‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 13 sur 70 · AÉRATION PHYSIOLOGIQUE OU ACTIVE · texte numérisé non relu

AÉRATION PHYSIOLOGIQUE OU ACTIVE

Dans les circonstances ordinaires, l’aération physiologique de la caisse se produit donc d’une façon active par la contraction des muscles dilatateurs de la trompe, contemporaine de l’acté de la déglutition : très rares sont les sujets chez qui, à l’état sain, cet échange gazeux peut avoir lieu pendant la respiration. En effet, les muscles qui se rendent du pourtour du pavillon tubaire au voile du palais sont à deux fins : en même temps qu’ils tendent et soulèvent le voile pour l’accommoder à la déglutition, ils dilatent la trompe.; d’où résultent la simultanéité et la connexité de ces deux actes physiologiques. Sans entrer dans des détails anatomiques qui ne peuvent trouver place ici, nous rappellerons que ce sont principalement les muscles péristaphylins externes qui sont chargés de cette double fonction.

Voici quel est le mécanisme de la ventilation tubaire pendant l’acte de la déglutition ; il est important à connaître à cause des conséquences thérapeutiques qui en découlent. Pendant le second temps de la déglutition, la contraction des muscles du voile (et un peu aussi celle des muscles du pharynx) ouvre la trompe; il se produit ainsi un petit bruit sec, bruit de décollement tubaire. À ce moment, la pression baisse un peu dans la caisse, par suite de la raréfaction de l’air dans le pharynx, et le tympan s’enfonce légèrement «comme cela a lieu pour la soupape

AÉRATION DE l’ûREILLE MOYENNE

(Tun soufflet» (Gellé). Mais, sollicité par son élasticité, le tympan reprend sa position première ; et, comme la voie tubaire est momentanément libre, en se portant en dehors, il aspire l’air contenu dans le nasopharynx ; ce retour du tympan s’accompagne aussi d’unj petit bruit sec, bruit de claquement tympanique. Alors la trompe se referme ; la ventilation de la caisse est faite.

Il importe, quand on entreprend le traitement d’une otopathie, de s’assurer de l’état de cette ventilation : en examinant l’oreille avec le spéculum, on doit constater ces légères oscillations en dedans puis en dehors de la membrane, d’après les variations du triangle lumineux. Mieux encore, en l’auscultant avecl’otoscope, on doit entendre le claquement de retour du tympan, qui, le plus souvent, se confond avec le bruit de décollement tubaire. Ces constatations sont de haute importance ; on ne peut affirmer l’intégrité d’une oreille que si elles donnent des résultats positifs.

La ventilation physiologique et active de l’oreille moyenne pendant la déglutition réclame quatre conditions.

1° Vintégrité de la perméabilité de la trompe. — Toute sténose tubaire,, quelle qu’en soit la cause, empêche l’aération de la caisse. Cette condition est capitale.

2° L'intégrité du tympan. — Toute'perte d’élasticité de la membrane, par ankylosé, rigidité ou ramollissement, entrave l’aération de Ta caisse. Et à plus forte raison si, comme cela se présente si souvent, la sténose tubaire s’associe à ces altérations tympaniques.

B° L'intégrité des muscles du voile du palais .— S’il

y a paralysie de ces muscles ou si encore une perte de substance, une malformation du voile leur enlève le point d’appui nécessaire à leur action sur la trompe, l’aération de la caisse devient impossible.

4° L'intégrité du nez et du naso-pharynx. — Cette dernière condition nous fait comprendre le rôle M capital que jouent les lésions nasales dans la pâtho- . génie des affections de l’oreille. Si l’on répète l'expérience de Toynbee, c’est-à-dire si l’on exécute un mou- -J vement de déglutition en fermant la bouché et en pinçant les narines, l’enfoncement initial du tympan | est très exagéré ; de plus, il persiste ; la membrane ?| ne reprend plus sa position première, et par suite- : l’air, n’étant pas aspiré par elle, ne pénètre pas dans là caisse. Pourquoi cela, puisque cependant l’élasticité du tympan demeure intacte, et que la lumière J, de la trompe est béante? Parce que le vide relatif y produit dans le- naso-pharynx par la déglutition persiste, attendu que l’oblitération momentanée du nez ne permet pas à l’air extérieur de venir le combler- et. ce .vide naso-pharyngien, agissant à travers la trompe libre sur la membrane tympanique, maintient celle-ci enfoncée. Qu’on lève l'obstacle nasal et qu’on fasse une nouvelle déglutition à l’air libre, la pression normale se rétablit dans le nasopharynx : le tympan reprend alors sa position pre- | mière et la caisse se remplit d’air de nouveau.

Or, supposons une lésion obstruant d’une façon permanente la .càvité naso-pharyngienne : les nécessités, de la déglutition entretiendront en permanence î dans l’oreille la non-aération telle que la produit momentanément l’expérience de Toynbee; et.ainsi seront provoqués des troubles auditifs, sans aucune : lésion matérielle de l’oreille ni de la trompe. De

pareils faits se rencontrent surtout en clinique infantile : é’èst le mécanisme habituel de la surdité chez les enfants porteurs de végétations adénoïdes.

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