étaient tellement fortes, qu'elles déterminaient souvent des vomissements. La malade disait n'avoir pu goûter les douceurs du sommeil depuis près de huit mois. Saignées générales et locales, vésicatoires, calmants de toute espèce, voire même la pommade de belladone armée d'opium ; rien n'avait pu soulager la malade. Une application de plusieurs ventouses scarifiées a suspendu les douleurs pendant deux heures, et dès lors elles ont été changées et modifiées dans leur nature, sans toutefois rien perdre de leur violence et de leur ténacité. Enfin, en désespoir de cause, nous conseillâmes l'application du caustique de Vienne au point central de

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