‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 8 sur 88 · EXPLORATION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

EXPLORATION EXTÉRIEURE

loujours de liquide, alors qu'on a déterminé par la succussion digitale un clapotage d'apparence stomacale.

La succussion hippocratique donne, à notre sens, une certitude plus grande. Elle détermine un bruit de flot dont il est en général facile de discerner, d'après son timbre, l'origine stomacale ou intestinale; son timbre et sa tonalité donnent de plus une indication sur les dimensions de la cavité dans laquelle ce flot se produit.

Si l'on s'astreint à ne diagnostiquer la dilatation de l'estomac avec stase permanente que par l'exploration pratiquée le matin à jeun, et surtout si l'on contrôle les résultats de cette exploration par le lavage de l'estomac, on arrive à restreindre singulièrement la proportion des vrais dilatés de l'estomac.

La dilatation avec stase permanente n'est pas du reste une unité pathologique; c'est l'aboutissant commun d'états morbides différents. On peut y trouver les processus chimiques les plus opposés, l'hyperchlorhydrie ausssi bien que l'hypochlorhydrie.

L'exploration du gros intestin se fait d'une façon générale d'après les mêmes principes que l'exploration de l'estomac, et, mutatis mutandis^ l'on peut appliquer à celle-ci ce que nous avons dit de celle-là.

Pour favoriser l'exploration du côlon et la détermination de ses limites, on peut le distendre par des gaz. V. Ziemssen, qui a le premier conseillé cette manœuvre, introduisait dans le rectum d'abord une solution de bicarbonate de soude, puis une solution d'acide tartrique.

Il est plus simple d'introduire directement, soit de l'acide carbonique tout préparé, soit de l'air atmosphérique; on a prétendu, il est vrai, qu'il valait

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mieux se servir de l'acide carbonique parce que l'excitalion qu'exerce ce gaz sur la muqueuse amène; l'occlusion de la valvule iléo-cœcale, tandis que l'air pénétrerait dans l'intestin grêle et distendrait sa partie inférieure.

En tout cas, pour faire TinsufFlation du côlon, il faut le vider préalablement par un lavement évacuateur ; on introduit alors le plus profondément possible dans le rectum, soit une sonde uréthrale, soit une sonde œsophagienne en caoutchouc rouge. La sonde est mise en communication soit avec un appareil insufflateur ad hoc, soit avec un siphon d'eau de Seltz renversé, soit encore avec un réservoir renfermant de l'acide carbonique liquide. Cette insufflation doit se faire lentement, de façon à ne produire qu'une dilatation progressive, sans secousses et sans tension exagérée.

L'avantage de cette pratique est de permettre de mieux déterminer les limites du côlon, de le difierencier de l'estomac, d'indiquer plus facilement quels sont ses rapports avec une tumeur abdominale, de savoir s'il est atteint de rétrécissement.

Ce procédé d'examen n'est guère usité en France, sans doute à cause de ses inconvénients possibles.

Simon a recommandé, dans un but analogue de diagnostic, d'injecter de l'eau par le rectum. A l'état normal, le malade étant placé dans la position génupectorale, on pourrait par une sonde profondément enfoncée, introduire 2 à 5 litres d'eau; en cas de rétrécissement de la partie inférieure du gros intestin, on ne pourrait faire pénétrer qu'une quantité d"eau beaucoup moins considérable.

Pour juger de la situation de certaines tumeurs abdominales, Minkowski a conseillé d'emplir le côlon

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d'eau, et l'estomac de gaz. On aurait ainsi deux points de repère importants.

II. Exploration iutérienrc el examen' chiniîqne de la digestion gastrique {!). — L'exploralion intérieure de l'estomac se fait à l'aide du siphon élastique, l'usage de la pompe de Kussmaul ayant été complètement abandonné. Cette exploration permet de savoir comment se fait l'évacuation des aliments après le repas. C'est là le procédé d'examen dû àLeube.EUe permet aussi d'extraire du liquide de l'estomac pendant la digestion et de l'étudier chimiquement. Cette étude du chimisme stomacal, inaugurée en Allemagne il y a quelques années, a provoqué de nombreux travaux. Ce mouvement n'est pas terminé encore. Après avoir étudié le suc gastrique par des réactifs purementç'i^rt- Ufatifs, on a proposé divers procédés d'examen quantitatif. Le meilleur est celui qu'ont employé en France MM. Hayem et Winter; nous tenons d'autant plus à leur rendre cet hommage mérité, que nous serons amené, par la suite, à discuter et à rejeter un certain nombre de leurs conclusions. Malheureusement, on n'a pas fait, pour l'exploration chimique de l'intestin en clinique, les mêmes progrès que pourl'estomac; ilen résulte que notre ignorance reste grande sur la digestion intestinale dans les diverses dyspepsies, et que, les anomalies de la digestion stomacale étant mieux connues, on tend à leur donner en pathologie générale et en clinique, une

(1) On a proijosc ù plusieurs reprises d'éclairer la cavité de 1 estomac par l'électricité, et de l'examiner, soit par transparence, sou par un tube muni d'appareils réflecteurs. (M Richmann, T/ierap. Moiials/ieft., mars 1892.)

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importance exagérée. C'est une tendance contre laquelle il importe de réagir.

Il est malheureusement peu à espérer de voir bientôt se dissiper notre ignorance sur le processus digestif dans l'intestin chez les dyspeptiques de divers ordre, à cause des difficultés considérables que présente une étude de ce genre. L'analyse du contenu de l'intestin chez l'homme dans les divers états morbides ne pouvant se faire comme celle du contenu stomacal, on ne peut qu'analyser les aliments à leur entrée, déterminer le chimisme gastrique et doser les excréta de divers ordres. Dans cette étude, l'analyse méthodique des matières fécales devrait tenir la première place. Malheureusement des recherches de ce genre réclament non seulement beaucoup de temps, une installation de laboratoire compliquée, mais aussi des connaissances de chimie pratique que des médecins ne peuvent guère posséder.

Nous en sommes donc réduits, pour ce qui est de la dyspepsie intestinale, à ne retenir que ces données brutes : l'existence de la diarrhée ou de la constipation, du tympanisme et de la douleur. C'est peu; malgré cela, on a fait depuis quelques années de sérieux progrès dans la connaissance des dyspepsies gastro-intestinales, primitives et secondaires.

Revenons à l'exploration intérieure de l'estomac par le siphon élastique. Nous allons en indiquer la technique avec quelque détail. Le passage de la sonde est en effet l'opération principale du repas d'épreuve, du lavage et du gavage de l'estomac, qui ont une si grande importance pour le diagnostic et pour le traitement des maladies de cet organe.

Tout d'abord, de quel instrument se servi ra-t-on?

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