CUOIX DES GARDES-MALADES O
celles qui, par leur âge, leur santé antérieure, leur caractère, ofifr Iront les meilleures garanties. On prendra de préférence, si on a le choix, des personnes d'âge moyen, ayant eu la fièvre typhoïde, de caractère calme et patient, ne déplaisant pas au malade. On aura soin de les avertir, surtout si elles n'ont pas l'immunité relative que confère une atteinte antérieure de typhus abdominal, que la contagion s'opère par les selles, les urines, et peut-être l'expectoration; qii'il ne faut pas porter ses mains à sa figure après avoir touché le corps ou la chemise du patient sans les avoir trempées dans la solution de sublimé; qu'il ne faut ni manger ni boire dans lachambre ; qu'avant de quitter la. pièce il faut se savonner les mains, se brosser les ongles et les passer dans la solution antiseptique.
' Je crois devoir citer à ce propos les judicieuses réflexions de H. de Ziemssen (J) : « On doit confier à une garde-malade expérimentée les soins à donliér au typhique. C'est un des points les plus importants de la thérapeutique que ces soins soient donnés d'une façon sûre, régulière et experte, qu'une main habile prenne la température. Il faut que les bains, le nettoyage, l'alimentation, l'administration des médicaments aient lieu ponctuellement et silencieusement; il faut donc qu'une personne adroite et sûre soit exclusivement à la disposition du malade.
« Etre soigné par une femme de la famille, comme, par exemple, par sa mère ou sa sœur, est certes plus agréable au patient. Mais, au point de vue médical, on ne doit pas le permettre. Je ne veux pas parler
(1) Traitement du typhus abdominal, traduit par le D"" G. Chauvin'.
G NÉCESSITÉ d'Écarter toute fatigue nerveuse
dos dangers que pourraient courir les membres de la famille; je n'ai en vue que les besoins du malade. La garde ne doit pas y mettre du cœur, mais elle doit accorder ses soins avec l'égalité d'humeur qu'on apporte à une affaire.
« Les parents y mettent trop de sentiment et occasionnent ainsi au malade une inquiétude pénible; ils le questionnent beaucoup, lui offrent tantôt ceci, tantôt cela, et le privent de cette façon du repos. Le typhique ne doit pas être importuné par son entou^. rage, ni physiquement, ni moralement.
« La surveillance d'une garde-malade expérimentée est aussi rassurante pour le malade que pour les personnes de sa famille. Celles-ci, avec la certitude qu'elles ont que rien ne sera négligé, peuvent passer des nuits tranquilles et vaquer le jour à leurs occu- ' palions habituelles. C'est ainsi que régnent l'ordre et la tranquillité dans la famille, malgré la gravité du cas; les femmes ne se fatiguent pas outre mesure par des fonctions qui ne leur sont pas familières lel qu'elles ne peuvent pas, par suite, remplir à letir propre satisfaction ni à celle du malade ou du médecin.
«Il va de soi qu'on doit veiller sévèrement àceque le typhique ne reçoive aucune visite^ pas même celle de ses amis les plus intimes. On doit les défendre jusque bien tard dans la convalescence, ainsi que les conversations, les occupations intellectuelles et les émotions.
« Le système nerveux et l'activité du cœur étant épuisés au plus haut degré, toute tension intellectuelle, toute excitation cardiaque peut avoir des suites cruelles.
« On doit proscrire énergiquement aussi tout mou-