‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 75 sur 137 · MÉTHODE DE BOUCHARD · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE BOUCHARD

vice de M. Bouchard.; fournie par Skinner, en 1884, était la suivante :

Décès Mortalité

274 malades traités sans bains (1880 à 1883). 41 14 97 %

ISOmalades traités parles bains (1880à 1883). 18 10

Sur 47 cas avec moins de 4 bains par jour. 6 14 1

Siir 123 cas avec 4 à 8 bains 12 g.^

M. Bouchard a donné en 1889 sa statistique des années suivantes {Thérapeutique des maladies infec. . Ueuses).

Années Entrées Morts Mortalité

Total 421 il 11 16

Pour apprécier le rôle que jouent les bains dans le traitement de M. Bouchard, il faut se rappeler q.i;^e, sa méthode complexe, visant à combattre l'infection, l'intoxication, la fièvre et l'inanition, oppose à ces dangers Y antisepsie générale^ Vantisepsie intestimile^ V antithermie et un certain mode d'alimentation.

Il cherche à réaliser l'antisepsie générale en don- 'n^pt 0 gr. 40 centigr. de calomel par jour, en 20 prises de 2 centigrammes (une toutes les heures), pendant quatre jours consécutifs.

.,v ll obtient l'antisepsie intestinale : a. en administrant dès le début un purgatif (15 gr. de sulfate de magnésie), qui est renouvelé méthodiquement tous lef? trois jours. — l. En déblayant matin et soir régulièrement le gros intestin au moyen d'un lavement d'eau phéniquée (0 gr. 30 pour 500) ou d'eau haphtolée (0 gr. 20 pour 1000). —c. En faisant ingérer des

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antiseptiques insolubles par doses réguUèremeht espacées : c'était autrefois un mélange de poudre de charbon'lOO grammes; iodoforme I gramme; naphtoline 5 grammes; — ce fut ensuite 4 grammes de naphtol-^ et 2 grammes de salicylate de bismuth.

Il combat l'élévation thermique : 1° par la méthode balnéaire ci-dessus décrite ; 2" par la quinine, quand, malgré la balnéation, la température rectale . dépasse 4:0Me matin et 41° le soir. ■ i ...j

Il évite l'inanitiation par un régime qui comprend le bouillon cuit avec de l'orge (1 litre 1/2 à l litres par jour), la glycérine, les peptones, la limonade au citron additionnée d'un peu de vin.

Quelle part faut-il accorder à la balnéation dans les heureux résultats obtenus par cette thérapeutique complexe? -^On doit penser qu'elle est importante. Car la mortalité par fièvre typhoïde dans le service de l'hôpital Lariboisière, quand M. Bouchard en a pris possession, était de 25 % . Quand il a su neutraliser les poisons intestinaux par le charbon seul, la mortalité est tombée à 15 % . — Quand il a réussi à obtenir une véritable antisepsie intestinale par le salicylate de bismuth, l'iodoforme, la naphtaline, la mortalité s'est abaissée à 10 %. Elle est tombée enfin jusqu'à 7 % quand il a eu combiné la méthode balnéaire aux moyens antiseptiques. Lorsqu'il lui estarrivé de supprimer les bains au cours de la maladie, il à Vu la température des malades se relever brusquement à 40 et 41°, et quelquefois ceux-ci succomber à ce retour offensif d'hyperthermie. Les bains tièdes, progressivement refroidis, sont donc un facteur très important dans son traitement.

Mais voici une contre-preuve saisissante de leur importance. Quand M. Bouchard a quitté l'hôpital

DANS LA [mÉïUODE DE BOUCIIARD 175

Lariboisière pour prendre un service à la Charité, en 1892, sa statistique, qui portait sur 554 cas de 1884 à 1891, comprenait 54 décès, fournissant une mortalité de 9,74 % .

A Lariboisière, son service était parfaitement organisé au pointde vue delà balnéation; il avait, non sans peine, obtenu peu à peu de l'Administration et des baignoires en nombre suffisant et des infirmiers supplémentaires qui avaient été initiés aux soins que nécessite cette méthode balnéaire. — A la Charité, rien n'était organisé, et rien n'a pu l'être encore ; pas d'infirmiers spéciaux ni assez nombreux, pas assez de baignoires, pas toujours d'eau à la température nécessaire ; bref, par la force des choses, la balnéation a été mal exécutée ou abandonnée.

Or, peu à peu, la mortalité s'est relevée, et, bien que le nombre relativement faible des cas de fièvre typhoïde traités depuis cette époque dans son service (34 cas) ne permette pas des conclusions aussi fermes que les 554 cas de la statistique passée, les 7 décès qu'ont fourni ces 34 cas donnent une mortalité de 20 % . Peut-on fournir une preuve plus saisissante de l'importance et de l'efficacité de cette méthode balnéaire, à laquelle le seul reproche qu'on puisse faire est d'être difficile à réaliser dans bon nombre de circonstances, et impraticable dans quelques-unes?

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