TRAITEMENT DE L'OCCLUSION AIGUË
ces opératoires. Larat, dans 230 observations, a obtenu 101 succès.
Il est certain que, dans certains cas d'occlusion due à des brides serrées, la médication électrique n'a aucune chance de succès; mais, quand il existe une obstruction provoquant une paralysie intestinale, l'efficacité de la méthode est reconnus comme absolument incontestable, quoique pourtant, comme Ta signalé Lejars, certaines formes d'iléon soient rebelles à l'électricité. Dans les cancers intestinaux, où les accidents d'occlusion sont dus souvent à des engouements provoquant de la rétention des matières en amont, le lavement électrique prudemment manié ne peut que donner de bons résultats; il est en tout cas exempt de dangers. La péritonite elle-même, d'après Boudet et Larat, n'est pas une contre-indication (?).
L'occlusion due à un obstacle mécanique peut être levée par le traitement électrique — momentanément tout au moins— lorsqu'il y a accumulation fécale et épuisement de l'intestin au dessus du point rétréci.
La seule contre-indication est la faiblesse extrême des malades ; toutefois, Larat déclare avoir vu guérir par le lavement électrique des malades jugés trop épuisés pour subir l'opération chirurgicale.
« Ainsi appliquée, l'électricité n'offre aucun danger, elle est en même temps un excellent moyen de diagnostic, car elle triomphe rapidement de tous les pseudo-étranglements, en ramenant la contractilité musculaire. Les cas sont nombreux aussi dans lesquels elle a réduit une invagination et dégagé un intestin étranglé ; mais, comme le dit Boudet, de Paris, pour qu'on soit en droit d'attendre un résultat
favorable, il faut agir aussitôt que possible après le début des accidents d'occlusion. S'il n'y a pas d'étranglement véritable, une ou deux séances suffisent ordinairement pour rétablir le cours des matières ; s'il y a obstacle mécanique, il faudra faire plusieurs séances ; mais si, après un délai variable suivant les circonstances, mais toujours assez court, l'électricité reste sans effet, l'intervention chirurgicale pourra être requise avec d'autant plus d'espoir qu'il y aura moins de temps perdu en vaines -tentatives. » (Jalaguier.)
Nous n'avons pas à discuter ici le mode de Tinter^ vention chirurgicale dans l'occlusion aiguë ; la question sera traitée avec tous les développements qu'elle comporte dans le volume de cette collection consacré au traitement chirurgical des maladies de l'estomac et de l'intestin par M. Chaput, dont on connaît la compétence particulière en cette matière. Nous nous bornerons seulement à dire que l'opération peut être palliative, simplement, ou avoir la prétention d'être curative.
L'opération palliative consiste dans l'établissement d'un anus contre nature au-dessus de l'obstacle ; elle ne peut naturellement donner de résultats vraiment bons que lorsque l'occlusion siège sur le gros intestin.
En général, le chirurgien fera une laparotomie qui, d'exploratrice simplement, pourra devenir curative, si les circonstances sont favorables. La première condition sera, l'abdomen ouvert, de déterminer le siège et la nature de la lésion.
La laparotomie est toujours, dans ces conditions, une opération très grave, d'autant plus grave que l'occlusion a duré plus longtemps, qu'elle est plus
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complète, que le malade est plus affaibli, qu'il a été soumis à un traitement médical inconsidéré (purgatifs énergiques et répétés, massage, etc.). La durée de l'opération tend aussi singulièrement à assombrir le pronostic ; le médecin aura donc le droit et le devoir de réclamer pour ses malades une opération aussi rapide que possible. La rapidité de l'interven* tion dépend de trois facteurs : la nature des lésions, le mode opératoire, l'habileté de l'opérateur.
Traitement die FoeelvsiM eartniqM. — Dans le traitement de V occlusion chronique, on a plus de temps devant soi, les accidents sont moins intenses, le danger moins imminent; on peut, dans certains cas-, établir plus facilement le diagnostic au double point de vue de la nature et du siège de l'obstacle. On peut donc, assez souvent, formuler un traitement plus en rapport avec le mécanisme de l'occlusion.
Obstruction fécule. — L'occlusion par obstruction fécale est celle qui a donné le plus de succès au traitement purement médical. »
On a vu quelquefois l'obstruction céder au massage ou à l'application du froid sur l'abdomen : compresses imbibées d'eau froide, application de glace, pulvéri*sations au chlorure dé méthyle. Ce sont là des moyens auxquels on peut avoir recours, maia qui ne devront, cependant, venir qu'en seconde ligne. Pour faire le massage, il faut être bien certain qu'il n'y a pas d'ulcérations intestinales, de menace de perforation, de suppuration ou de péritonite. C'est surtout dans le pseudo-étranglement par atonie intestinale^ décrit par Henrot et Thibierge,relativement fréquent chez les vieillards, qu'il conviendrait d'essayer le massage abdominal.
On peut renoncer à donner le mercure métallique,
qui a été autrefois très vanté dans le traitement de l'occlusion; on espérait que le mercure, par son poids, pourrait défaire les invaginations, redresser ou dénouer le volvulus. Certains auteurs (Matignon, Trêves) lui avaient attribué la propriété de désagréger les masses fécales. Il faut renoncer encore à toute la série des pratiques bizarres autrefois conseillées : lavements de tabac, traitement par le café, etc.
Pour combattre l'obstruction fécale, on aura recours surtout aux purgatifs, aux lavements, à l'électrisation interne.
V huilé de ricin est le purgatif de choix dans l'obstruction fécale. On pourra la donner en bloc, à la dose de 20 à. 30 grammes; mais il vaut beaucoup mieux la donner à doses fractionnées, par cuillerées à café, d'heure en heure jusqu'à effet produit.
Les purgatifs salins pourront aussi être employés ; ils sont à ce point de vue inférieurs à l'huile de ricin ; mais, en tout cas, et sous aucun prétexte, on ne devra se servir des drastiques, même à faible dose ; en effet, on ne sait jamais exactement ce que pourra donner une dose d'eau-de-vie allemande, par exemple, capable d'amener lapurgation.
Si l'huile de ricin a échoué, s'il y a des vomissements tels que cette huile n'ait pu être supportée, on pourra avoir recours aux lavements, soit aux lavements purgatifs, soit aux grandes injections coliques.
Comme lavements purgatifs, on se servira alors surtout de lavements additionnés de 20 à 25 grammes de sulfate de soude, soit, pour obtenir un effet plus intense, de lavements constitués par une décoction de 10 à 20 grammes de follicules de séné avec 15 à 25 grammes de sulfate de soude.
On a souvent obtenu un bon résultat par linjec-