GASTRITES CHRONIQUES
Dans les cas moins graves, ou lorsqu'il y a déjà une amélioration notable, on prescrira le régime lacté, les alcalins à dose élevée : le régime sera à peu près celui qui convient à la gastrite ulcéreuse. Comme calmant, un peu de laudanum ou de morphine.
Dans les cas très légers, destinés à guérir prochainement, le repos de l'organe au début, la diète par conséquent, puis le régime lacté, une alimentation légère, des eaux alcalines, des boissons chaudes, répondront parfaitement aux indications.
De la gastrite suppurée, qui est une rareté très grande, nous ne dirons qu'un mot. C'est une maladie très grave, qui évolue souvent avec des phénomènes généraux très intenses, et qui est d'un diagnostic difficile. On la traitera comme une gastrite toxique très aiguë. On combattra de plus la fièvre et les phénomènes typhoïdes
Gastrites chroniques. — Depuis longtemps déjà, le mucus dans les vomissements est considéré comme la caractéristique de la gastrite catarrhale. On admet que les glandes à mucus du revêtement épilhélial de la muqueuse et les conduits excréteurs des glandes peuvent, dans les cas d'inflammation légère, superficielle, fournir une quantité considérable de mucus. Dans les cas plus graves, plus profonds, les cellules principales elles-mêmes pourraient subir la transformation muqueuse, et fournir également leur contingent de mucus.
Au contraire, les cellules bordantes ou délomorphes traduiraient leur excitation par une sécrétion exagérée d'HCl, et donneraient lieu à l'hypersécrétion (^hlorhydrique. Il y aurait donc deux variétés de catarrhe gastrique chronique, le calarrhre miiqueicv el
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le catarrhe acide de Jaworski et Korczinski, admis par llayem, que l'on pourrait appeler catarrhe hyperchlorhyàrique. Il peut y avoir encore airophie de l'élément glandulaire, gastrite atrophique et, enfm, .sr/erow hypertrophiqiie sous-muqueuse : c'est la Unité plastique de Brinton, bien étudiée depuis par Hanot et Gombaut, et par Pilliet.
Gastrite avec hypersécrétion luuqnense. — L'hypersécrétion muqueuse n'est pas douteuse dans bien des casde gastrite chronique. Cependant le mucus n'est pas très facile à démontrer. Les vomissements filants ne doivent pas toujours cette qualité à la présence du mucus gastrique; en effet, la pituite des alcooliques renferme beaucoup de salive, comme Frerichs l'a reconnu le premier. La lenteur de la filtration du suc gastrique peut être due en partie à la présence des albumines dissoutes. Enfin il est assez diflicile d'apprécier, par l'opalescence à laquelle donne lieu l'acide acétique en précipitant la mucine, la richesse vraie d'un suc gastrique en mucus.
L'hypersécrétion muqueuse n'exclut nullement l'hyperséci'étion chlorhydrique. Elle peutaller d'autre part avec l'hypochlorhydrie. Le mucus disparait, par contre, lorsqu'il y a destruction, atrophie complète de la muqueuse (Jaworski). Ce serait là un signe des plus graves, au point de vue du pronostic.
11 résulte forcément de tout cela que la gastrite chronique peut aller avec toutes les formes de la dyspepsie chimique.
En général, non plus, elle ne réclame pas de traitement particulier.
L'excès de mucus est considéré comme très nuisible ; il envelopperait les particules alimentaires d'une sorte de vernis isolant capable de les rendre inattaqua-
GASTRITES CnRONIQUEh
i.lo. parle suc gastrique. Aussi a-L-on cherché à faire disparaître ce mucus. Pour cela on a naturellemenl employé les eaux alcalines, soit en boisson, soit en
lavages. •
11 est certain que le lavage de l'estomac donne de bons résultats, lorsqu'il y a à la fois sécrétion muqueuse exagérée et tendance àla stase gastrique. Ces lavages seront faits à l'eau alcaline.
Gastrite avec Iiypcrsccrétion chlorliydrique. — Qu'il y ait ou non gastrite, le tra;itement de l'hyperchlorhydrie sera toujours celui que nous avons indiqué antérieurement; nous y renverrons purement
et simplement.
Gastrite atrophîqne. — Toute gastrite grave et prolongée tend à l'atrophie de la muqueuse et à la dilatation du ventricule. Ainsi se trouvent constituées les grandes dilatations irréductibles dont nous avons indiqué le traitement. 11 ne faut pas oublier que l'on attribue l'anémie pernicieuse à la gastrite atrophique.
Gastrite avec sclérose sons- muqueuse hypertroplilque. — On a quelquefois une grande difficulté à distinguer ces faits en clinique du cancer de l'estomac, on a quelquefois de grandes difficultés h les distinguer même sur la table deramphithéàtre, même par l'examen histologique. Leur gravité n'est guère inférieure à celle du cancer, leur traitement sera le
même.