APPAREILS A RÉFRIGÉRATION LENTE
de robinets, on établit un courant d'eau froide plus ou moins rapide. Cette ceinture, qui enveloppe seuleinentle troncdumalade,peutêtreappliquéeune demibeure, une heure ou davantage, plus ou moins fréquemment suivant l'intensité de la fièvre; l'appareil a l'inconvénient d'être coûteux, on ne se le procure -qu'au bout d'un certain temps; il est peu antitherniique et ne paraît pas beaucoup moins pénible à ! beaucoup de malades que le bain froid. -M .L'appareil de M. Dimontpallier est plus compliqué, iinais permet d'obtenir une réfrigération lente pro- ' gressive et de doser le refroidissement obtenu. Une -double enveloppe de toile en forme de ceinture, ou plutôt de sac, peut recevoir le corps tout entier, sauf la tête elles pieds. Les deux parois de l'enveloppe sont réunies par des piqûres rangées en séries paral- ■lèles, de telle façon qu'un tube de caoutchouc, long . de 40 mètres et d'un diamètre intérieur d'un centi- - mètre et demi, parcourt, en se contournant un grand -nombre de fois, tous les espaces laissés libres entre ■ les piqûres. Des tubes munis de robinet permettent 'de régler la circulation d'eau froide dans l'appareil; des thermomètres placés à l'entrée et à la sortie du courant d'eau en donnent la température. Cet appareil est passible des mêmes objections que le précé- 'dent au point de vue de la thérapeutique pratique; il a surtout permis d'étudier physiologiquement la fièvre et la réfrigération.
Bains froids.
• Les bains ne sont considérés comme /roï(7s qu'audessousde 25° parles partisans delà méthode réfrigérante ; ils sont dits frais de 25 à 30°, et ils sont tièdes de 30 à 35°.
PROCRDiCS DE RÉFRIGÉHATION
Il ost évident que cette classification est assez arbitraire et que, comme le disait M.Tenneson à la Société (les hôpitaux en 1882, si avec la définition vulgaire un bain tiède est celui. qui procure une sensation, agréable, un bain à 28" peut bien être qualifié de froid par un patient dont le corps est à AO". Quoi, qu'il en soit, pour ne pas compliquer davantage une question qui n'est déjà pas des plus simples, conservons les dénominations usitées.
On compte quatre principales manières d'administrer les bains froids :
La première méthode de Brand,
Celle de Jurgensen,
Celle de Liebermeister,
La seconde méthode de Brand.
1° Première méthode de Brand.
Brand, dans ses premiers essais, nous l'avoBuS;. dit en exposant l'historique de la question, avait utilisé tous les procédés hydrothérapiques. Toutefois, il employait surtout le demi-bain frais avec affimon froide^ qui fut longtemps connu en AUeiriagne sous le nom de lain de Brand. Dans une baignoire on pré- • parait de l'eau à 23° Réaumur, ce qui fait un peu plus de 28" centigrades (28", 75), en quantité telle que le malade n'eût guère d'eau que jusqu'à la ceinture. Après avoir mouillé tout le corps du malade avec de l'eau fx'oide pour empêcher le saisissement, on le plaçait dans la baignoire, et on lui faisait aussitôt une affusion sur la partie supérieure du corps avec un demi-seau d'eau à 1S° ou 17". Pendant cette affusion trois personnes doivent frictionner vivement avec les mains le tronc et surr tout les extrémités. De 2 en 2 minutes on renouve-
PHliMlERK MKÏHUDE DE BKAND
lait cette afï'usion pendant 10 minutes, et pour terminer on ajoutait dans la baignoire une certaine quantité d'eau à pour refroidir le bain, avant d'en retirer le malade qui, à peine essuyé, était replacé dans son lit, les jambes seulement entourées d'iine couverture de laine, le reste du corps couvert en été d'un simple drap, en hiver d'un drap et d'une couverture.
Trois ou quatre heures après, on donnait au malade une allusion froide dans une baignoire vide pendant 3 minutes.
