DÉLIRE
Si le malade est tolérant pour les bains tièdes progressivement refroidis, ce sera le premier moyen à essayer.
S'il se révolte contre la longueur de ces bains et qu'il soit très difficile de le maintenir dans la baignoire pendant le temps voulu, on abordera les bains froids de 15 minutes avec aflfusions froides sur la tête, en abaissant successivement leur température, au furet àmesure de la persistance du symptôme ou de sa rapide réapparition. Il est habituel que l'agitation dans les cas de délire actif cesse après quelques minutes de séjour dans l'eau : on est surpris de voir le malade, qui n'avait plus dans son délire aucune conscience du monde extérieur, sortir comme d'un rêve, répondre avec lucidité aux questions. Ce retour à la raison n'est pas toujours de longue durée, et, peu de temps après avoir été replacé dans son lit, s'il ne s'endort pas, ou à son réveil, s'il a goûté quelque sommeil après le bain, le malade recommence à délirer. Dans ces cas je fais maintenir en permanence sur la tête soit des compresses imbibées d'eau vinaigrée froide, recouvertes d'un taffetas gommé et renouvelées incessamment, soit une vessie de glace dont il faut renouveler souvent le contenu.
Le dé\ire2)eut n apparaître quedans le second septénaire, au fort de l'acmé thermique, et dans ces cas il disparaît le plus souvent pendant les heures du jour où la température est moins élevée, pour reprendre au moment de l'ascension vespérale. Les meilleurs moyens à opposer à ce délire sont ceux qui abaissent la température, c'est-à-dire, outre les bains tièdes refroidis ou froids et les lotions, la quinine.
Quand ce délire présente, malgré l'emploi des antithermiques, une intensité excessive, quand il s'ac-
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compagne d'insomnie absolue, ou d'une tendance à sorlirdulil, on administrera des médicaments calmants : par ordre de préférence, l'opium, lechloral, les bromures. Toutefois le choix peut être déterminé par l'état des divers organes et appareils.
Si le cœur est suspect, le cliloral doit n'être employé qu'avec ménagement ou môme écarté.
L'albuminurie intense, les urines peu abondantes, la tendance à la constipation, sont des raisons de ne pas donner l'opium.
Les bromures sont contre-indiqués par l'intolérance de l'estomac. Quand aucune de ces raisons n'existe, on peut associer ces trois médicaments.
Chloral 2 ou 3 gr.
Bromure de potassium 3 ou 4 gr.
Sirop de morphine ou d'opium n
Eau de laurier-cerise ■ ■ 5 ou gr.
Eau de tilleul 120 gr.
Le délire qui n'apparaît que pendant h troisième septénaire, est généralement lié à la faiblesse générale, à l'ischémie cérébrale. C'est en insistant sur lesboissons les plus nutritives, peptones dans le bouillon, lait, sur l'alcool et les vins généreux, qu'on le combattra le plus efficacement.
Le médicament le plus indiqué est l'opium associe à la teinture de cannelle.
Extrait thébaïque 0 gr. 05 à 0,10
Teinture de cannelle
Vin de Porto ou de Bordeaux 60 —
Eau ^" -
Une place doit être réservée dans le décours de lamaladie pour certains délires médiamenteux, notamment pour celui qui est lié à l'excitation cérébrale causée par l'administration de trop hautes doses d'alcool ou de