‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 11 sur 86 · III. — Moyen âge et temps modernes · texte numérisé non relu

III. — Moyen âge et temps modernes

Après avoir été en pareil honneur chez les Grecs elles Romains, la trépanation tomba dans-l'oubli.

Les célèbres médecins arabes la pratiquèrent quelquefois, mais elle ne réapparut vraiment dans l'histoire de la cliirurgie qu'au xiV^ siècle, pour prospérer au xv«, où chaque opérateur enrichit alors l'instrumentation d'un nouvel appareil. Exemples :

Guy de Ghauliac (1360) ignore le trépana couronne, mais il connaît la tarière, les réparatoires, les élévatoires, les rugines et le marteau de plomb ; il établit les indications précises de l'acte chirurgical et spécifie l'emploi de chaque instrument.

Bertarjlia {w"- siècle) et Jean de Vigo (xvi« siècle) retrouvent le trépan à couronne.

Voici A mhroise Paré en France (1.517-1590) André de la Croix en Italie (1573) qui perfectionnent l'outillage, inventent différentes couronnes de trépan, un trépied auquel s'adaptent les perforateurs, une scie à entamer les os du crâne, une spatule pour protéger les méninges, tandis que Bérmuer de Carpi applique le vilebrequin au trépan. Kt, après eux, Mn-

riamtsSandm^ Fahrke d& Hilden (1600), Scullet (1000), Dionis (1700), el combien d'autres encore, continuent à faire la tréjpanation. Au reste, cette opération est souvent couronnée de succès ; car les baumes et les onguents, les lavages et les pansements à l'eau-de-vie et au vin assurentl'antisepsie relative de laplaie. Dionis fait même, à ce sujet, une remarque intéressante, en notant que la chirurgie hospitalière est beaucoup plus méritoire que la pratique civile « à cause de l'infection de l'air qui agit sur la dure-mère et qui y apporte la pourriture ».

Et c'est précisément cette « pourriture apportée sur la dure-mère » qui bientôt fit hésiter les chirurgiens; àl'Hôtel-Dieu de Paris et de Lyon, tous les maladesdere?zo/i (1724-1816) et dePo?<fea?<( 1723-1773) mouraient des suites opératoires. La trépanation allait bientôt être attaquée, puis, quelques années plus tard, frappée de proscription. Jean-Louis Fefif{i61A- 1730) trépanait encore. Quesnay (1764-1794) défendait encore l'opération contre ses détracteurs; mais Descmlt [il U-iim) et 6%o/;«/7 (1743-1793) en devenaient les irréconciliables adversaires, après en avoir été les chauds partisans, et en Angleterre, tandis que Perdval Pott (1713-1788), Bell (1774-1842), ncij{mÇ>- 1819), perfectionnaient la technique, Atkins (1730) répudiait absolument l'usage du trépan.

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