DEUXIÈME PARTIE
jours : dans ce cas on pourra la regarder comme gastrody nique, et l'attaquer par un vésicatoire volant à l'épigastre. Si elle ne se dissipe pas, ni par les calmants ni par le vésicatoire, on la regardera comme l'expression de l'élément atonique. On reconnaîtra cet élément au moyen de l'alimentation exploratrice dont on a parlé plus haut. Cet élément atonique constaté, on modifie le régime, on passe un peu de gras , et aux calmants on ajoute quelque légère préparation de rhubarbe à titre de stomachique et de doux laxatif, ou de quelque autre poudre tonique très douce, comme celle de Colombo, etc. Voilà le cas où l'on a pu traiter avec avantage des gastrites chroniques avec des calmants associés aux légers toniques et laxatifs. Il ne faut donc pas se laisser séduire par une douleur insidieuse ou un élément phlogistique apparent. Si rai)pétit se fait sentir vivement, il faut augmenter la quantité de la nourriture que semble réclamer un besoin digestif réel. Il y a plus, et qu'on ne se scandalise pas d'une pareille hardiesse thérapeutique, s'il y avait une petite fièvre lente, il faudrait encore la combattre par les aliments et un régime analeptique approprié à la nature de la maladie, au besoin et à la faculté digestive, et même par des Ioniques doux, de l'eau rougie, ou une infusion amère fort légère, etc. Nous avons guéri quelquefois en moins de huit jours des
'1>(J THÉRAPELTIOLE APPLIOLÉE.
malades se disant atteints de gastrite chronique, et épuisés par les sangsues, l'eau de gomme et la diète, en leur prescrivant pour toute médication un régime tonique, du bouillon gras, des viandes légères et de l'eau rougie. Qu'on n'oublie donc pas ce principe de haute thérapeutique que le physiologisme a presque entièrement effacé de la mémoire de beaucoup de médecins; savoir, qu'il est certaines fièvres lentes, suite de quelques maladies aiguës ; qu'il est de plus certaines autres fièvres lentes, hectiques, essentielles; et n'allez pas en révoquer en doute l'existence, puisque Broussais lui-même, après ïrnka, l'a prouvé il y a quarante-sept ans {Recherches sur les fièvres hectiques, 1803) ; qu'il est de ces sortes de fièvres, disons-nous, qui ne guérissent absolument que par les alimentSj une nourriture douce et légère, pourvu que le malade ait appétit et digère à peu près tout ce qu'il prend.
Il est encore plusieurs autres moyens légèrement excitants ou laxatifs que l'on peut employer, selon le besoin, pour combattre les vomissements ou la constipation, comme les eaux gazeuses acidulés, les eaux de Seltz ou de Spa coupées d'abord avec quelque décoction mucilagineuse, l'eau de Sedlitz, qui est légèrement laxative, quelque bière légère, etc. ; mais, ces moyens étant connus de tout le monde, nous ne devons pas nous y arrêter.
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Un remède que imhîs avons sonvent employé avec beaucoup d'avantage, surtout dans le cas où nos pilules calmantes paraissaient insullisantes, c'est la potion suivante :
Pr. Eau de laitue 180 grara.
Laudanum de Sydenham. . 50 gouttes.
Gomme arabique 15 gram.
Sirop simple 60 gram.
Bicarbonate de soude. . . "2 gram.
Faites une potion à prendre dans l'espace de quarante-huit heures, environ une cuillerée toutes les deux heures.
Enfin un dernier moyen qui, depuis quelques années, nous a rendu les pUis grands services, c'est la glace ù, l'intérieur. Ce puissant réfrigérant nous a paru indiqué toutes les fois que les malades éprouvaient un sentiment de chaleur interne, ou du moins quand ils assuraient que les boissons froides les soulageaient et leur faisaient plaisir, ce qui arrive ordinairement dans les gastrites chroniques. Dans tous les cas, nous donnons la glace par petits morceaux très souvent répétés, et quelquefois en poudre grossière saupoudrée de sucre et arrosée d'un peu de vin de Malaga. Mais nous donnons cette dernière
préparation, ou cette espèce de glace ou de sorbet agréable, plutcjt dans la gastt^o-atonie, comme nous le verrons ci-après.
Quant à l'entérite et à la dysenterie chroniques^ nous les traitons selon la manière ordinaire, c'est à dire par le régime féculent et lactéj et les préparations opiacées à plus haute dose, surtout pour la dysenterie. Ainsi rien de spécial. On pourra cependant administrer contre les dysenteries et les diarrhées invétérées (jui auront résisté aux opiacés et aux astringents ordinaires l'extrait de monésia ou de ratanhia, à la dose de deux grammes par jour et même davantage s'il est nécessaire.
HÉPATITE CIIUOMQUE AVEC OU SANS ICTÈRE, ENGORGEMENT or INFARCTUS HÉPATIQUE, ETC.