‹ Thérapeutique des maladies de l'intestinChapitre 17 sur 55 · TRAITEMENT DES PHÉNOMÈNES DOULOUREUX · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES PHÉNOMÈNES DOULOUREUX

sans phénomènes de colite muco-membraneusc Quan l à la codéine, j e l'ai ordonnée assez souven t chez des malades qui présentaient de l'entéralgie, et j'ai pu nettement me convaincre de son utilité.

A propos de la constipation et de l'entérite mucomembraneuse, nous aurons à revenir plus tard sur ce qu'il convient de faire en cas de spasmes douloureux du côlon.

Traitement de» phénomènes douloureux. — Il y a à cet égard deux ordres d'indications qu'il ne faut pas confondre : l'indication causale et l'indication symptomatique. Il faut s'efforcer de faire disparaître la cause même de la douleur. Si, par exemple, il existe une stase des matières fécales et des coliques dues à la contraction péristaltique exagérée des anses intestinales au-dessus de l'obstacle, on ferait fausse route en traitant la douleur par la morphine ou l'opium, car on rendrait ainsi la constipation plus tenace encore. Il est évident qu'en cas semblable l'indication principale esi de faire disparaître la constipation ; celle-ci disparue, si la douleur persiste, il conviendra de la traiter directement.

La douleur intestinale peut être combattue par des moyens différents; les applications chaudes, les bains chauds se montreront utiles dans certains cas, surtout lorsqu'il y a des crises dues à l'existence de la colite muco-membraneuse. Chez les nerveux, on pourra obtenir par les douches chaudes en même temps l'atténuation du nervosisme général et la diminution des phénomènes douloureux.

La faradisation à l'aide du pinceau métallique, de même du reste que les autres modes de la révulsion cutanée, sera surtout utile chez les neurasthéniques ou les hystériques qui présentent de la douleur topo-»

algique, c'est-à-dire une perception pénible dans laquelle l'imagination , la conviction de l'existence réelle d'une douleur jouent Iç principal rôle.

Lorsque la douleur coïncide avec la constipation, on aura recours à la belladone, qui présente, contrairement à l'opium et à ses dérivés, des propriétés laxatives nettement accusées.

En cas contraire, en présence de mouvements péristaltiques exagérés sans constipation marquée, et surtout lorsque les phénomènes douloureux coïncident avec de la diarrhée, on se servira de préférence de l'opium et de la morphine.

Lorsqu'il s'agit de crises douloureuses qui ont le côlon pour siège, on pourradonner depetits lavements chauds additionnés d'une petite quantité de laudanum. Quelquefois les petits lavements chauds sans laudanum amènent déjà une notable amélioration.

On pourra aussi ordonner dans les mômes conditions les suppositoires calmants.

Dans certaines circonstances, assez mal déterminées, le mélange d'opium et de belladone agit beaucoup mieux que l'un ou l'autre de ces médicaments pris isolément.

Les autres calmants usités contre les douleurs stomacales n'ont guère de prise sur les douleurs intestinales. L'exlraitgras de cannabis indica se montre cependant quelquefois utile, cela surtout dans les crises entéralgiques très intenses.

Dans les crises de ce genre on est parfois amené à avoir recours aux injections hypodermiques de morphine. Ces injections sont certainement le plus puissant des calmants ici comme partout ailleurs ; mais il est toujours à craindre que les malades ne s'y accoutument, n'y prennent un goût trop vif et ne

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