‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 25 sur 88 · I-JU dyspepsie NERVO-MOTKICE · texte numérisé non relu

I-JU dyspepsie NERVO-MOTKICE

lion du suc gastrique. Il en résulte que, si ce mode d'intervention peut être utile chez les dyspeptiques nervo-moteurs, chez lesquels l'atonie sécrétoire accompagne souvent l'atonie motrice, elle est contreindiquée chez les hyperchlorhydriques, chez lesquels la sécrétion doit être non pas excitée et augmentée, mais calmée et diminuée. — L'électrisation extérieure, par galvanisation ou faradisation, parait réellement atteindre l'estomac lorsqu'on se sert d'électrodes suffisamment étendues, bien mouillées : elle est en tout cas d'une application facile et exempte de toute espèce d'inconvénient.

Moyens pliysiqnes de coutention «le l'abdomen.

Les phénomènes de la dyspepsie nervo-motrice ont été attribués par Glénard (1) à l'entéroptose, c'est-àdire à la chute de lamasse intestinale, mal soutenue par les parois abdominales. Il en résulterait en particulier un tiraillement très marqué sur certains points du mésentère et des plexus nerveux. La réalité de cette chute de la masse intestinale n'est pas douteuse dans quelques cas particuliers, chez des femmes qui ont eu des grossesses successives, chez des individus obèses qui ont maigri d'une façon accentuée. Il y a souvent tendance à une véritable pantoptose, tous les organes suspendus dans l'abdomen tendant à tomber en vertu de la même raison. Dans ces conditions, l'application d'un bandage abdominal bien fait, soulage notablement les malades. M. Glénard en a donné un bon modèle. Nous faisons volontiers porter en cas semblable par les malades une ceinture constituée par trois bandes de laine tricotée, superposées en arrière, simplement imbri-

(1) Voir plus loin le chapitre intitulé Entéroptosc.

MÉDICATION EXCITO-MOTRICE 131

nuées en avant, fixées pai- des épingles de nourrice Celte ceintnre fort sin.plc a l'avantage de pouvo toujonrs s'appliquer très exactement, les tro.s band vesLnt indipendantes les nnes des autres. La bande inférieure, «lui tend à remonter, peut être fixée par des sous-cuisses ou par des rubans élastiques attachés aux bas.

Médication excito-motriee. - Y-a-t-il des médicaments dont l'action soit pins particulièrement d exciter la contractilitéde la musculature gastrique? Les recherches faites dans ce sens sont peu nombreuses encore, et les méthodes expérimentales sur lesquelles elles sont basées n'ont pas toutes une égale valeur. Klemperer a fait quelques recherches par le procédé de l'huile qui consiste à faire absorber 150 grammes d'huile d'olive avant le repas d'épreuve ; on fait alors ingérer les aliments et les substances mises en expérience, et l'on vide l'estomac au bout d'un temps donné. On extrait l'huile par l'éther. La motricité gastrique est considérée comme d'autant plus -active qu'il reste moins d'huile dans l'estomac. La méthode n'est certainement pas irréprochable, car il n'est pas indifférent de faire ingérer 150 gr. d'huile pure; la présence de cette substance peut influencer par elle-même le fonctionnement de l'estomac, on n'est plus là dans des conditions normales. Quoi qu'il en soit, d'après Klemperer, l'alcool, les amers, la strychnine sont des excitants de la motilité gastrique. L'action excitomotrice de l'alcool a été contestée par plusieurs auteurs.

Ewald, mesurant la motricité stomacale par le procédé du salol, a admis également que la strychnine excite la motilité de l'estomac (1).

(1) La méthode du salol consiste en ceci: on fait ingérer aux

DVSPEr'SiK Mcavo-MciTuici.: |

L'acide chlorIiydri(iuc amènerait un retard dans l'évacuation de l'estomac. Klemperer admet de même ' que l'élévation du taux de l'acidité du suc gastrique | n'exagère pas sa motricité, et qu'un excès d'HGI j amène au contraire un ralentissement de l'évacuation gastrique. Cela va bien avec ce que l'on sait de l'hyperchlorhydrie avec hypersécrétion qui s'accom- I pagne si habituellement de dilatation et de stase.

Pour Marcone (1), les amers, ingérés en même temps que les aliments, augmentent la quantité du \ suc gastrique, son activité, et aussi la motricité des parois musculaires de l'estomac.

En somme, on ne sait donc que fort peu de chose , sur le point qui nous occupe en ce moment.

Pour notre compte, nous considérons, d'après les résultats obtenus surtout dans le traitement de la dyspepsie flatulente, l'ipéca à faible dose comme le meilleur des médicaments excito-moteurs de la musculature gastrique. On peut employer la poudre

malades que l'on veut examiner une dose do salol (1 à 2 gr.). On sait que le salol reste inaltaqué dans l'estomac, mais que, dans l'intestin, au contact du suc pancréatique, il se dédouble en acide salicylique et en phénol L'acido salicylique est recherché dans les urines à l'aide du perchloruro de fer, de quart d'heure en quart d'heure. 11 donne, lorsqu'il y existe, en présence du perchlorure une couleur bleu foncé, très accentuée. La réaction apparaîtrait d'autant plus rapidement dans les urines que la motilité de l'estomac serait plus active. Le retard serait marqué en cas d'atonie et de stase.

Les conclusions d'Ewald ont été contestées, on a dit que ce qu'il y avait de plus significatif, c'était la durée de la persistance de l'acide salicylique dans l'urine. Cet acide s'éliminerait d'autant plus lentement que la motricité gastrique serait plus insuffisante. Dans ces derniers temps même, on a objecté que l'on pourrait trouver du phénol résultant do la décomposition du salol directement dans le suc gastrique, ce qui ruinerait la méthode elle-même (Reale et Grande).

Société de médecine interne de Berlin, 29 octobre 1888.

{l) Rifoi'7na Medica, juin i89i.

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