‹ Thérapeutique de la Maladie de Basedow: Indications et Résultats du Traitement ChirurgicalChapitre 32 sur 91 · RÉ TRE · texte numérisé non relu

RÉ TRE

(Landstrôm), la preuve de cause à effet n’est d’ailleurs pas nettement établie.

Un cas de mort de von Janrreg.

De Quervain (1923) groupe les inconvénients sous À chefs :

1° Les poussées aiguës d’hyperthyroïdisme analogues à celles que produit l’intervention sanglante: délire, diarrhée, tachycardie (cf. l'observation 26 de Bérard in Peycelon, et Cotte, 1925).

2° Les radiodermites : la peau sensible des basedowiens présente facilement une pigmentation disgracieuse avec apparition de petites télangiectasies, que les progrès de technique n’évitent pas toujours, de Quervain a même vu la nécrose complète de la peau et des plans sous-jacents jusqu’à la trachée.

3° Etant donné l'impossibilité d’un dosage rigoureux et l’action cumulative des rayons: la possibilité de myxædème.

4° Les difficultés opératoires (sclérose, disparition des plans de clivage) si on doit plus tard recourir à la chirurgie.

Curschmann considère les R. X. comme le traitement

de choix : pour lui la technique permet d’éviter les brû- lures cutanées, les adhérences sont peu importantes si on opère plus tard. Il observe cependant 2 cas de myxœdème, sans doute le traitement avait-il été un peu trop prolongé (6 séances). Les signes de myxœdème apparurent 1.mois 1/2 après la dernière séance, l’opothérapie les fit rétrocéder. |

Après la radiothérapie, la tétanie peut apparaitre,

on

mais surtout il semble que les accidents tétaniques après thyroïdectomie sont plus fréquents chez les malades qui ont été irradiés (Jackson, Sudek, Lied).

La complication, sur laquelle les chirurgiens s’étendent le plus volontiers, est la créalion d’adhérences périthyroïdiennes rendant impossible l'extériorisation du corps thyroïde, unissant intimement la glande au paquet carotidien, exposant à la blessure du récurrent, aux lésions des parathyroïdes : von Eiselsberg la signalée déjà, Mayo, Melchior, Hildebrand y insistent. Elle semble cependant une complication inconstante et que devraient surmonter les perfectionnements actuels de la technique. En réalité la question n’est pas là : si la radiothérapie devait assurer la guérison du goitre exophtalmique dans un nombre élevé-de cas, la difficullté que présenterait une opération, le plus souvent inulile, ne serait pas une raison suffisante pour se priver de ce moyen précieux de traitement.

Les échecs

Les statistiques que nous avons citées en donnent peu.

D’autres auteurs sont moins favorables.

Kraus compte 3 échecs sur 4 cas, pour lui les R. X. n’améliorent en rien le pronostic de la Maladie de Basedow.

Doban, 4 échecs sur 13 cas.

Kobto est nettement défavorable à ce traitement.

Insuccès fréquents, améliorations transitoires, tel est

l'avis de Wallace, Franck, Hildebrand, Berkmann, Mayo. |

Crile place l’efficacité de la radiothérapie entre celle des’ simples. ligatures et ceile de la résection de la glande.

Bérard, après l’avoir beaucoup employée, en discute les résultats dans la thèse de Peycelon : sur 8 cas traités, 4 n’ont subi aucune modification, 4 furent améliorés de façon transitoire sans qu’on put jamais parler de guérison.

Schadelmose et Fenger accusent récemment 15,6 % de mortalité après traitement par R. X.

Les indications de la radiothérapie

Sainton lui fait une large place.

Marcel Labbé estime qu’elle stabilise et rend plus durables les résultats obtenus par le traitement iodé.

Lian en fait le traitement de choix des goitres exophtalmiques avec troubles cardiaques.

Abrami donne la première place au traitement iodé dont il consolide l’action par quelques séances de R. X.

