‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 43 sur 131 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sonnes qu'il aime, qu'il chérit, qui souvent sont nées depuis son infirmité, et qui tout à coup recevrait la vue, ne serait-ce que pour quelques heures, et qui pourrait pendant ce temps jouir du bonheur dont il est depuis si longtemps privé? C'est cependant la position où se trouva une dame de Dunkerque à laquelle M. Debreyne appliqua la belladone. Cette dame depuis plus de vingt ans n'avait pu voir ses enfants, qu'elle chérissait et qui eurent eux-mômes des enfants dont la présence n'avait fait qu'éveiller sa curiosité sans la satisfaire, et qui loin de lui procurer quelques jouissances n'étaient pour elle qu'un sujet continue de privations. M. Debreyne, s'étant aperçu que malgré l'opacité du cristallin la rétine avait conservé toute sa sensibilité, appliqua la belladone sur les yeux de cette bonne mère, et posa dessus des compresses qu'il ne leva que pour lui faire voir tout ce qui l'entourait. Quelle jouissance après vingt ans de cécité! Ce sont cependant là les effets d'une simple application de belladone ; aussi ce moyen entre les mains des charlatans était-il le plus beau titre à leur gloire, puisqu'on se rappelle que quelques-uns d'eux rendaient en un instant et sans opération la vue aux aveugles. On peut voir par ce qui précède quels avantages on peut tirer de cette médication dans l'opacité de quelques-unes des membranes ou humeurs de l'œil, qui occasionne une

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cécité complète en permettant cependant l' introduction de quelques rayons lumineux par une grande dilatation de la pupille. Cela pourrait être employé non seulement dans les cas où aucune opération ne peut rendre la vue, mais encore dans ceux où l'opération n'est que retardée soit par un défaut de maturité de la cataracte, soil par toute autre cause. Dans ces cas l'usage de cette plante rend plus doux au malade les moments qui le séparent de l'opération qui doit lui rendre la vue. C'est ainsi qu'un malheureux journalier de mon département pouvait, après s'être fait conduire chez M. Debreyne, s'en retourner seul après cette application, et pouvait pendant deux ou trois jours se livrer à des occupations qui demandaient peu d'application de la vue, et passer ainsi plus agréablement le temps qui le séparait de l'opération ; mais, comme ce bénéfice du remède ne durait que trois jours, on lui procurait une solution concentrée d'extrait de belladone avec laquelle il se rendait la vue quand elle commençait à s'affaiblir. Ce fait prouve que ce moyen dont il a usé pendant près d'un an, toujours avec le même avantage et sans le moindre accident, peut être employé sur la conjonctive pendant longtemps sans causer la paralysie de la rétine, ce qui est quelquefois la suite de son usage prolongé à liantes doses à l'intérieur. »

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