TRAITEMENT DE L'OCCLUSION CHRONIQUE
tion d'eau de seltz. Elle s'opère de la façon la plus simple en mettant un siphon d'eau de seltz en communication par un tube en caoutchouc avec une canule à entéroclyse. Cette injection ne devra pas être faite trop brusquement, mais doucement et par petits coups. Elle représente, en somme, une douche rectale très capable d'exciter les contractions de l'intestin.
En général, ce qu'il convient le mieux de faire, c'est, après avoir essayé l'huile de ricin, d'avoir recours au lavement électrique. Il n'y aura, du reste, jamais aucun inconvénient à employer de bonne heure Télectrisation, et il vaut beaucoup mieux, on ne saurait trop le répéter, la mettre en œuvre avant d'avoir employé des moyens violents, purgatifs ou autres, qui ne font qu'amener plus rapidement l'exagération des symptômes d'occlusion, l'épuisement de la conlractilité de l'intestin et l'épuisement des forces du malade.
Toutefois, l'occlusion par obstruction fécale est la forme avec laquelle il y a le moins de danger à user avec une certaine insistance des purgatifs, des lavements et des injections rectales liquides ou gazeuses.
Rétrécissement organique de l'intestin. — Parmi les causes d'occlusion intestinale les plus fréquentes, il faut citer le rétrécissement de l'intestin par lésion organique, qu'il s'agisse d'un rétrécissement fibreux ou d'un rétrécissement de nature cancéreuse, ou encore d'un rétrécissement par compression extérieure inamovible. Ici, le mécanisme de l'occlusion peut être complexe. En effet, il peut se faire que des matières fécales dures viennent oblitérer la lumière de l'intestin au point rétréci et ajou-
ter, par conséquent, l'obstruction fécale à la sténose. On comprend que, dans ces conditions, le traitement médical, le régime, l'usage des laxatifs puissent, pendant plus ou moins longtemps, assurer la perméabilité de l'intestin ; on comprend même que ce traitement puisse venir à bout de l'obstruction causée par l'arrêt des matières au niveau d'un point rétréci. Cela n'est possible, naturellement, que si le rétrécissement n'est pas trop accentué, et il se peut faire que le traitement médical, après avoir plusieurs fois réussi, reste à un moment donné en échec, en vertu même des progrès de la lésion.
L'intervention chirurgicale deviendra, ici encore, la seule chance de guérison. Il ne peut pas rentrer dans notre plan d'établir, pour le mode de cette intervention, une discussion pour laquelle nous n'avons qu'une compétence restreinte. Nous nous contenterons d'exposer les principales possibilités.
En général, l'opération commencera par une laparotomie exploratrice. En effet, même avec un diagnostic exact de la nature de la lésion, il faudra reconnaître quelle est son étendue, quelle intervention est possible. Il s'agira quelquefois d'un obstacle susceptible d'être levé immédiatement et complètement ; souvent aussi il s'agira d'une lésion irréductible, et la question se posera, soit de supprimer complètement et d'enlever la portion malade d'intestin, soit de tourner simplement l'obstacle en abouchant l'intestin situé au-dessus à l'intestin situé au dessous (1). C'est l'équivalent de la gastrocntérostomie pour le rétrécissement du pylore.
(1) Chaput. De l' en téro -anastomose ou opération de Maisonneuve. Procédés opératoires. Indications. Résultats. (Arch. gènh\ de Méâec, avril 1891.)