II. — NETTOYAGE A SEC
1° Avec la poire à air. — Ce procédé n'est applicable qu’aux cas particuliers où l’on veut débarrasser le conduit d’une poudre qu’on y a précédemment insufflée et qui est restée sèche. On introduit l’embout effilé d’une poire de Politzer à l’entrée du conduit et l’on comprime brusquement la poire : l’air pénètre jusqu’au fond du conduit, comme le ferait un jet liquide, et ramène avec lui une partie de la poudre ; on recommence l’insufflation à plusieurs reprises.
Lorsque la poudre, après avoir été humectée par des sécrétions, s’est de nouveau desséehée sur place,' il en résulte souvent la formation d’un bouchon compact due à l’agrégation de ses particules : il faut alors, avant de faire l’insufflation, fragmenter le bouchon avec l’extrémité d’un stylet.
2° Avec le porte-coton. — Le porte-coton se prépare en enroulant un flocon d’ouate hydrophile à l’extrémité d’un stylet à oreille non boutonné.
A. Stérilisation da tampon. — Il y a deux façons d’obtenir l’asepsie du tampon ainsi préparé.
a. Le premier procédé consiste à le stériliser en utilisant les propriétés ignifuges de Vacide borique. On plonge son extrémité dans de l’alcool à 90° saturé d’acide borique ; on l’en retire et on l’enflamme ; dès que la flamme, d’abord incolore, prend une teinte verte, on l’éteint. Le tampon est stérilisé ; il est à peine chaud et a conservé sa teinte blanche et ses propriétés hydrophiles ; mais il durcit et devient peu absorbant.
b. Dans un second procédé, on prépare à l’avance un certain nombre de stylets garnis d’ouate et on les place dans un flacon à large ouverture, fermant à l’émeri, qu’on introduit débouché dans un autoclave. Après stérilisation, on bouche le flacon et on le met en réserve; on y puise ensuite les portecoton au fur et à mesure des besoins. Pour la préparation de ces porte-ouate, il est économique de se servir, au lieu de stylets, de simples tiges métalliques droites. On trouve dans le commerce des boîtes à porte-coton métalliques, faites sur le principe des porte-cigares. Elles sont d’un usage très commode et supportent la stérilisation à l’étuve sèche à ISO 0 .
B. Forme dn tampon. — La forme qu’il convient de donner au tampon de coton varie suivant qu’il s’agit de nettoyer des parties facilement accessibles à la vue et au toucher, telles que le conduit ou la paroi labyrinthique mise à nu par une vaste des-
INSTILLATION DE LIQUIDES DANS LA CAISSE Ho
truction de la membrane, ou bien des recessus de la caisse, des trajets fistuleux, etc.
a. Dans le premier cas, on donne au coton enroulé la forme conique d’un pinceau droit ; le mode de préparation est le même que celui des porte-coton destinés au nettoyage des fosses nasales (voy. Thérapeut. des mal. des fosses nasales , 1.1, p. 181).
b. Dans le second cas, le coton doit former au bout du stylet un rouleau cylindrique uniformément serré dont on replie l’extrémité à angle droit, sur une longueur de 2 à 5 millimètres, après en avoir légèrement dégagé le stylet qu’on attire àsoL-Si le coton a été convenablement serré sur la tige métallique, sa partie ainsi libérée et coudée est suffisamment rigide pour garder la position qu’on lui a donnée et pouvoir être introduite dans les anfractuosités de l’attique ou dans un trajet fistuleux. L’introduction de ce cylindre de coton est beaucoup mieux supportée que celle d’un tampon monté sur un stylet coudé luimême à son extrémité.
Le nettoyage à sec exige d’ordinaire l’emploi successif de plusieurs tampons ; il n’est achevé que lorsque ceux-ci reviennent de l’oreille secs et non souillés. