BAINS FROIDS
peut être dojinée à l'entourage comme le signal de la nécessité d'un bain. Juhel-Rénoy dit qu'en pareil cas le médecin peut encore, sans le secours des indications thermométriques, obtenir une cure hydrothérapique régulière en prescrivant, au début et pendant 4 à 5 jours, 8 bains par 24 heures; puis, vers le sixième jour, supprimant un ou deux bains du matin ; à une période plus avancée, si la fièvre est intense, mainteniretmêmeaccentuerletraitementméthodique.
Les températures avant et après les bains seront inscrites sur des feuilles différentes, si les infirmiers sont peu exercés ou peu intelligents; dans les milieux éclairés et à l'hôpital il est préférable d'inscrire les deux tracés superposés sur la même feuille. On inscrira aussi la courbe de la quantité totale des urines de ,24 heures recueillie dans un bocal gradué, et les variations de l'urée, si possible.
Précanliiins à prendre.
Préparation du malade.
Avant le bain. — Le malade, qui, pendant toute la période fébrile, ne doit être vêtu que d'une chemise, est dépouillé de celle-ci.
Si c'est un homme, les cheveux ont été tondus ; si c'est une femme, les cheveux nattés et roulés en chignon sont relevés sur le sommet de la tête.
Pour éviter l'impression si pénible de l'immersion brusque, on asperge avant le premier bain la figure et la poitrine d'eau plus froide que celle du bain.
Transport dans le iain. — Le malade peut s'y rendre lui-même, appuyé sur son infirmier; s'il est trop faible, ou récalcitrant, mais pas trop pesant, on le porte; sinon, on l'assoit dans un fauteuil et on le
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roule jusqu'à la baignoire ; on l'aide à y entrer, ou bien on l'y dépose aussi doucement que possible, Le médecin, qui doit toujours présider à ce premiet; liain^ s'efforce de rassurer alors le patient, dont, le visage trahit l'anxiété, si même il ne crie pa^, l'exhorter à la patience en lui expliquant la nécessili^ du bain s'il veut guérir, puis lui fait boire un verre d'eau, de limonade, de grog ou de lait froid.
Pendant le bain. — On fait une affusion, aprè^ avoir roulé une compresse au-dessus du front pou^ (>mpêcher l'eau de ruisseler dans les yeux. On peut dans les cas simples employer pour faire l'affusion l'eau du bain, recueillie avec un arrosoir, ou tout au tr^ récipient à petite ouverture, et versée d'une faible hauteur, lentement, mais d'une façon continue svif toute la région de la nuque. Dans les cas sévère^, l'eau doit être à 10°. Juhel-Rénoy, comme Brajçi^, prescrit toutes les cinq minutes une affusion (de 2 minutes, au début, au milieu et à la fin du bain..,.,
Tripier et Bouveret préfèrent l'affusion continuq.
Il est très utile (Juhel-Rénoy, Brand et Yogt) q^ç pendant toute la durée du bain un infirmier frotte vivement avec une grosse éponge tout le corps, sai^f l'abdomen, pour activer la circulation périphérique et atténuer l'impression du froid.
Une ou deux minutes après le premier graiîf| frisson dans les cas simples, le malade prend nouveau quelques gorgées de vin ou de cognaçj puis il sort ou on le retire du bain pour le placer suy un lit, où on a étendu un drap sec et un peu chaud, dans lequel on l'enveloppe après l'avoir essuyé rf^p^dement sans toucher l'abdomen. ,.i
Après le bain. — Les membres inférieurs dafli? une couverture de laine et une boule d'eau chaU((iU!
BAINS FROIDS loi
aux pieds, le malade doit continuer à frissonner de (juelqnes minutes à une demi-heure, dans le décubitus latéral, qui prévient la stase pulmonaire etfacilile l'exploration ttiermométrique. Celle-ci est faite un qùart d'heure après le bain ; à ce moment le malade, ne piéfcevant plus le froid, goûte un mieux-être, boit volontiers ; on lui passe sa chemise et souvent il s'endort.
Dans la pratique de Brand, le malade doit conserver entre les bains, au devant du thorax, sur les côtés et sur l'abdomen, de grandes compresses froides, c'est-à-dire une serviette trempée dans l'eau it 10» et renouvelée toutes les cinq ou dix minutes, à moins qu'il ne dorme paisiblement. Ces compresses, critiquées par Jurgensen, sont considérées par Juhel- Rénoy comme d'une utilité indéniable, mais non indispensables, et d'une pratique difficile à l'hôpital ftVec un personnel restreint et déjà si occupé.
Les bains doivent être continués jusqu'à la guérison certaine, si on ne veut pas exposer le malade à"« perdre en quelques heures le bénéfice du traite-
rrieht suivi ».
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Modifications à. la formule balnéaire suivant les cas .
Le schéma ci-après du traitement hydrothérapitjue est modifié suivant les cas, et Juhel Rénoy divise à ce point de vue les fièvres typhoïdes en légères, moyennes, sévères et très graves; chacun de ces groupes réclame une balnéation appropriée.
Ainsi, dans une fièvre légère^ la formule est bain et affusion à 18° toutes les trois heures, tant que le malade est à 39°; au bout de 15 à 30 bains répartis 5 à 6 jours, l'apyrexie se déclare, et le malade gHrérit en 8 à 10 jours sans alcool.
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Dans les fièvres moyennes, la formule est la même; il y a lieu de donner de petites quantités d'alcool, et la guérison s'opère avec 40 à GO bains.
Dans les cas sévères, c'est-à-dire ceux où l'hyperpyrexie est continue, malgré la réfrigération ordinaire, où le cœur est faible et le jjouls accéléré, où l'urination est insuffisante, les poumons encombré» etl'adynamie croissante, pour « corser la réfrigération », suivant l'expression de Chauffard, on donne les bains à températures successivement décroissantes, de 26° à 18° en diminuant de 2° chacun d'eux, etladurée n'étant que de 8 àl 0 minutes. Puis on abaisse les suivants à 15° avec affusion froide de 8 à 10°,, massage et frictions énergiques sous l'eau pendant toute la durée du bain. Les compresses réfrigérantes, thoraciques et abdominales sont indispensables. ,,;
L'alcool est donné à hautes doses : 100 à 120 gr. On donne hâtivement lespurées, les œufs, le laitage.
A la moindre aggravation, même bain toutes le^Sj deux heures; vessie de glace sur la région précoï-r, diale, si le cœur faiblit. ^ Dans les formes malignes ou compliquées, premier, bain à 6° au-dessous de la température du malade,, en les ramenant progressivement à 27° ou 28° par de& affusions froides continues à 8 ou 10°; massages sous l'eau. Mais, si la cyanose apparaît, on retire le malade du bain et on le frictionne. Les bains soiit donnés toutes les deux heures; dans les intervalles, les compresses réfrigérantes sont permanentes et re^ nouvelées souvent. On ne se base plus dans ces formes surla température pour donner le bain, mais sur l'état général, l'intensité du délire, la faiblesse du pouls.
La technique recommandée dans toutes les former adynamiques est le demi-bain à 26 ou 28°, avec affu-