‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 7 sur 131 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

nous en vient souvent plusieurs par semaine, et môme quelquefois en un seul jour. Eh bien , sur ce grand nombre d'épileptiques, il nous est arrivé bien rarement de donner la belladone sans quelque effet avantageux. Ordinairement les accès sont notablement affaiblis et éloignés, ou suspendus pendant des semaines, des mois ou môme des années. Nous avons vu beaucoup de malades chez qui les accès, arrivant tous les mois, toutes les semaines, ou même plusieurs fois par semaine, ont été suspendus pendant six mois, un, deux, trois ans, et même davantage; car plusieurs nous ont déclaré n'être pas encore retombés depuis sept, huit et neuf ans. (1) Il y a environ une douzaine d'années, un homme nous dit qu'il n'avait pas eu d'accès depuis onze ans. Il est vrai, nous lui avions donné un petit flacon d'ammoniaque, parcequechez lui on avait constaté l'wîov/. cpilcplica, et c'est ce que nous faisons toutes les fois que les malades ne sont pas pris à l'improviste, et qu'ils ont le temps et la présence d'esprit pour prcn-

(1) La plupart ûo ces malades ne sont pas revenus nous consulter, On peut (loue croire qu'au moins plusieurs ne sont pas retombés, puisqu'ils n'ont point réclamé un remède qui leur avait été si évidemment utile. Ilsn'ont pas pu non plus s'adresser aux pliannaciens, parceque l'ordonnance que nous leur avons délivrée n'indi(|uait que le mode d'administration et ne mentionnait aucune indication de subsance médicamenteuse, ni de formule pharmaceutique, afin de prévenir tout abus.

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dre le llacon d'ammoniaque dont ils sont toujours munis. Ce malade, qui se disait guéri depuis onze ans, portait encore sur lui son petit flacon d'alcali volatil. Nous l'avons perdu de vue depuis, ainsi qu'un grand nombre d'autres chez lesquels les accès avaient été suspendus depuis un ou deux ans, et un, entre autres, que nous n'espérions pouvoir soulager par aucun agent thérapeutique. C'était une épiîepsie survenue à la suite d'une lésion grave du crâne, une fracture du coronal, avec dépression notable des os brisés ; et, chose remarquable, les accès ont cédé à l'administration de la belladone. En général, plus les attaques épileptiques sont rapprochées, plus on est assuré d'en suspendre le cours presque subitement, ou de les éloigner et de les affaiblir notablement ; et, par contre, les accès qui sont très éloignés les uns des autres, ou qui ne reparaissent que tous les quatre, cinq ou six mois, sont aussi bien plus difficiles à modifier, c'est à dire à amoindrir ou à suspendre. Il faut dans ce cas donner les pilules de belladone quelque temps avant l'époque présumée de l'accès prochain.

Ces résultats pratiques ont déjà été constatés, en 1822, dans la dissertation inaugurale sur la belladone par un de nos anciens élèves, M. le docteur Mazier, médecin de l'hospice de l'Aigle (Orne). Nous reviendrons ailleurs sur le mérite et la valeur

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