‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 90 sur 137 · TRAITEMENT DANS LA SECONDE ENFANCE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DANS LA SECONDE ENFANCE

Dans l'intervalle, s'il y a adynamie, on fera des frictions alcooliques.

La quinine ne sera donnée que si le tube digestif fonctionne à peu près et de G gr.,05 à 0 gr.,25.

On donnera un peu d'alcool très dilué. ^

Lorsqu'on parle de la bénignité de cette afifectiôti dans l'enfance, c'est de l'enfant de 2 à 10 ans q\ii\ s'agit. A cet âge, on pourrait dans beaucoup de cas se contenter de placer les enfants dans de bonnet; conditions hygiéniques et ils arriveraient à la guérison sans encombre.

Mais il existe, même dans la seconde enfance, des formes de la plus haute gravité, etla vérité est qu'on ne sait jamais comment évoluera une fièvre typhoïde. Les cas de ce genre sont encore plus fréquents de 10 à 16 ans.

Parmi les méthodes systématiques^ la balnéatioii froide, d'après la méthode de Brand, a donné, chez les enfants, d'aussi [bons résultats que chez les adultes.

La méthode de M. Bouchard, qui avait donné des résultats si remarquables chez les adultes de l'hôpital Lariboisière, n'avait pas encore été mise en pratique dans les hôpitaux d'enfants, lorsque M. de Beurmann, faisant une suppléance à l'hôpital Trousseau, et son interne d'alors, M. Hillemand, l'ont appliquée en 1886, pendant une forte épidémie. La mauvaise organisation des bains les a d'ailleurs obligés à ne pas suivre, au point de vue de la balnéalion tiède progressivement refroidie etfréquente, toutes les indications de M. Bouchard. C'est surtout l'antisepsie intestinale qu'ils avaient réalisée; c'est aussi cette partie du traitement que M. Legroux, le regretté collègue que nous venons de perdre, mettait en pratique systématiquement à la même époque.

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En efifet, en l'appliquant à la thérapeutique infanlile, M. Legroux, dans son service à l'hôpital Trousseau, a obtenu les mômes bons résultats, quoiqu'il n'employât pas les bains d'une façon systématique. Les résultats de la pratique de M. Legroux ont été (>xposés dans la thèse de M. J. Para (1). « M. Legroux commençait le traitement en administrant au malade, le j.our de son entrée, 0 gr. 30 à 0 gr. 60 de calomel, suivant l'âge, en deux ou trois prises.

Puis il formulait :

Mêler et diviser en dix paquets. Un paquet doit être donné toutes lés deux heures.

On peut faire prendre ces paquets soit dans du pain azyme, — et ce mode convient de préférence aux enfants déjà âgés, capables d'avaler facilement un médicament qu'on leur présente, — soit simplement dans un peu de lait sucré, en délayant bien, dans une cuillerée à bouche ou un gobelet, la petite quantité de poudre à faire prendre. On peut aussi masquer la saveur brûlante du naphtol en le donnant à l'enfant dans une cuillerée de la potion de Todd... »

M. Legroux n'associait pas toujours les deux médicaments. Il ne donnait que le naphtol si la diarrhée était modérée, y adjoignant le salicylate de bismuth si les selles étaient très abondantes; si l'enfant avait de la tendance à la constipation, il associait au naphtol le salicylate de magnésie, et revenait de temps à autre aux prises de calomel.

Naphtol

Salicylate de bismuth

aa 2 gr. 30 centigr.

(1 De Vantisepsie intestinale dans la fièure typhoïde chez Venfant. Tlicse de Paris, 1887.

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Les résultais avantageux de ce traitement sont immédiats, conclut M, Para.

« On peut les résumer en disant : diminution et désinfection des selles, diminution ou suppression du météorisme intestinal, amélioration de l'étal buccal, atténuation des accidents nerveux, diminution de l'albuminurie, abréviation de la convalescence; rareté des accidents dits critiques de la fièvretyphoïde, tels que phlegmons, furoncles, suppurations diverses, qui sont, le plus souvent, les résultats d'infections microbiennes secondaires, et que l'asepsie de 'inipstin prévient. »

h'emjjloi de la quinine à dose élevée a donné les résultats les plus remarquables à M. le professeur Grancher à la Clinique des Enfants malades.

Quand le thermomètre marque 39"5, à 40 et au delà, on donne, suivant l'âge de l'enfant, de 0 gr. oQ à 2 grammes de quinine.

Les doses les plus habituelles sont :

1 gramme à 1 gr. 50 à partir de 5 ans,

0 gr. 75 à 1 gramme de 3 à 4 ans.

La dose est administrée vers 5 ou 6 heures du soir, par fraction de 0 gr. 50, de demi-heure en demiheure, de façon que les efifels bienfaisants se fassent sentir pendant la nuit. Or, il est remarquable que le bien-être obtenu par les doses élevées de quinine procure aux enfants le sommeil, si rare dans la fièvre typhoïde Le lendemain, l'enfant s'éveille avec une amélioration toujours très marquée, quelquefois si considérable qu'elle émerveille l'entourage.

Après avoir résumé ces diverses pratiques, je vais dire quelle est actuellement la mîenne, dans laquelle je me suis efforcé de tenir compte des avantages que j'ai reconnus à chacune. d'elles.

