CHAPITRE VII
Cancer de l'Intestin.
Le traitement médical du cancer de l'intestin est exclusivement palliatif; cependant l'intervention du médecin peut être réellement utile dans bien des cas; il combattra la douleur et pourra, par des soins bien entendus d'hygiène et d'antisepsie intestinale, permettre une survie assez prolongée.
Le régime lacté est ce qui convient le mieux dans le cancer de l'intestin ; on pourra y adjoindre des œufs, des purées, quelquefois même de la viande hachée ou des poudres alimentaires. D'une façon générale, on donnera une alimentation susceptible de laisser peu de détritus rebelles à la digestion, et qui donne aussi peu que possible prise aux fermentations et à la putréfaction.
Les purgatifs doux, huile de ricin, purgatifs salins, empêchent la stase des matières. Cette obstruelion est souvent favorisée par le rétrécissement du calibre de l'intestin. Cela peut aller jusqu'à l'occlusion complète. Lorsque la lésion siège suffisamment bas, on peut quelquefois rétablir le passage par le cathétérisme pratiqué à l'aide d'une sonde en caoutchouc, ou par l'entéroclyse. Il ne faut pas oublier que ces manœuvres doivent toujours se faire sans violence.
L'antisepsie intestinale rendra aussi des services ;
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elle empêchera dans une certaine mesure l'effet nuisible des auto-intoxications : on aura surtout recours au benzonaphtol.
Dans les cas favorables, lorsque la lésion siège sur le trajet du côlon, ce qui est, du reste, le cas le plus fréquent, on fera avec avantage le lavage antiseptique du gros intestin.
Il serait'aussi logique d'essayer, dans ces conditions, des lavages avec une solution de chlorate de soude : ce serait l'équivalent du traitement de i'épithélioma stomacal par ce médicament.
La douleur sera combattue par des cataplasmes chauds, par des lavements opiacés ou par des injections hypodermiques de morphine.
S'il était possible de penser à l'intervention chirurgicale radicale, ce ne serait qu'au début, à une époque à laquelle, malheureusement, le diagnostic manque le plus souvent de certitude. Plus tard, on ne peut guère que rétablir le cours des matières, de façon que des accidents d'occlusion intestinale ne viennent pas mettre un terme relativement précoce à la vie du malade. On pourrait, dans quelques cas, aboucher l'anse supérieure avec une anse inférieure; mais, en général, dans les cas de cancer de la partie inférieure du côlon, on se contentera d'établir un anus contre nature. Nous renverrons du reste le lecteur au volume de cette collection dans lequel se trouve traitée la chirurgie de l'intestin.