Il ne faut pas simplement en faire avec Bérard un gesle presque sûrement condamné à l’insuccès, en cas de refus du traitement chirurgical, ou de contre-indication à une opération.

Ses indications sont plus larges :

— Cas au début.

— Cas avancés mais sans allure suraiguë, chez. des sujets pouvant faire les frais d’un traitement prolongé.

— Cas très avancés où le moindre acte chirurgical semble voué au désastre. |

— Tous les cas de l'enfant (Testard).

— Les échecs du traitement chirurgical.

Il ne semble pas par contre que la radiothérapie préalable rende plus efficace le traitement chirurgical.

Pour Richardson et Means, la ligature de l'artère thyroïdienne supérieure semble un peu plus efficace chez les malades irradiés ; un traitement préalable par R. X. n’améliore pas les résultats de la thyroïdectomie ; le myxœdème, par contre, ne semble pas plus fréquent après la radiothérapie précédant l'opération.

Nous citons à titre d'exemple l’observation d’une malade traitée par la radiothérapie ; il y a eu une amélioration mais on est loin de la guérison :

Observation XVIII

Résumé. — Maladie de Basedow à poussées successives ; traitée uniquement par la radiothérapie : revue 3 ans après, amélioration.

Mme Pe... (Clarisse), 30 ans, présente une Maladie de Basedow qui a débuté brusquement à l’âge de 10 ans : le corps thyroïde est du volume d'une petite orange, le pouls est très rapide (120) sans autre trouble cardiaque, le tremblement empêche toute occupation. En même temps, l'état général est gravement touché : amaïigrissement quasi-squelettique, diarrhée, émotivité excessive.

Des traitements variés,mais peu longtemps appliqués, tels que l’iode, l'extrait d'ovaire, l'électricité n amènent aucun soulagement.

L'apparition des règles à l'âge de 16 ans semble stabiliser

SYLVAIN BLONDIN d

dupe

cette évolution grave. Elle se marie à 21 ans,mène à bien uné grossesse un an plus tard, mais l'accouchement est difficile (forceps, déchirure large du périnée, infection puerpérale).

A ce moment (1921) nouvelle poussée de la maladie de Basedow : amaigrissement de 18 kil. en 3 mois, tachycardie considérable, 420140 avec arythmie complète. Des séances de radiothérapie sont mal supportées.

L'état demeure à peu près stationnaire jusqu'en 1926, elle présente alors une nouvelle poussée aiguë.

Elle consulte à cette époque, en très mauvais état, M. Alajouanine : le pouls bat à 200, difficilement comptable, le tremblement est intense même au repos, l’amaigrissement est évident. La malade est dans un état d'instabilité perpétuelle. Elle présente en outre de petites hémoptysies de sang rouge sans fièvre, sans autre trouble fonctionnel. M, Alajouanine conseille des séances de R. X., qui sont exécutées par le Dr Gibert : 30 séances produisent une amélioration considérable, elle engraisse de 10 kil,, et depuis 1928 ne se plaint plus de son goitre exophtalmique.

Elle nous est adressée par notre ami R. Kaufmann, à l'occasion de lésions banales-de salpingite, et nous l’examinons le 12 juillet 1929. Bien que la malade n’accuseaucun trouble, elle présente l'aspect évident de la Maladie de Basedow : ce corps thyroïde est peu augmenté de volume, légèrement saillant, mais d'apparence très vasculaire. L'exophtalmie persiste bilatérale et considérable. Le tremblement apparaît au moindre geste. Le malade s'impatiente, s'énerve, se plaint de sueurs, de crampes, de douleurs viscérales profondes et variées : tout travail lui est interdit. Le pouls bat à 90-100, il s'élève par instants à 110-120. L'auscultation révèle un petit souffle méso-systolique endapexien.

L'état général est médiocre, depuis deux mois Mme Pe... a maigri de3 kg. Elle ne présente cependant pas de troubles digestifs, pas de diarrhée ; depuis 2 mois, elle n'a pas vu survenir ses règles.

Page 1