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Au début, le calomel à dose purgative.

Tous les trois jours, un purgatif salin, que je remplace de temps à autre par le calomel, s'il y a tuméfaction du foie et météorisme très accusé.

Matin et soir, un grand lavement froid d'eau boriquée à A p. 100 ou d'eau naphtolée àOgr. 20 p. 1000.

Tous les jours, le benzonaphtol (1 à 3 grammes), associé soit au salicylate de bismuth, soit au salicylate de magnésie.

Ces substances sont en suspension dans un julep gommeux, dont on donne au malade une cuillerée toutes les deux heures, c'est-à-dire dix fois par vingtquatre heures (il faut avoir soin d'agiter chaque fois la bouteille).

Dans les cas les plus graves, je préfère le naphtol|i au benzonaphtol, parce qu'il est plus énergiquement antiseptique. On ne peut malheureusement guère le faire avaler, à cause de sa saveur brûlante, qu'en cachets à des enfants déjà grands, ou par force aux tout petits, en suspension dans la potion gommeuse.

A la méthode antiseptique de M. Bouchard, j'adjoins l'emploi de la quinine aux mêmes doses que M. Grancher ; mais je préfère le chlorhydrate de quinine, moins offensif pour l'estomac et plus riche en quinine que le sulfate.

Quand la température ne s'abaisse pas par l'antisepsie et la quinine, je fais faire les lotions, puis j'administre les bains tièdes graduellement refroidis, en nombre variable de 2 à 8.

Si la situation s'aggrave encore par la persistance de l'hyperthermie, je donne les bains d'abord frais à 25°, puis froids à 22" ou 20°, d'une durée de 10 à V\ minutes, avec affusion sur la tête et frictions pendant le bain. Le bain est renouvelé toutes les 3 heures.

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Je veille, bien entendu, à l'exécution rigoureuse de toutes les précautions hygiéniques comme chez l'adulte : lavages antiseptiques des fesses et des organes génitaux après chaque garde-robe, lavage de la cavité buccale, des fosses nasales.

Alimentation réparatrice, mais liquide et de digestion facile, etc., comme chez l'adulte; toutefois, le lait est mieux supporté, et il faut être réservé dans l'emploi de l'alcool.

Je donne les boissons abondantes, mais en petite quantité à la fois pour ménager la contractilité gastrique : tisane d'oi-ge sucrée avec du miel et de la glycérine, limonade vineuse ou citrique, bouillon additionné de peptone, lait.

CompUcations et accidents. — Quand il y a un . délire violent, dans l'intervalle des bains froids, je fais • placer en permanence une vessie de glace ou des compresses d'eau glacée sur la tête, dont les cheveux sont toujours coupés ras dès le début. Potion avec opium, chloral et teinture de valériane.

QiOniYQYadynamie^ les grogs, le vin chaud sucré fiétendu d'eau, additionné de teinture de cannelle, la -liqueur d'Hoffmann, les injections sous-cutanées ré'éther et de caféine.

Contre Idu congestion pulmonaire^ ventouses sèches, enveloppements permanents du thorax dans les compresses de tarlatane humide recouvertes de taffetas gommé et fréquemment renouvelées, déoubilus ventral.

Tympanite. — Enveloppements permanents de l'abdomen dans les compresses froides recouvertes de taffetas gommé, lavements de camomille et de poudre de charbon végétal, eau de chaux.

Accidents cardiaques. — Injections sous-cutanées de caféine, digitale tous les 3 jours,

206 COMI'LICATI'ONS CHEZ LES ENFANTS

Hèmorrhagie intesiinale. — Immobilité, par conséquent suspension des bains, opium à doses suffisantes pour immobiliser l'intestin (0 gr. 01 toutes les heures), glace sur le ventre, potion avec perchlorure de fer.

Péritonite localisée. — Glace sur le ventre. Immobilité. Opium à haute dose. Suspension de l'alimentation buccale. — V . par perforation : Je ne l'ai jamais observée chez l'enfant, mais je n'y verrais d'autre remède qu'une laparotomie immédiate.

Accidents laryngés. — Pulvérisations toutes les deux heures, avec un pulvérisateur à vapeur, d'une solution de benzoate de soude et de borate de soude, ou de bichlorure à 0,20 p. 1000, ou d'acide phénique à 5 p. 1000.

Ahces. — Incision immédiate et drainage, bains additionnés d'acide borique ou de sublimé.

Escliares. — Lotions et pansements antiseptiques occlusifs. Matelas d'eau. Pansements au vin aromatique, avec .une solution de chloral 1/100, ou pulvérulents : poudre de quinquina et de salol, d'acide borique et de bismuth.

Fîèsvre typlioïde chez les personnes âgées.

La fièvre typhoïde, chez les personnes âgées, est d'un pronostic très sévère; ce fait découle de toutes les statistiques. On peut dire que, chez les vieillards, la mortalité est d'autant plus grande que l'âge est plus avancé, allant de 21 à 50 % .

Le caractère dominant de la dothiénentérie chez les gens âgés est Yachjmmie, qui existe d'un bout à l'autre de son évolution, et ne se trouve nullement en rapport avec l'état des organes viscéraux.

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