DEUXIÈME PARTIE. IZil
faire disparaître, en vingt-quatre heures, les aphthes ordinaires et tout à fait commençants, c'est de les toucher plusieurs fois dans la journée avec un cristal taillé fin de sulfate de cuivre, ou avec le nitrate d'argent. Le premier est plus doux et d'une application plus commode : il est d'ailleurs aussi sûr. — Pour le relâchement de la luette, on touche cette dernière avec une solution d'alun concentrée, quatre gramjncs par trente grammes d'eau de fontaine. On pourrait même donner l'alcoolat de cochléaria tout pur et sans aucun mélange.
Voici un principe général que nous croyons très fécond en applications thérapeutiques.
Toute lésion circonscrite, soit du tissu cutané, soit du tissu muqueux, produite par une cause interne ou par une cause externe, mais vireuse, toxique ou septique, et manifestée par érosion, ulcération, tache, phlycténe, bouton, pustule, papule, etc., doit être généralement, sil est possible, cautérisée dès sa naissance. Cette sage prophylaxie peut souvent empêcher de graves désordres, de vastes ravages dans les systèmes cutané et muqueux, ou même quelque- Ibis prévenir des maladies générales et mortelles. Quant aux piqûres des divers insectes, on se contentera de les cautériser par des lotions anti-septiques, acétiques ou ammoniacales.
Ces inflammations buccales et gutturales, ou plu-
.1.42 THÉRAPEUTIQIE APPLIQUÉE.
tôt ces affections couenneuses et pultacées des enfants, nous rappellent le douloureux souvenir d'une épidémie de diphtérite qui a dévasté, dans le courant de l'été de 1833, toutes nos communes circonvoisines; et, dussions-nous encourir le reproche de sortir du plan que nous nous sommes tracé, nous ne pouvons nous dispenser d'en dire incidemment au moins quelques mots. D'ailleurs le traitement de cette épidémie, ayant offert|quelque chose de spécial et d'extraordinaire, nous maintient par là même, en quelque sorte, dans les limites de notre sujet.
Cette terrible épidémie d'angine couenneuse a sévi particulièrement sur la classe des pauvres (femmes et enfants). Un grand nombre d'enfants sont morts par la négligence et l'incurie des parents ; et les adultes qui n'ont subi aucun traitement ou seulement à la dernière période ont également succombé, pour la plupart, à la violence de ce fléau dévastateur. Au contraire, on a sauvé presque tous ceux qui ont été régulièrement traités. Voici quel fut le traitement ; saignées abondantes répétées et suivies d'applications de sangsues à l'épigastre et quelquefois sur le devant de la poitrine ; et, chez les enfants, des sangsues à l'épigastre seulement, accompagnées et suivies de vomitifs chez tous ; ou plutôt on donnait des vomitifs presque de deux jours l'un. Chose singulière, très rarement on a appliqué