‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 40 sur 131 · PREMIÈRE PARTIE. Ii · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. Ii

«ASTRALGIF. (DOTLEUR NERVEUSE DE l'eSTOMAC). GASTRODYNIE

(dowleur rhumatismale de l'estomac), entéralgie (douleur nerveuse de l'intestin), gastro-entéralgie (douleur nerveuse gastro-intestinale). (JASTRO-ENTÉrodynie (douleur rhumatismale gastuo-intkstinale).

On voit d'après cela que les mots àlyoq et ccîûyyj signifieot douleur, l'un comme l'autre. Cependant nous employons le premier pour exprimer des douleurs nerveuses, et l'autre pour désigner un principe ou une douleur rhumatismale. En voici d'autres exemples :

Cystalgic (douleur nerveuse de la vessie) ;

Cystodijnie (douleur rhumatismale de la vessie) ;

Mctralgic (douleur nerveuse de l'utérus);

Métrodipnc (douleur rhumatismale de l' utérus) . (1)

Tout le monde sait que la douleur rhumatismale de la poitrine ou des parois thoraciques est appelée pleurodynie par tous les médecins. Pourquoi donc

(1) On sait que pour les phlegmasies on a adopte la terminaison en He, comme gastrite, hépatite, excepté cependant pour les plilej^masies du ponmon et de la pltVre, que l'on continue d'appeler pneumonie et pleurésie. 11 serait pins normal de dire 7J»icMmo«i7c et p/ewn/e,- mais il ne faut pas augmenler le néologisme, il y en a déjà bien assez en médecine.

ne pas étendre ce genre d'appellation à toutes les douleurs rhumatismales qui se fixent sur certains organes ou appareils viscéraux, au lieu de s'en servir indistinctement pour désigner des douleurs nerveuses ou rhumatismales, comme le font la plupart des auteurs ? On éviterait par là de mettre la confusion dans la nomenclature et la pathologie. On reconnaît qu'une douleur interne et viscérale est rhumatismale par la préexistence ou la concomitance de douleurs rhumatismales externes, ou la coexistence habituelle d'un élément ou d'un principe rhumatismal.

Nous traitons toutes les douleurs internes quelconques, surtout abdominales, parles préparations opiacées, pourvu qu'il n'y ait ni fièvre aiguë, ni phlegmasie aiguë (1) , ni goutte ; ou plutôt nous

(1) Nous excepterons la dysenterie aiguë ordinaire , qui cède communément à l'opium seul. Combien de dysenteries n'avons-nous pas guéries en un, deux ou trois jours au plus^ avec l'opium seul à haute dose, l'eau de riz et la bouillie pour toute nourriture ! Je regarde cette méthode calmante comme bien plus efficace, plus prompte et plus commode que l'application des sangsues à l'anus, conseillée par Broussais d'une manière Ijeaucoup trop exclusive. Si, comme il le prétend, la dysenterie est toujours de nature inflammatoire, c'est à dire une ])helegmasie exquise et légitime, comme disaient les anciens, pourquoi la guérit-on presque spécifiquement par l'opium? Il faut donc admettre ici un autre genre d'inflammation, une inflammation spécifique, siii genevis, din"érente de l'entérite ou de la gastro-entérite aiguë, rVst à dire nw] inflammation itlégitime et bâtarde, (]\\v l'on guérit

PlŒMIfcP.i: PAI'.TII.. 117

combattons par l'opium, qui est le remède de la douleur, toutes les maladies ciironiques douloureuses. S'il existe avec l'élémcnt-douleur un élément ou un principe rhumatismal interne ou externe, lentré ou non, nous employons, conjointement avec l'opium, les rubéfiants ou vésicants dérivatifs ou révulsifs et autres moyens appropriés. Il surgit donc ici un point de pratique qui justifie parfaitement la distinction ci-dessus établie.

Nous pensons que sans l'opium il n'y aurait point de tiiérapeutique possible pour les maladies chroniques. Qu'on nous prive de la puissance de ce médicament enclianteur, de ce doux et bienfaisant remède, que l'on donne encore alors même qu'on ne

presque spécinqueincnt par ropium. Si la thérapeutique est le critérium lie la natuie des nialailies, suivant cette niaxiiiie iiipp(KTuti(|ue : Morborum ualuram curuiioiu's oslcndiint , il faudra demeurer persuadé que la nature de la dysenterie ordinaire est à peu près la mOme (jue celle du choléra sporadique (1), car ces deux maladies se traitent par ropiuui avec un éfjal succès. Donc elles sont de nature nerveuse. Je sais ([ue l'opium ne convient pas dans tous les cas. Les dysenteries très iullannnaloircs avec beaucoup de fièvre exigent les saignées. Dans certaines épidémies on administre avec beaucoup d'avantage les vomitifs, c'est à dire l'ipt-cacuanha et les purgatifs; dans d'autres cas il faudra des toniques coud)lnés avec les calmants, etc. enliii il faut varier les médications et les adapter aux diverses indications fournies par les différents éléments morbides et le génie particulier de l'épidémie.

(1) l-C choléra nosiras ou indigi-iic doit élru regardé coniine 1 clîri d'une )>i'rtiirl):)lii>ii nerveuse du 'i\Nlèiiiespinii-s;antïlioiin;\iie,

118 'IIIÉRAPEUTIorE APPLIQUÉE.

donne plus aucun remède, et dès demain nous renonçons à la pratique de la médecine. Sydenham rendait grâces à Dieu d'avoir donné aux hommes l'opium pour les guérir de ce grand nombre de maux qui les accablent. Il ne se passe pas un seul jour dans l'année que nous ne donnions l'opium sous la forme pilulaire. C'est ce que nous appelons pilules calmantes, que nous avons administrées des milliers de fois avec le plus grand succès. Elles se foat avec l'opium brut convenablement mondé et préparé avec un peu d'alcool; chaque pilule est d'environ trois centigrammes. On en donne ordinairement une matin et soir, une ou deux heures avant les repas, ou trois à quatre heures après, et surtout au moment où l'on souffre davantage. On peut les remplacer avec beaucoup d'avantage (et même on le doit quand les malades sont très nerveux et très sensibles à l'opium) par la formule suivante :

Pr. Extrait aqueux thébaïque. ... 1 gram.

Pour trente pilules, une matin et soir, comme cidessus. Pour les personnes très nerveuses on commence par une pilule le premier jour, quel'on donne même en deux fois. Les raisons qui nous ont déterminé à préférer, dans la généralité des cas, l'opium ])rut convenablement préparé, mais conservant

Page 1