PREMIÈRE PARTIE
aliment sans le vomir aussitôt; enfin tout était désespéré lorsque je lui fis prendre la poudre de Colombo avec la potion indiquée dans votre Tlurapeutique appliquée. {Cuite potion n'était qu'une potion gommeuse laudanisée.) La première prise arrêta les vomissements, et en continuant le remède la malade a été bientôt guérie. »
Nota. Quatre mois après je vis celte religieuse à Lyon, fort bien portante, et j'appris que depuis douze ans elle avait vomi habituellement à peu près tous les jours, et qu'au moment où le colombo fut administré elle était dans un état de faiblesse et de maigreur qui avait fait évanouir tout espoir de guérison. Elle n'était âgée que de trente et quelques années, et, comme on le pense bien, les règles étaient complètement supprimées. On avait employé sans aucun succès : sangsues, vésicatoires, emplâtres sédatifs, eaux gazeuses, et une foule de calmants de toute espèce.
Quelques années après cette guérison, qui s'est parfaitement maintenue, la même supérieure nous a communiqué un nouveau fait que voici : « Une de nos sœurs novices depuis deux ans vomissait tous les jours et plusieurs fois par jour ; elle vomissait tout, absolument tout {sic). Plusieurs médecins l'avaient traitée en vain. Sangsues, vésicatoires, emplâtres, potions, purgations, etc., rien n'y faisait ;
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au contraire, la malade en était toujours plus mal. Je lui ai donné il y a trois semaines la poudre de Colombo (de la manière indiquée dans votre Thérapeutique appliquée) , et depuis elle n''a pas vomi une seule fois ; l'appétit est revenu, et la novice se porte très bien aujourd'hui. Je suis fâchée de ne l'avoir pas donnée plus tôt ; elle n'aurait pas tant souffert. »
Une demoiselle de vingt-quatre à vingt-cinq ans vomissait tous les jours depuis cinq ans, et était réduite à une grande maigreur. Elle avait consulté inutilement les trois principaux médecins d'une grande ville. Le Colombo fut administré. Au bout de cinq jours, amélioration notable, etguérison complète vers le vingtième. Si les vomissements ne cessèrentpas immédiatement, c'est probablement parceque les premiers jours on n'avait donné que deux grammes de colombe, c'est à dire la demi-dose.
Un jeune homme de vingt-deux ans vomissait tous les jours depuis quatre ans. Fièvre lente hectique, douleurs épigastriques, /«aV« jaunâtre, très amaigri, semblable à celui d'un homme atteint d'un squirrhe pylorique très avancé ; aussi nos élèves le regardaient comme tel. Nous opinâmes pour la non existence du squirrhe ou du cancer du pylore, vu l'âge de vingt-deux ans ; car, comme on sait, jamais on n'observe le vrai squirrhe ou le cancer de l'estomac
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avant vingt-cinq ans et très rarement avant trente. l*i-emière médication : potion et pilules opiacées, sans effet ; poudre de Colombo, cessation subite des vomissements. Vu l'état anémique et chlorotique du sujet, on unit au Colombo le carbonate de fer, le tout à faible dose, suivant cette formule :
Pr. Poudre de Colombo 15 grani.
Sous-carbonate de fer /i grani.
Kn douze paquets. Un paquet par jour en trois fois, et, sur chaque tiers ou prise de poudre, six gouttes do laudanum. Sous l'inlluence de ce traitement les vomissements ne reparurent point, la fièvre lente disparut, la figure devint moins terreuse, moins jaunâtre et moins chlorotique ; reparurent en même temps l'appétit et les forces, au point que le malade, après deux mois de traitement, put se livrer aux travaux pénibles de la campagne. Nous devons néanmoins ajouter qu'il est retombé dans son premier état, soit par l'excès de ses rudes travaux, soit plutôt parcequ'il était mal guéri et seulement pallié d'une aU'ecliGn probablement organique de l'estomac, c'est à dire d'une lésion ulcéreuse ou peut-être d'un ramollissement pultacé commençant de lamuqueuse gastrique, par suite de gastrite chronique. (Oi> doit craindre ici une perforation qui sera nécessairement
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suivie d'une mort prompte et inévitable.) Quoi qu'il en soit, nous pensons que dans ce cas et autres analogues il n'est point de meilleur agent thérapeutique que des toniques très doux et spéciaux, comme le colombo (1) , tempérés par quelque préparation opiacée ou autre calmant approprié, surtout si l'alimentation exploratrice vient appuyer et justifier la prévision thérapeutique; et c'est ce qu'on avait constaté dans l'espèce présente. Voyez ce principe ou ce corollaire de pratique médicale formulé cidessous, seconde partie, N" viii; Gastrite chronique.
Une femme était traitée depuis longtemps comme atteinte d'une gastrite chronique, et soumise, en conséquence, à rusage|exclusif des laitages, dont elle vomissait néanmoins chaque jour une grande partie. Rien n'avait pu la soulager, pas même le sousnitrate de bismuth, prescrit par une notabilité médicale de Paris. Nous commençâmes le traitement par une potion gommeuse au laudanum, et puis fut administrée immédiatement après la poudre de Colombo. Au bout de quelques jours la malade ne vomissait plus, pouvait manger de tout indistinctement et parut enfin parfaitement guérie.
Autre fait rapporté par M. Faure, docteur-médecin
(1) Le Colombo est le tonique amer le plus doux que nous connaissions : il contient un quart de matière amylacée.