I. — MAL. DE L’OREILLE
6° Le passage du liquide dans la gorge ou son reflux par le nez, indice certain d'une perforation tympanale, quand l’injection est faite par le conduit.
7° Un écoulement de sang par le conduit, sans que celui-ci ait été blessé: ce n’est le plus souvent qu’un suintement sanguin. Il trahit l’existence de granulations ou de polypés, dont les vaisseaux, superficiels et fragiles, se rompent sous le choc du jet liquide.
La plupart de ces troubles, mécaniques ou nerveux, sont passagers et cessent dès qu’on suspend l’injection. Parmi les accidents nerveux, cependant," il en est qui peuvent survivre à leur cause première : tels sont les bruits subjectifs, les vertiges,; les troubles oculaires que l’on a vus, dans quelques cas, persister pendant plusieurs semaines après l’injection.
Peut-on éviter ces accidents ? Oui, mais seulement dans une certaine mesure. Leur prophylaxie se déduit de leur pathogénie ; or, à cet égard, on peut les diviser en deux grands groupes : les uns relèvent de conditions particulières présentées par le malade, sur lesquelles nous n’avons pas d’action ; les autres sont imputables uniquement à l 'opérateur.
1° Causes inhérentes au malade. — Elles sont de deux ordres. Ce sont :
1° La susceptibilité individuelle , qui fait que, toutes les autres conditions étant égales, tel malade éprouve à chaque injection des vertiges, des bourdonnements, des lipothymies, alors que tel autre en reste constamment indemne. La névropathie joue ici fréquemment un rôle.
2° Les caractères des lésions auriculaires , en par-
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ticulier leur siège et les dimensions de la perforation.
a. C’est un fait d’observation que les lésions de l’attique favorisent la production de vertiges ou de bourdonnements au cours des injections. Les lésions destructives de la paroi interne de la caisse, qui établissent une communication entre elle et le labyrinthe, ont le même privilège. L’existence de ces lésions n’est d’ailleurs pas une contre-indication aux lavages; elle doit seulement rendre.prudent dans l’administration des injections.
b. Une vaste destruction de la membrane avec béance de l’orifice tympanique'de la trompe permet le passage du liquide de la caisse dans le pharynx nasal , même sans que ce liquide soit soumis à aucune pression : c’est ce qui arrive parfois avec les solutions médicamenteuses instillées dans l’oreille moyenne ; une injection rend ce passage encore plus aisé. On pourra atténuer, sinon supprimer, cet inconvénient en faisant pencher fortement la tête du côté lavé pendant l’irrigation.
2° Causes inhérentes à l’opérateur. — Elles se résument dans l’emploi d’une pression trop élevée, ou d’un liquide trop chaud ou trop froid.
1° L 'excès de pression, est nuisible, surtout lorsqu’il est brusque ; de la la nécessité de tâter la susceptibilité, du sujet en commençant par une pression modérée, qu’on élève ensuite lentement et;progressivement pour revenir à une pression plus douce dès que le malade accuse quelque trouble. D’ailleurs, à part quelques cas spéciaux (corps étrangers, cérumen dur, etc.), il est rarement nécessaire de déployer une grande force ; en général, il est plus utile
de diriger le jet exactement dans l’axe du conduit préalablement redressé, ce qu’on obtient difficilement des opérateurs inexpérimentés, que de pousser le piston de la seringue avec énergie. Lorsqu’il existe des concrétions adhérentes, que ne détache pas le courant liquide, ce n’est pas en augmentant outre mesure la force du jet qu’il faut chercher à les mobiliser : il faut aller les détacher avec l’extrémité d’un stylet garni de coton ; elles sont alors aisément entraînées par une nouvelle irrigation. . .
2° Le degré de température du liquide exerce:*. chez certains malades tout au moins, une influence déterminante capitale sur les troubles nerveux qu’ils accusent: ces troubles résulteraient de la transmission aux centres supérieurs de l’excitation thermique des rameaux nerveux du conduit ou.de la caisse. Cette hypothèse est d’autant plus soutenable que ces mêmes sujets, qui ne supportènt pas une injection trop chaude ou trop froide, sont parfois à même de tolérer sans aucun inconvénient une injection de température convenable faite sous une. pression exagérée. De là la nécessité de se servir d’un liquide ayant à peu près la température du corps.
Lorsque, en dépit des précautions prises, le malade accuse au cours du lavage du vertige ou des bourdonnements, il faut 1’engager à fermer les yeux et suspendre un instant l'injection ; une fois celle-ci achevée, faites-le rester assis pendant deux ou trois minutes encore et défendez-lui de se lever brusquer ment. Un moyen simple et efficace de faire immédiatement cesser le vertige provoqué par une injecrl tion consiste à pratiquer une raréfaction d'air dans le conduit. Rien de plus simple comme technique.
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Prenez une poire de Politzer sans soupape; videzlà ; adaptez son embout terminal hermétiquement au méat ; et laissez la poire se regonfler lentement.
Si, malgré la plus grande prudence, les accidents se reproduisent à chaque lavage, substituez à l’ajutage ordinaire de la seringue un embout à perforations latérales multiples, par lesquelles le liquide rayonne en divers sens, de façon que le jet soit fractionné et ne vienne pas frapper directement la membrane ou le promontoire ; ou bien encore, essayez de faire un lavage à l’aide d’un pulvérisateur à soufflerie en caoutchouc. Si ces moyens sont insuffisants, subtituez leur un nettoyage à séc.