‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 61 sur 137 · PROCÉDÉS DIVERS DE LA MÉTHOBE RÉFRIGÉRANTE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DIVERS DE LA MÉTHOBE RÉFRIGÉRANTE

Action de l'air froid. — Aiïusions. — Lotions. — Enveloppement. : — Bains froids. — Bains mixtes. — Bains tièdes progressiveonent refroidis.

Héfrîgération par l'aîi* t'roitl.

Sokoloff a expérimenté les inhalations d'air froid, en se basant sur ce qu'à l'hôpital militairè russe Krousnoselsky, les typhiques sous- la tente, pendant les mois d'août et de septembre où la température nocturne descend à 6° et même 0°G, voient leur fièvre atténuée. Déjà Hahn, Rosenthal, P. Niemeyer, etc., avaient recommandé de ne pas couvrir les typhiques. Sokoloff a expérimenté sur 23 cas, dont 5 de la forme abortive, 18 de la forme moyenne, ou très grave; il à eu 3 décès). Avec l'inhalateur à air froid de Niemeyer il a pratiqué 510 inhalations (en moyenne 22 par malade, au minimum 6, au maximum 42). Une à trois séances par jour, durée 5 à 30 minutes; température — 2°R. à — 10°. L'abaissement de la tempé-

rature fébiile esl moindre qu'avec le bain d'eau ou le bain d'air Troid ; il a varié de 0»,2 à 1»,3. On n'ob- Lienl presque rien pendanL les deux premières semaines. Une séance de cinq ou dix minutes est aussi efficace qu'une de vingt, parce que la fonction respir, raloire diminue d'énergie au bout de ce temps; la température de l'air n'a pas non plus une grande importance entre - 2° et6». L'excitation et la dépression nerveuses accentuées entravent l'effet antipyrétique. La respiration et le pouls diminuent de fréquence et augmentent d'ampleur ; les bronchites lyphiques sont atténuées et abrégées. On peut conclure avec Manassein que ces résultats démontrent combien sont exagérées les craintes journellement exprimées au sujet du refroidissement des malades. Sprimou a proposé de remplacer l'appareil de Niemeyer par un masque de Waldenburg, prenant l'air au dehoi-s au moyen d'un tube ajusté à ,1a fenêtre (1).

Réfrigération par l'eau froide.

L'action de l'eau froide sur l'organisme peut être antipyrétique, stimulante ondérivative; elle peut être les trois à la fois; elle peut être, plus ou moins, l'un des trois, suivant qu'on emploie tel ou tel procédé de r.é^

frigération. "

L'action antipyrétique s'exerce à la fois par soustraction de la chaleur fébrile, et probablement aussi par une diminution progressive de la calorilication. •lui résulte de la répétition du refroidissement à intervalles suffisamment rapprochés.

La stimulation est produite par l'impression du

(1) Lond. Med. [Rec, 1886, 29.

froid sur les téguments, dont les nerfs vont par voie réflexe modifier l'état des centres nerveux et des circulations viscérales.

L'action dérivative est le résultat des modifications que subit la circulation de la peau sous l'influence du froid : il y a d'abord un spasme des artérioles, puis une dilatation secondaire; les alternatives de spasme et de dilatation rendent plus active la circulation dans la peau, qui rougit en se fluxionnant; cette activité circulatoire dans la peau contribue à prévenir et à dissiper les stases sanguines dans les viscères.

- Les partisans du &«m /m^? estiment que, de tous les procédés hydrothérapiques, c'est lui seul qui possède et à un haut degré les trois actions antipyréti- ' (fue, stimulante et dérivative.

En l'appliquant convenablement, c'est-à-dire en I modifiant suivant les cas la température, la durée el, lia fréquence de l'immersion, on peut remplir la pluipart des indications. (Bouveret et Tripier.)

Cela est possible; mais, pour des raisons diverses, iil peut être impraticable ou très difficile d'organiser (OU de faire accepter les bains froids, quoi qu'en di- 'sent leurs partisans intransigeants. Devra-t-on pour (cela se priver des bénéfices de la réfrigération? Non, !-sans doute; aussi convient-il de connaître tous les imoyens qui peuvent être employés et parmi lesquels fon pourra choisir dans chaque circonstance le plus rconvenable et le plus pratique.

Ces moyens sont :

L'aff union froide;

La lotion;

Le lavement froid ;

L'enveloppement froid général ou partiel;

136 TECHNIQUE DE l'aFFUSION FROIDE

U application locale du froid [venie de glace, appareils rèfrUjèranU).

Le bain tiède.

Le bain tiède prôgressiveme7tt refroidi.

AfTusion froide.

Le malade, complètement nu, est assis dans une baignoire ou une cuve vide. On lui verse en nappe, à l'aide d'un vase à large orifice, seau ou arrosoir, d'une hauteur de 50 centimètres à 1 mètre, sur tête et les épaules, de l'eau à une température de 10 à 15", pendant une durée de 2 àb minutes. On frictionne les membres et le thorax pendant que l'eau ruisselle sur le corps.

Plus l'eau est froide et l'affusion courte, plus l'action stimulante est accentuée.

Une eau moins froide, une affusionplus prolongée donnent une action plutôt antipyrétique.

L'affusion finie, on essuie rapidement le malade avec un drap sec, on l'enveloppe dans une couverture, on le reporte dans son lit.

La moyenne de l'abaissement de température ne dépasserait pas 0°,57, d'après les recherches de Liebermeister ; mais son action perturbatrice, c est-àdire stimulante des centres nerveux, est considérable et elle peut rendre les plus signalés services contre l'ataxie et le coma.

Lotions.

Le malade peut être laissé au lit ou placé sur un lit voisin; une toile cirée est glissée sous Im; une grosse éponge, trempée, soit dans l'eau froide pure, soit dans l'eau additionnée de vinaigre, soit dans le

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