‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 12 sur 86 · IV. — XIX^- Siècle · texte numérisé non relu

IV. — XIX^- Siècle

Et c'est ainsi qu'après l'engouement de l'Académie de chirurgie et de Percival Pott, la trépanation fut bannie, ou à peu près, sur les sévères réquisitoires de DesauU^ de Gama^ de Mcdgaiffne. De temps en

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temps, on citail bien quelque l'ail, heureux ou malheureux ; Velpeiw, Denonvillicri< protestaient, il est vrai, eontre une condamnation qui semblait sans appel; mais c'étaient Uule vains plaidoyers, et rien ne prévalait contre l'anathème jeté ci la trépanation par Desault, qui voyait à l'Hôtel-Dieu succomljer tous les opérés.

On vivait donc, il y a quelque temps encore, sur cette croyance que la trépanation est une opération dangereuse par elle-même, lorsque M. Lucas-Championnière, il y a environ qu'mze ans déjà, prouva (fu'il n'en était rien et que le pronostic de l'interven- ■ tion dépend du pansement, c est-à-dire du chirurgien.

Quoi! voici une opération que pratiquait avec succès l'homme préhistorique (on trouve des crânes dont la perforation osseuse a des bords cicatrisés, ce qui implique la survie) ; une opération que l'on voit réussir journellement entre les mains des Kabyles de l'Aurès pour qui c'est, une sorte d'initiation religieuse; une opération dont les plus grands chirurgiens d'autrefois, en passant par Hippocrate et par Ambroise Paré, ont célébré les heureux effets; et on l'accuserait d'avoir, par elle-même, un si terrible pronostic !

En réalité, tout n'est-il pas dans le pansement? Au moyen ùgeet jusqu'au dix-huitième siècle, les baumes et les onguents, les lavages et pansements au vin, à l'eau-de-vie, assuraient au moins une antisepsie relative; puis, vint le règiu^ désastreux des cataplasmes fit des plumasseaux au cérat que les chirurgiens ont ern[)loyés (l(q)uis la lin du dix-huitième siècle jusqu'à nos jours. Voilà pourquoi, dans les hôpitaux infectés, Desault voyait mourii* tous les opérés, alors f[u'à la caiiqjagne, comme l'avait déàj

remarqué Dionis, ils guérissaient presque tous. Les trépanés des Kabyles survivent parce qu'on couvre leur plaie de goudron et de résine.

Aujourd'hui, nous sommes fortement armés contre les complications des plaies opératoires; il fallait s'attendre à voir renaître la doctrine hippocratique du trépan. C'est ce qui a eu lieu. Et l'on ne parle plus seulement d'intervenir lorsque des accidents spéciaux fournissent des indications netttes; on parle encore du trépan préventif, pour parer à des accidents dont on redoute la possibilité.

Et c'est ainsi, bénéficiant, d'une part, des magnifiques succès qu'assure aujourd'hui la « chirurgie propre », profitant, d'autre part, des éludes physiologiques sur les localisations cérébrales entreprises avant tous par P. Broca, mettant en œuvre enfin les n tions de topographie cranio-cérébrale acquises à la science par lui et depuis lui, que la trépanation, émergeant à juste titre de l'oubli où elle était tombée, reprend aujourd'hui sa place d'honneur, pour devenir, on peut le dire, une opération courante.

Ainsi « la chirurgie du crâne et du cerveau a pris, cesdernières années, entre les mains de de Wesl et d'fforsIe//en Angleterre, de Sfarr et Qiieeti en Amérique, de Bergman et Wolhnan en Allemagne, de Lucas-Ghamjnonnière^ Terrier et Lannelongae en France, une extension opératoire et thérapeutique considérable. » Voilà ceux qui ont tracé la voie : aujourd'hui physiologistes, expérimentateurs, cliniciens, opérateurs, tous travaillent aux progrès de la chirurgie du crâne, et celle-ci prend, à côlé de la chirurgie abdominale, le premier rôle dans les discussions des Congrès et des Sociétés savantes.

Cependant qu'en dehors de tonte considération

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