DEUXIÈME PARTIE
AFFECTIONS CUTANÉES CHRONIQUES QUE l'ON TEUT R.VTTA- CIIER AUX INFLAMMATIONS OU AUX IRRITATIONS DU SYS- TÈME dermique; telles sont : l'immense tribu des
ESPÈCES ET des VARIÉTÉS DE DARTRES, ET TOUTES LES ÉRUPTIONS CUTANÉES ANOMALES CHRONIQUES.
Nous laissons aux nosologistes et surtout aux dermatologistcs modernes toutes leurs classifications, divisions et subdivisions des allections herpétiques. Cet appareil scientifique a sans doute quelque chose de grave et d'imposant; mais on peut dire aussi qu'il semble en quelque sorte effrayer le praticien autant par la nomenclature que par le luxe nosologique. Notre rôle de simple thérapcutiste doit être plus restreint ; nous ne sommes tenu qu'à parler des divisions d'où découlent immédiatement des applications thérapeutiques. Or ces distinctions pratiques se réduisent en dernière analyse à ceci : pour nous, thérapeutiste-praticien, toutes les dartres, ou, si l'on veut, toutes les irritations prurigineuses chroniques de la peau, quels que soient leur aspect et leur forme, sont avec ou sans irritation : rouges, vives,
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douloureuses; ou sans rougeur, pâles, indolentes. De plus les dartres sont générales ou locales : les générales sont celles qui occupent presque toute la surface cutanée ou que l'on observe par plaques éloignées les unes des autres et sur des membres différents; la dartre locale est solitaire, et occupe toujours le même lieu : elle est plus essentieUe, p|us idiopathique, plu^ propre à |a place où elle a son siège; elle eçt aussi plus apçidenteU^, et dépend ordinairement d'un état particulier et local de la peau, ou d'une cause externe. Dans presque toutes les dartres nous prescrivons pour tout traitement interne un régime alimentaire doux, sobre, plus végétal et lacté qu'amn;ia^; des boissons aqueuses rafraîchissantes, légèrement laxatives, délayantes et propres à augmenter la quantité dvi sérum du sang, et à en modifiej^ peut,-être la caraposition chimiqup. Le pet|t-luU| le; sermifje.àxx lait, nous paraît i^^^ des tisaines les plvis çoav-enables et jes plus appropriées au Iput que l'on s^ pyoppse, au, si \^ circonstances le ppfraettenl,^ quelque eau minérale sulfureuse naturelle ou artificielle peut a^ussi exercer une saîutajre inflifence ^ur la masse générp-le des lu^iiieurs. Cps bdçsqns aqueuses ne çqnvien taraient pu? s'^ pxis'^ tait un çeirt^in deg^'^ |ie felàch.en;|çpt pu de (^ibles^e des qrga^î^è^ t|iges.tifa. Ç|au§ ce pOiS pfl J^s ifeiuplape-r rail par des toniques. Noifs proscrivons tous les a|i-
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mcnts acres, trop épicôs, itlcehdiaircs ut (^-chalif- Ihnts, ainsi que les boissons alcooliques.
QuAnt àu.^ agents pharthaceutlqileèihtei'hes, nous (leVohs le confesser ibi, nous h'y àVons presque jamais recours; car depuis t)lus de vingt ans nous avdtis renonce h tout ce fanuffo de renièdtîs dits dépuratifs (1), composés de jus d'hcl-bes, de fumc-
(1) En lisîint ruxciUcntr Thérapculiqiu! (Il- MM. Trousseau et l'i- (loUx, hôUs avons été surpris de voir'ces juiliciuux attlcurs s'exprimer si alïîf'mativcnK'itt au Aujet ÛH piailles tlités ctép'ui-aÊii'és. Aprts aVoir parlé (le lu fuuielerre, du Irèlle d'eau el du liOuLioti (2 vol., p. 358 ; 2« édil., 1841), ils concluent que ces végétaux jouissent de propriétés dépiiratives évidentes. Apparemment ils veulent dire que ces agents ihéWnifeuliqiles purllienl le sang infecté par fc vice dattrctix : et alo'rs il lallait» au jrtéalabloi nous fairl; connaitrt en quoi eonsiste celte infection du sang, i quels caractères on pouvait lu reconnaître, et surtout il fallait constater, par rcxpérimentalion physique, chimique et Ihélapctltiqiit, siiiôn le rilôde, drt inôins la HialiW tlb Cbltc dépuration sanguine et Vcvidcncc des propriétés dépurallves de ces agents.
En supposiuit que le sang fût anormalement acide ou alcalin, il faudrait donner des tisanes alcalines ou acides ; s'il présentait un principe ûcrd, neutre ou une trop grande plasliciti», on administrerait de larges dosscsdc boissons aqueuses pour délayer l'un on lluidifier l'autre, etc., et c'est dans ce sens que nous admettiions volontiers les dépuratifs. Maintenant^ d'après celaf, à quel titre drttine-t-on les tisanes li-és améres de trèlle d'eail et de houblon dans les alTpctions heri>étiqiies? Ces toniques positifs ne conviennent diretttmcnt dans aucune (les hypolhùscs posées ; et cependant l'idée de dépuratif ou de dépuralion iwut déterminer à les administl-er dans lous les caé possibles, mûmc dans les irritaliolis des voies dlgdsUfes (il ne s'agit ici que du trèfle d'eau el du houblon). Si M. TVousseau, dont le langage est or-
terre, etc., ou de tisanes de douce-amère, de bardane, de patience, de pensée sauvage, d'écorce d'orme pyramidal, de saponaire, de trèfle d'eau, de scabieuse, etc. Le sentiment qui a dicté cette conduite est d'ailleurs puissamment corroboré par l'opinion d'Alibert. Voici sur ce point les propres paroles de ce dermatologiste célèbre : « J'ai employé à « toutes les doses les plantes dont on a depuis long- (( temps célébré les vertus : je n'ai jamais pu me (( convaincre, je l'avoue, qu'elles fussent d'une uti- (( lité majeure pour la guérison des dartres. A l'hô- (( pital Saint-Louis on administre en grande quan- (( lité et sous les formes les plus variées la doucece amère, la scabieuse, la bardane, la patience, la « fumeterre, le trèfle d'eau, etc.; mais le plus sou- « vent les effets qui suivent l'emploi de ces végé- « taux paraissent plus manifestement devoir être (c attribués aux bains, à l'action de certains topi-
diiiairement si exact, si sévère et si pliilosophique, nous avait dit simplement qu'il employait quelquefois ces amers toniques dans les cas où des éruptions cutanées clironiques passives coexistent avec une faiblesse des fonctions digestives ou avec une affection atonique de l'estomac, cela au moins eût été clair, exact, thérapeutique, et eût été compris de tout le monde, tandis que l'épithète surannée dépuratif ne vous présente qu'un mot vide de sens, et qui présuppose démontré ce qu'il faudrait expérimentalement prouver. Comme nous n'employons pas les plantes dites dépuratives dans le sens des auteurs et des praticiens, cette note explicative était devenue nécessaire.