II. — Lavage par la trompe
Cette méthode a pour but de faire passer dans l’oreille moyenne un courant de liquide, qui, pénétrant dans celle-ci par l’orifice interne de la trompe d’Eustache, situé sur un point assez élevé de la paroi antérieure de la caisse, en sorte par une perforation de la membrane, après avoir irrigué l’attique et toute la cavité tympanique.
Deux conditions sont nécessaires, indispensables, pour que ce. lavage puisse être fait avec profit et sans inconvénient : 1° la trompe doit'être très perméable; 2° le liquide injecté dans la caisse doit pouvoir aisément sortir par le conduit : il faut pour cela que la membrane présente une perforation de dimensions suffisantes et largement ouverte. Si la perforation est trop petite, il faut d’abord l’agrandir; si elle est obstruée par des productions polypeuses, il convient d’enlever celles-ci.
1° Instruments nécessaires. — Préparez :
1° Ün litre environ d’eaii alcaline stérilisée à 35° ;
2° Un cathéter du plus gros calibre possible, c’està-dire aussi large que le comporte le diamètre de la fosse nasale dans lequel il va. être introduit, et à bec très coudé de façon à pouvoir être enfoncé très loin dans le pavillon tubaire ;
3° Une poire de Politzer ;
4° Un otoscope;
S° Une’seringue stérilisable dont l’embout devra s’adapter parfaitement au pavillon du cathéter ;
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6° Deux bassins réniformes, l’un petit, l’autre plus grand ;
7° Une alèze.
2° Technique. — Le malade est assis sur une chaise. Commencez par cocaïner la fosse nasale correspondant à l’oreille atteinte : à cet effet, placez sur le cornet inférieur et laissez-y à demeure pendant cinq minutés un tampon de coton imbibé d’une -solution de cocaïne à l/20 e ; faites pencher la tête en arrière et de côté pour que l’excès de solution vienne baigner le pavillon tubaire et y pénètre au besoin par capillarité. Garnissez le malade avec l’aléze et faiteslui tenir le grand bassin sous son menton, le petit sous son oreille.
Çes préparatifs faits, procédez au lavage qui comprend trois temps.
Premier temps. — Introduction du cathéter dans Vorifice pharyngien de la trompe. — C’est un simple cathétérisme. Il faut introduire la sonde à fond dans la trompe ; on facilite cette pénétration en faisant faire à plusieurs reprises l’expérience de Toynbee. On s’assure que la sonde est convenablement placée en donnant une douche d’air, l’otoscope à l’oreille ; dès que l’auscultation est concluante, on retire l’otoscope.
Deuxième temps; —Adaptation de la seringue au cathéter. — Le cathéter étant fixé par la main gauche, on saisit de la main droite la seringue préparée et remplie à l’avance, et on engage son extrémité effilée dans le pavillon de la sonde. Pour mieux assurer l’étanchéité de ce raccord, on peut munir l’embout de la seringue d’un . moreéau de. tube de caoutchouc. .
Troisième temps. — Injection .—Il ne faut pousser le piston de la seringue ni trop mollement ni trop énergiquement : l’usage apprend la pression qu’il est nécessaire de donner au liquide pour que celui-ci passe dans la caisse sans retomber en trop grande abondance dans le pharynx.
Quoi qu’on fasse, en effet, une certaine quantité de liquide reflue toujours entre le bec de la sonde et les parois de l’orifice tubaire qui ne saurait être obstrué hermétiquement par le cathéter ; le reflux est cependant d’autant moindre que la sonde est plus profondément introduite dans la trompe. Le liquide s’écoule par le nez op tombe dans le pharynx, et, dans certains cas, est aspiré dans le larynx. De là un accès de toux ou de suffocation qui oblige a interrompre le lavage. Pour éviter cet incident, recommandez au malade de ne pas respirer pendant la durée de l’injection ; afin de faciliter cette suspension momentanée de la respiration, conseillez-lui de faire une inspiration profonde immédiatement avant l’injection, et de n’expirer qu’une fois celle-ci achevée. Cette précaution est inutile chez certains malades qui savent, pendant l’injection, maintenir leur, voile fortement relevé, tout en respirant tranquillement par la bouche : le liquide qui reflue dans le pharynx nasal s’écoule alors en totalité par les narines et est recueilli dans le bassin que le malade tiënt à cet effet sous son menton.
De toutes façons, il est bon de s’interrompre très souvent pour permettre au malade de cracher et de respirer; on doit, d’ailleurs, chercher à établir un véritable synchronisme entre les poussées d’injection et les mouvements respiratoires.
La quantité de liquide qui s’écoule par le conduit
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est relativement minime : dans la majorité des cas, il ne sort que quelques gouttes ou tout au plus un mince filet d’eau.