DEUXIÈME PARTIE
toir, il croit pouvoir la masquer en prenant la profession de tanneur. Il entre chez un parent pour y faire son apprentissage ; mais bientôt il est encore forcé de quitter cet établissement. Dès ce moment il devint errant, parcequ'il ne pouvait être supporté plus de huit jours dans la même maison. C'est ainsi qu'après avoir parcouru pendant deux ans les deux tiers de la France, et avoir été partout rebuté, il se dégoûte du monde, et entre dans une maison religieuse. Mais après y avoir fait un court séjour, on l'engage à aller consulter le médecin de la maison. 11 vint donc me trouver, dit M. Séguy, le 12 février 1836. Son désespoir était à son comble. On m'a assuré, dit-il, que vous me guéririez ; s'il en était autrement, expliquez-vous ; car je suis déridé d'en finir avec ma malheureuse existence, et ce sera bien- Int fait ; le Rhône n'est pas loin... Je vis bientôt de quoi il était question, car mon cabinet était déjà infecté. Sa santé est d'ailleurs bonne, son tempérament vigoureux mais lymphatique. Le nez est bien fait et point déprimé. Les narines sont le plus souvent bouchées, et le mucus qui en sort forme des mèches de couleur verdàtre et d'une certaine consistance. Pendant que je cherche à calmer ce malheureux, se présente à mon esprit le traitement contre la punaisie proposé par M. Trousseau. Après avoir rendu l'espérance au malade, combattu l'exaltation
cérébrale par une saignée et quelques bains, je mis à contribution sa méthode de traitement formulée ci-dessus.
Au bout de trois jours, on remarqua : chaleur à la gorge, céphalalgie intense, figure rouge, animée. Suppression du remède, pédiluve sinapisé. Le lendemain fièvre forte ; saignée. Mieux sensible : la sécrétion nasale est plus facile, moins épaisse, les narines sont plus libres. On revient aux injections et aux prises après les avoir affaiblies de moitié. L'odeur est moins infecte, et la sécrétion est avantageusement modifiée. Le malade, après s'être mouché, respire plus à l'aise. Le 15 mars il croit toucher au terme de sa maladie, et pour y arriver plus vite il revient, sans notre avis, à la dose première ; après l'avoir continuée pendant vingt-six jours et jusqu'à dix fois par jour, il est pris d'une salivation abondante avec sécrétion nasale considérable. L'odeur était complètement détruite depuis près de quinze jours, et à la fin d'avril le malade est parti entièrement débarrassé de son ozène. J'ai entretenu pendant deux ans correspondance avec lui, et rien n'est venu troubler sa guérison et son bonheur.
Le môme praticien mentionne encore les bons effets du même remède employé contre un coryza chronique. « Un ecclésiastique, aumônier d'une maison religieuse, sujet depuis longtemps h un en-