IV
SCROFULES PASSIVES ( ASTIIÉNIEI LYMPHATIQUES), ENGORGE' MENTS LYMPHATIQUES, ETC.
Les scrofules sont trop connues pour qu'il Soit nécesscoirc de les définir. Le médecin le moins instruit les reconnaît ordinairement au premier aspect.
Les moyens tout tirés de l'hygiène font la base de la thérapeutique des scrofules : peut-être même souvent sont-ils toute la thérapeutique vraiment nécessaire. Quoi qu'il en soit, ce traitement hygiénique est certes trop populaire pour exiger de notre part une exposition détaillée. Passons donc au traitement purement médical ou pharmaceutique.
Autrefois nous traitions presque tous les scrofuleux, qui affluent toujours ici en si grand nombre, par l'elixir suivant :
Pr. Racine de gentiane concassée. . . 30 gram. Sous-carbonate de soude pulvérisée. 12 gram.
Mêlez et faites tremper dans un litre d'eau-de-vie.
TROISlÈMli PARTIE. 28(3
>ÏODE D'ADMfMSTUATIO.V.
On prendra une cuillerée à, bouche, matin et soir, délayée dans un verre d'une forte infusion d'absinthe et de fleurs de houblon.
Pour les sujets de dix h quinze ans, on en donnera trois cuillerées à café par jour, une matin , midi et soir, mêlées dans un demi-verre de tisancï ci-de&sus et une heure avant les repas. Pour les enfants de quatre à dix ans deux cuillerées i\ café, une matin et soir.
Au dessous de quatre ans, on donne deux petites cuillerées cl café par jour, une matin et soir, du mélange Suivant :
Pr. Sirop de quinquina préparé au vin. 12.5 gram.
Sirop de rhubarbe 60 gram.
Teinture de gentiane 8 gram.
Mêlez.
JVota. S'il y a rachitis ou carreau, on ajoute à chaque cuillerée à café du mélange sirupeux une cuillerée à café d'huile de foie de morue. Cette huile animale, d'api'ùs les observations de Schenck, de Fehr, de MM. Urutonneau et Trousseau, paraît être
2hk THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE.
le meilleur remède, le remède spécial contre le rachitis. Au bout de quinze jours, on augmentera la dose d'une ou deux cuillerées à café. (1)
Cette médication doit être continuée de trois mois à un an. Il est inutile de faire observer que ce traitement serait contre-indiqué dans les scrofules actives ou avec irritation. Nous traitons ces dernières par les antiphlogistiques modérés, le régime maigre, rafraîchissant et délayant, l'usage de quelques fruits , et quelquefois même des laitages dans quelques cas particuliers où il y a irritation des voies digestives. En ce moment même (iShli) nous traitons un jeune homme très sanguin qui paraît atteint de scrofules actives, caractérisées par un engorgement considérable à chaque côté du cou, dont un a déjà produit un abcès. L'autre s'aplatit avec diffusion, et descend jusqu'à la clavicule. Depuis quelque temps aussi, un autre abcès s'était mani-
(1) Un médecin d'hôpital d'une ville considérable nous a dit dernièrement qu'il employait avec le plus grand succès l'huile de foie de morue contre les scrofules constitutionnelles, surtout lorsqu'il y a carie articulaire avec un état général très fâcheux, qui a résisté à tous les moyens ordinaires. Aux enfants de trois à quinze ans il donne une cuillerée à café tous les malins, et augmente d'une cuillerée toutes les semaines jusqu'à sept à huit par jour. Il faut continuer fort longtemps ; il n'y a d'effet sensible qu'au bout de deux ou trois mois. (]e remède donne ordinairement un grand appétit, et n'exige pas nécessairement, ajoutc-t-on, un régime tonique et restaurant.