‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 64 sur 137 · DRAP MOUILLÉ · texte numérisé non relu

DRAP MOUILLÉ

également doublé d'une couverture de laine, ou bien, sans déplacer le malade, on glisse sous lui le nouveau drap mouillé à la place de celui qui s'est réchauffé.

On peut renouveler huit à dix fois de suite ces enveloppements.

• Le drap mouillé est stimulant, moins rapidement et moins énergiquement pourtant que l'affusion ; son action antithermique est moindre que celle du bain froid, mais il offre le grand avantage d'obtenir la continuité de la réfrigération (Bouveret et Tripier) ; il est surtout puissamment diurétique (Rendu) et vraiment sédatif des accidents nerveux ataxiques (jactitation, délire actif, convulsions).

Il faut reconnaître qu'il n'est pas d'une application plus facile que le bain froid, hormis le cas où on •n'a ni baignoire ni quantité d'eau suffisante; il exige plusieurs aides, beaucoup de temps et beaucoup de linge, et fatigue autant le malade que le bain : car il nécessite autant de déplacements.

Il est précieux chez les enfants (Liebermeister) qui

• sont plus faciles à manier, s'en effrayent moins que idu bain et qui, se refroidissant plus vite que l'adulte, sont exposés quelquefois au collapsus par le grand bain froid.

•. On peut obtenir un abaissement de 1" à 1", 3 parmi ■enveloppement dans le drap mouillé prolongé pendant une heure.

Les Brandistes l'associent aux bains froids en l'appliquant dans l'intervalle de ceux-ci, quand, même refroidis à 18 et 13° et prolongés pendant plus d'une demi-heure, ils ne donnent que des abaissements insignifiants ou trop peu durables de la température.

TKCUNIQUE DK LA nKKRIGÉHATION

Application froide locale.

On emploie les compresses imbibées d'eau froide cl renouvelées toutes les cinq ou dix minutes, soit sur l'abdomen, soit sur le thorax, soit autour de la tête. Leur action est très utile, à la condition qu'elles soient régulièrement renouvelées sans trêve; elles n'agissent guère comme antithermique général, mais elles ont, je crois, une axîtion révulsive locale qui n'est pas sans utilité : placées sur l'abdomen, elles préviennent et combattent le météorisme et la rétention d'urine; autour du thorax, elles sont utiles contrôla stase pulmonaire et certaines autres complications thoraciques, où l'élément fluxionnaire joue un rôle (bronchites et broncho-pneumonies).

L'application d'une vessie de glace sur le thorax cl l'abdomen, qui a été proposée par Tiegel comme antilhermique général dans la fièvre tj-phoïde, me paraît surtout être utilisable contre certains accidents locaux : sur l'abdomen, en cas d'hémorrhagie intestinale, de péritonite ou de météorisme excessif; sur l'épigastre dans les vomissements incoercibles; sur le crâne, dans le délire qui ne cède pas au bain ou au drap mouillé; sur la région précordiale, dans la péricardite et certaines tachycardies.

Leube, en 1870, avait fait coucher sur un matelas de caoutchouc contenant un mélange réfrigérant composé de sel et de glace pilée, des typhiques ayant une répugnance insurmontable pour les bains, et avait obtenu des abaissements de 1 à 2° dans le rectum.

On a inventé d'ingénieux appareils à circulation d'eau

froide.

Celui de M. Clément est une ceinture de caoutchouc dans laquelle, à l'aide d'un système de tubes munis

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