TROISIÈME PARTIE
l'emploi des excitants; de même que certaines ulcérations aphtlieuses que l'on ne guérit encore que par des stimulants, comme l'acide hydrochlorique , ou une forte solution de chlorure de chaux, ou môme par la cautérisation? Et ce tiraillement pénible et plus ou moins douloureux dans les leucorrhées n'appartient-il pas essentiellement à l'élément atonique? Aussi ni les opiacés. ni les antiphlogistiques ne le guérissent, mais les toniques seuls.
On a dû remarquer que la gastro-atonie oITre plusieurs symptômes qui lui sont communs avec la gastrite chronique. Ce sont surtout le trouble plus ou moins grand des fonctions digestives, lagune, l'embarras, la lenteur, la dilliculté dans la digestion ou la dyspepsie ; et si à ces symptômes se joint encore une douleur épisgastrique, augmentant plus ou moins à la pression , le diagnostic peut alors devenir très dilTicile. Userait souvent presque impossible d'éviter l'erreur si l'on n'avait recours au moyen dont nous avons parlé ci-dessus, c'est à dire à l'alimentation exploratrice. Ainsi, si le régime animal, le bouillon gras, le vin, etc., sont mieux supportés et subissent l'élaboration digestive sans trouble notable, et que d'un autre côté les laitages et les farineux ne passent point, vous avez acquis la certitude de l'existence de la gastro-atonie. Mais, dira-t-on peut-être, si le contraire de tout cela arrivait, il fau-
drait donc en conclure qu'il y a gastrite? Non, mais qu'il y a seulement complication ou combinaison de l'élément atonique avec l'élément phlogistique, c'est à dire qu'à la gastro-atonie s'est jointe une gastrite chronique, parceque , dans l'espèce, la somme des symptômes de la gastro-atonie, qui a eu l'initiative, l'emporte sur la somme des symptômes de la gastrite, qui n'est que secondaire,
TRAITEMENT DE t* CASTHO-ATCmiiE.
Si la faiblesse d'estomac est légère et récente, il suffit souvent, pour la guérir promptement, de changer le régime et de le rendre plus tonique, et d'user d'un peu de vin généreux, ou âe quelque infusion amère ou de vin amer, si l'appétit manquait. Si la gastro-atonie est l'effet d'un traitement trop débilitant et d'une trop longue abstinence, on emploiera le traitement contraire , c'est à dire un régime restaurant composé de bouillons gras , de viandes rôties, d'abord légères, comme veau, poulet, etc.; et plus tard , selon les forces digestives et le besoin , des viandes plus fortes , plus animalisées et plus toniques, comme bœuf, mouton, etc. C'est ainsi que nous avons traité quelquefois et guéri en fort peu de temps plusieurs malades , soi-disant atteints de la gastrite chronique, que les sangsues, l'abstinence de
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toute substance animale, de larges boissons gomnleuses avaient jetés dans des langueurs et des faiblesses interminables : il a sufli, pour les guérir, de prescrire un régime contraire , et de remplacer ces breuvages débilitants par quelque vin généreux, sans avoir recours h aucune espèce de moyen pharmaceutique.
Dans les cas plus ordinaires, nous administrons avec le plus grand avantage des ferrugineux, des amers, des toniques légèrement laxatifs sous forme pilulairc, comme le sous-carbonate de fer, la poudre de gentiane, de quinquina, l'aloès, etc. , à dose très variable, mais toujours faible au commencement. Dans la gastro-atonie leucorrhéique on insistera davantage sur les ferrugineux, auxquels on ajoute la poudre de quinquina, de cachou, d'aunêe et l'aloès; on pourrait citer, s'il était nécessaire, des faits sans nombre pour justifier cette pratique. Nous employons ;\ plus haute dose encore le carbonate de fer dans la gastro-atonie chlorotique,et en général dans toutes les affections anémiques. Nous donnons en même temps quelque vin amer stomachique, comme celui d'absinthe, d'année, de quinquina, etc. Dans certaines faiblesses d'estomacs récentes, on se borne à l'usage de ces vins toniques, avec un peu de poudre de rhubarbe ou de l'eau de Seltz.
Dans une variété de la gastro-atonie, caractérisée
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par des vomissements atoniques ou nerveux, il est un moyen qui manque rarement son effet; c'est la poudre de Colombo, quatre grammes par jour en plusieurs prises. Nous ne connaissons pas de remède qui arrête et plus constamment et plus promptement ces sortes de vomissements. (Voyez ce que nous avons dit de cette espèce de spécifique à la page 105.) S'il existe en même temps quelque douleur un peu vive, non plilegmasique ni organique, mais nerveuse, nous ajoutons au Colombo quelque préparation opiacée. En général, dans toutes les atonies de l'estomac, il faut proscrire les tisanes et les boissons aqueuses, à moins que l'on ne donne, dans certains cas où les vins médicinaux ne passent pas bien, une infusion amère ou quelque eau minérale ferrugineuse. Nous l'avons déjà dit, en général, pour les maladies chroniques apyrétiques, médicaments secs ; et pour les affections aiguës, médicaments liquides. S'il existe à la fois plusieurs éléments, comme l'élément atonique, le phlogistique, le nerveux, etc., on en fera la distinction à l'aide du moyen ci-dessus indiqué, et l'on commencera toujours par détruire l'élément phlogistique le premier, afm de pouvoir après combattre les autres par des moyens appropriés, les toniques, les calmants, etc.
Voici la formule de nos pilules toniques ordinaires :