CANCER DE L ESTOMAC
C'est donc que les indications les plus importantes sont de délivrer Testomac de sa surcharge, et de rendre son contenu moins irritant, en le rendant moins acide. N'est-il pas évident que, dans ces conditions, le lavage évacuateur et l'administration des alcalins à dose élevée devront être préférés à 1 emploi de l'acide chlorhydrique?
Dans le but de diminuer les fermentations gastriques, on peut avoir recours à l'eau chloroformée à l'eau sulfocarbonée, au naphtol, à l'eau boriquee. il ne faut pas oublier que le cancer de l'estomac ne va gnère sans une gastrite étendue, et que certains antiseptiques paraissent très irritants pour la muqueuse. Nous employons volontiers l'eau boriquee saturée dans ces conditions. Elle parait inoffensive, on peut la donner à la dose de 150 à 300 grammes par jour.
La mauvaise élaboration des aliments, l'imperméabilité plus ou moins grande du pylore, peuvent être des causes de véritable inanition. Comment la combattre? La chose serait aisée si l'on savait fabriquer des peptones et d'autres produits de digestion artificielle directement assimilables; malheureusement les peptones sont généralement mal tolérées, et elles provoquent soit des vomissements, soit de la diarrhée.
On a cherché ici encore à faire l'alimentation par la voie rectale. On fait facilement ingérer de cette façon une quantité d'eau qui peut aller de 150 à 300 grammes, et même quelquefois plus. 11 est beaucoup plus difficile de faire supporter la peptone, les œufs, le lait, les bouillons plus ou moins concentrés qu'on a souvent ajoutés aux lavements alimentaires.
•^'■^ CANCEU UK l'estomac
On pourra jjar le reclum faire absorber une petite quantité de cognac à litre de tonique.
Au même titre on pourra faire des injections souscutanées de caféine, de phosphate de soude.
Comment combattre les doîdenrs quelquefois si atroces du cancer de l'estomac? Chemin faisant nous avons montré quel bénéfice on pouvait tirer du lavage de l'estomac, de l'administration des alcalins à dose relativement élevée. Quand cela ne suffit pas, il faut avoir recours aux calmants tirbituels de la douleur, que nous avons énumérés ailleurs. Il n'y il ici aucune réserve h faire, il n'y a pas à craindre la niorphiomanie comme avec l'ulcère simple.
Les vonmsements dans le cancer de l'estomac sont loin de se présenter toujours de la même façon. Ils reconnaissent certainement dans les différents cas un mécanisme tout à fait dissemblable. C'est une chose qu'a bien mise en relief M. Jaccoud.
Nous avons déjà signalé les grands vomissements évacuateurs qui sont dus à l'imperméabilité du pylore; ce sont les vomissements rares et abondants de la grande (Ulatation mécanique de Testomac. Quelquefois les vomissements surviennent à la suite de rrises de douleurs; ils sont sans doute d'origine réflexe, et reconnaissent un mécanisme analogue aux vomissements de l'ulcère simple ou de l'hypercidorhydrie. Enfin on observe quelquefois de véritables signes d'f?»&f«7-(rs gastrique^ auxquels succèdent les vomissements.
Ces derniers sont justiciables du lavage de l'estomac.
Les vomissemements réflexes qui accompagnent assez souvent des phénomènes douloureux seront
TRAITEMENT CHIRURGICAL -l'ii
siu-lout traités par les calmants de la douleur, par la glace à l'intérieur, l'eau chloroformée, les boissons gazeuses, etc.
La gastrorrhagie sera traitée par les moyens habituels.
Pour terminer, nous dirons encore ciuelques mois du traitement chirimjical . Il peut èive mratif ow pdlintif (1).
Le traitement curatif ne peut être employé de propos délibéré que dans un petit nombre de cas. Pour intervenir avec quelque chance de succès, il laudrait le faire de très bonne heure et extirper la lésion cancéreuse tout à fait à son début, alors qu'elle est très limitée, qu'il n'y a pas d'adénopathie similaire. Malheureusement le diagnostic n'est en général établi que trop tardivement, et, la laparotomie l'aile, on se trouve en présence d'adhérences, d'une lésion plus complexe qu'on ne le supposait et de ganglions secondairement dégénérés.
La fjastro-eiitérostomie est au contraire beaucoup plus souvent réalisable ; elle consiste à aboucher la grande courbure vers son extrémité pylorique avec une anse intestinale dans le voisinage du duodénum. Nous avons dit déjà qu'on pouvait alors c(mstater une amélioration surprenante, voir disparaître la douleur, les vomissements et revenir les forces. Malheureusement cette opération est purement palliative, elle ne peut pas avoir la prétention de guérir la maladie elle-même.
Tout cela est peu encourageant; en terminant nous tenons toutefois, comme nous l'avons fait au début, il engager le médecin à lutter quand même. Il sou-
(I) GuiNAnn, loc.
cilfil.
•>'<-^ CANCER DE l'eSTOMAC
laf^era loujours ses malades, c'est quelque chose. Rl puis, le diagnostic du cancer est chose parfois si difficile qu'on a obtenu quelquefois des guérisoiis tout à fait inespérées. On se trouvait en présence de faux cancers de l'estomac. Peut-être si l'on avait conservé l'espoir suffisamment aurait-on guéri, quelques faux cancéreux qu'un traitement plus actif, plus méthodique, eût sauvés! Il faut toujours se conduire comme si l'on était en présence d'un faux cancer.