L'examen du sang
. Les modifications dela formule sanguine sont connues depuis longtemps chez les malades atteints de goitre exophtalmique.
Basedow insistait déjà sur leur anémie qu’il comparait à la chlorose.
Kocher résume en 1908 des recherches nombreuses : il voit dans la Maladie de Basedow une formule presque constante avec leucanémie, leucopénie neutrophile et
= 9 — lymphocytose absolue ou relative, sans diminution du nombre de globules rouges. Il compte en général 5.000 globules blancs au lieu de 7.000 chiffe normal. Le taux des polynucléaires est réduit de 795 % à 35 %.
Jl y a au contraire augmentation du nombre absolu et relatif des lymphocytes. Pas de grandes variations du nombre des éosinophiles.
Ces: modifications sanguines seraient très précoces et permettraient de déceler les cas au début ou les cas frustes.
Mais il y a plus : Kocher admet que le retour de la formule sanguine à la normale apparaissant souvent assez longtemps après un acte opératoire, évolue parallèlement à la guérison : si les leucocytes surtout neutrophiles augmentent de nombre, et si plus tardivement les lymphocytes sont moins nombreux, la guérison peut être affirmée.
De telles conclusions suscitèrent bien des objections.
Dès 1908, Caro et Ciuffini, qui confirment dans l'ensemble les observations de Kocher, montrent que la formule sanguine typique ne se retrouve pas dans des cas de Basedow indiscutables, qu’elle peut être constatée dans des formes frustes, et dans des cas de tachycardie où l’on ne peut vraiment pas parler de goitre exophtalmique, qu’il n’y a pas de parallélisme absolu entre les cas qui doivent guérir et le retour de la formule sanguine à la normale, qu’enfin bien des conditions, en particulier l’ingestion de thyroïdine, donnent une formule semblable.
Roth (1910) est d’un avis voisin ; il signale en outre
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le rôle de l’hypertrophie ganglionnaire et thymique dans la production de la leucocytose (deux cas d’autopsie).
Carpi retrouve dans certains goitres simples la leucopénie, et Giordano la lymphocytose.
Expérimentalement, Clairet, injectant de l'extrait thyroïdien à des lapins, obtient de l’hyperleucocytose.
Mac Carrisson ne voit dans les modifications de la formule sanguine, qu’une raison de rechercher l’existence de parasites intestinaux (éosinophilie). Il observe d’aiileurs les mêmes modifications dans le goitre simple et dans le myxædème. |
La plupart des recherches modernes montrent, dit Sainton, que la formule de Kocher est à réviser : infidèle pour le diagnostic, inconstante dans des cas indubitables, elle ne peut en aucun cas guider le pronostic.