Entre les bains et les aflfusions, on administrait des boissons froides, on faisait quelques lotions et on appliquait sur le thorax et l'abdomen de grandes compresses imbibées d'eau froide et renouvelées au moins tous les quarts d'heure.
Le demi-bain avec aflfusion n'était commencé que quand le diagnostic était ferme.
Dans la période intermédiaire entre le début de la fièvre et la confirmation du diagnostic, Brand faisait pratiquer l'enveloppement dans le drap mouillé deux fois par jour et les compresses en permanence.
Tel était son traitement pour la fièvre typhoïde à évolution régulière [typhus normal).
Dans les fièvres compliquées (qu'il appelle dégénérées) il conseillait les procédés suivants.
En cas d'adynamie profonde, il faisait commencer par des lotions et des compresses froides ; dès que la faiblesse était un peu moindre, on mettait le malade encore inconscient dans un bain à 28°, pendant lequel on lui versait sur la tête de l'eau de plus en plus froide.
En cas de coma persistant, on faisait des afi'usions
froides prolongées sur la lôte, sans retirer le malade du lit, et des frictions humides sur les membres inférieurs, puis on l'enveloppait dans une couverture de laine ou une pièce de flanelle mouillée d'eau chaude.
Le traitement se continuait par le demi-bain liètfe avec afi'usions froides. i
Ces procédés paraissent encore les plus conS'<*nables à MM. Bouveret et Tripier « pour les fièvres déjà très avancées dans leur évolution, en cas de dépression profonde des centres nerveux et avec grand affaiblissement du cœur ».
2° Méthode de Jurgensen.
En 1866, Jurgensen pi'oposait, pour simplifier la médication réfrigérante, de supprimer les lotions et les compresses et de substituer au demi-bain tiède avec affusion le grand bain froid, déjà employé, paraît-il, à Kiel par Bartels.
Jurgensen formula la nécessité de prendre la température rectale toutes les 2 heures ou toutes les 4 heures, suivant la gravité du cas, et de donner un bain froid toutes les fois que cette température atteiat ou dépasse 40°. Le malade pouvait ainsi prendre dans les cas graves jusqu'à 12 bains par 24 heures. La température de l'eau était d'environ 10°, \^ qu'elle sort des puits ou des robinets; laduréejp!u bain variait de o à 13 minutes. Jurgensen associajt la quinine au baia froid. ]
Bouveret et Tripier critiquent cette méthode, parce que les bains sont trop fréquemment répétés et trop froids, et qu'il leur semble imprudent de laisser la température s'élever jusqu'à 40° avant de commencer à la combattre.
3' Méthode de Lielermeister.
Liebermeister, en 186J^, àBâle, préconise une métïibde réfrigérante dans laquelle le malade, dès que sa température atteint 39° C, est placé dans un bain â^2°, qu'on refroidit graduellement jusqu'à 16°. On Yy laisse tant qu'il s'y trouve agréablement, c'est-àdirë en général de 10 à 20 minutes.
" Le nombre des bains donnés chaque jour varie suivant la marche de la température du malade ; il peut-être de 12 et même davantage. En moyenne, un typhique en prenait 60, il en a pris quelquefois 200.
La réfrigération immédiate obtenue par ces baips est à peine d'un degré ; mais Liebermeister recherchait moins la soustraction physique du calorique tjue la rémission de la fièvre, obtenue secondaire ment par effet physiologique.
4° Deuxième méthode de Brand.
^'Xette méthode est celle à laquelle sont aujourd'hui ralliés à peu près tous les partisans de la réfrigéra- Won systématique; nous allons l'exposer d'après le Tm-è le plus récent qui ait été écrit en France sur la qviestion par l'un des apôtres les plus résolus de la liiéthode, notre si regretté collègue Juhel-Rénoy. I^urquoi faut-il que l'application de cette méthode, en' laquelle il avait une absolue confiance, n'ait pu l'empêcher de succomber lui-même dans la pleine vigueur de son rare talent?
' Les quelques modifications de détails que Juhel- Rénoy a pu apporter à la stricte pratique de Brand seront indiquées Chemin faisant.