‹ Thérapeutique chirurgicale des maladies du craneChapitre 8 sur 86 · I. — Époque préhistorique · texte numérisé non relu

I. — Époque préhistorique

Jusqu'en 1869, date des premiers travaux de M. Prunières, on n'avait pas compris la nature des perforations constatées sur certains crânes de la période néolithique. Cependant Barbié du Bocage, puis Cuvier avaient déjà reconnu qu'on observait à leur surface des pertes de substance n'ayant pas entraîné la mort du sujet, puisqu'un bourrelet de réparation circonscrivait l'orifice osseux; à vrai dire^la nature chirurgicale de ce traumatisme avait échappe à ces savants. Les crânes trouvés par MM. Prunières, J. de Baye, CoUin, Verneau, Cessac et autres, sont, semble-t-il,àcet endroit, parfaitement démonstratifs.

De 1876 à 1878, P. Broca étudia à plusieurs reprises, devant la Société anthropologique, ces perforations crâniennes et en distingua deux variétés : à la première appartiennent les perforations faites pendant la vie; à la seconde, les perforalions pratiquées après la mort du sujet.

Les trépanatmis faites pendant la vie se reconnaissent à la présence, au pourtour de l'orifice, d'une couche de tissu compact, continu, différent « de la couche lisse artificielle qu'on pourrait obtenir par le polissage ». (Broca.) La direction presque verticale des bords de l'orifice fait écarter l'idée d'une lésion traumatique que les armes imparfaites de l'époque n'auraient, du reste, pas pu produire. La nature congénitale do ces perforations n'est pas davantage admissible ; leur fréquence seule rend cette hypothèse invraisemblable.

L'opération était pratiquée sans doute par le procédé du racloir ; peut-être aussi, comme le pense

L. Championnière, faisaiL-on des perforations successives circonscrivanL entre elles une pièce osseuse qu'on détachait ensuite. En tous cas, il semble que les enfants seuls ou presque seuls subissaient la trépanation.

La trépanation posthume paraît avoir été fort en honneur. Le trépané qui avait survécu à l'opération conservait vraisemblablement, durant tout le cours de sa vie, comme un caractère sacré; après la mort, les bords de la perforation du crâne étaient agrandis, de larges plaques osseuses étaient enlevées et gardées comme fétiches ou amulettes; on avait soin, cependant, de laisser sur la tète une petite portion de la perforation première, pour ne pas priver le mort « du témoignage glorieux de l'opération subie pendant la jeunesse ». (Gallez.)

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