‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 74 sur 137 · MÉTHODE DE BOUCHARD M · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE BOUCHARD M

Le décubitus dorsal est rare chez les malades traités par les bains; on les voit presque toujours couchés sur le côté. L'expression du visage reste ou redevient intelligente, le malade, répond nettement •aux questions.

Les accidents nerveux pendant le bain sont extrêmement rares. Sur 103 observations représentant -4160 bains, Skinner n'a noté que deux fois une attaque convulsive à la sortie du bain chez un malade épilep- . tique depuis l'enfance, une fois une. attaque syncopale épileptiforme à la fin du bain, et une fois, chez un individu ayant déjà fait une tentative de suicide, ■un délire nocturne dans l'intervalle des bains, délire furieux et impulsif au cours duquel le malheureux se précipita par une fenêtre d'un premier étage.

3" Effets sur l'appareil circulatoire. — Le nombre des -révolutions cardiaques est toujours diminué, plus chez les hommes que chez les femmes; cette diminu- -tionestchezcespremiersde lobattements par minute -éri- moyenne et de 42 au maximum; chez les femmes, dé 10 en moyejine et de 22 au maximum.

Les modifications du pouls sont variables; en général, après le bain il est plus fort, mais vers la fin .du" bain, si le malade a une impression de froid .désagréable et tremble un peu,, son pouls devient plItiS petit et plus serré.

Les hémorrhagies ne sont pas plus fréquentes que chez les typhiques traités par n'importe quelle méthode.

4° Effets sur V appareil respiratoire. — Skinner a constamment vu diminuer le nombre des respirations chez les femmes'; chez les hommes il a vu iè plus souvent, la. respiration s'accélérer, mais d'une façon insignifiante (de trois respirations

par minute) pendant les premières cinq minutes après le bain. Personnellement, voici ce que j'ai constaté habituellement : chez un malade qui a, du fait de sa fièvre, la respiration accélérée, mais sans complications pulmonaires importantes (sans bron^ chite étendue, ni congestion, ni pneumonie), s'il n'a aucune appréhension pour le bain tiède, le nombre des respirations, accéléré pendant les premières minutes du bain, diminue ensuite quand le malade éprouve le bien-être du bain; les inspirations sont plus profondes et d'un rhythme normal; il en esi* ainsi tant que dure le bien-être. " •

Lorsqu'arrive la première sensation de fraîcheuif' un peu désagréable de la fin du bain, les mouvé^î ments commencent à redevenir plus rapides, moihs amples, moins réguliers. Quand le malade a été ré^"' placé dans son lit, bien réchauffé et calme, sa respiP' ration se ralentit de nouveau, et pendant le sommeil','» qui ne tarde pas beaucoup à se produire, la resplrà^ tion est toujours plus lente, plus profonde, plus rê^ gulière qu'elle ne l'était avant le bain. ' "

D'habitude, la bronchite légère et la congestioftfl passive peu accusée sont diminuées par le bain; jé^ n'ai pas vu que les complications respiratoires soieiî^^ ni plus fréquentes ni plus graves chez les maladefs>i traités par le bain tiède refroidi avec les précautions'' indiquées que par toute autre méthode balnéaire, et'ce que nous savons aujourd'hui du mécanisme patho-^ génique des bronchites, congestions et pneumonies^ au cours de la dothiénentérie, n'est pas de nature à,|J» faire admettre qu'aucune méthode de balnéalion ' puisse les produire.

5» Effets sur l'appareil digestif. — Les modification^P produites sur l'état des premières voies digestives '1

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ne sont pas moins favorables avec les bains de Bouchard qu'avec les autres méthodes balnéaires. Au bout de peu de bains, par suite de l'hypersécrétion $alivaire, la sécheresse de la langue et de la bouche disparaît, ainsi que les fuliginosités des dents ou des. l^yres, s'il en existait. La langue, au lieu d'être noirâtre, rôtie, fissurée, devient humide, lisse, blanchâtre, puis rose.

Le retour de l'appétit, la diminution de la soif, :^nttrès nets. Les malades, qui, au lit, ne deman- . daient rien à manger, réclament de la nourriture ;avec insistance pendant qu'ils sont dans le bain. La I diarrhée n'est pas augmentée, l'ictère n'est pas plus fréquent.

6° Effets sur la peau. — L'épiderme devient moins 1 racorni, plus souple, la peau moins sèche et moins iâpi^e (un peu de moiteur se montre après le bain); la circulation étant activée, les joues et les lèvres préïsentent communément une coloration rose, surtout (Chez les femmes et les enfants. La vitalité des téguiments étant accrue par cette activité circulatoire, et lies germes générateurs d'infections cutanées étant ssans cesse entraînés par le lavage, il en résulte que lies eschares, soit sacrées, soit trochantériennes, sont Itoutà fait exceptionnelles, que l'érythème, l'ecthyma, Mes furoncles, sont plus rares que chez les typhiques mon baignés.

1" Effets sur la durée de la fièvre typhoïde. — La ddurée d'une fièvre typhoïde pouvant toujours varier ^sntre des limites très étendues, il est bien difficile Ji'affirmer dans un cas donné que telle ou telle thérapeutique a pu l'abréger. Toutefois, on peut tirer Ijuelques déductions très vraisemblables de la com- )oaraison entre la durée des cas dans le même ser-

vice de M. Bouchard pendant une période de quatre années où il n'avait pas institué le traitement balnéaire ét celle qui a été constatée depuis. Pendant les années 1880, 1882 et 1883, sur 274 malades traités, il y a eu 233 guérisons dont la moyenne de durée a été 23 jours. Pour plus de la moitié, 55 % , la durée a été 21 jours au moins; pour près des trois quarts des malades guéris, 73 %,-la durée a été- 25 jours au moins.

Pendant la période où les malades ont été traités par les bains, les autres éléments du traitement (hygiène, antisepsie générale et intestinale, alimentation) demeurant les mêmes, la moyenne de 85 oas a été 22 jours; mais, sur 44 cas où les malades ont pris plus de 4 bains par jour, 70, 4 % des malades ont guéri avant le 21' jour.

On peut en conclure que les bains tièdes progressivement refroidis abrègent la durée de la fièvre typhoïde.

8" Influence sur les rechutes. — Sur 23G malades non traités par les bains, 50 rechutes (21, 1 %) dont 3 mortelles.

Sur 100 malades traités par les bains, 13 rechutes d'une durée moyenne de 10 jours. Sur ces 13 rechutes, 8 baignées durent en moyenne 10 jours; 5 sans'bains, 11 jours. ■ - .

Sur 69 malades non traités par les bains : 13 re-» chutes (18, 8 % ) d'une durée nioyenne de 13 jours.

3 malades furent atteints de rechute, bien que les bains eussent été continués pendant l'apyrexiés Les bains ne préviennent donc pas les rechutesmais ils diminuent leur fréquence, leur durée et leur gravité.

-9- Influence sur la mortalité. — La statistique du ser-

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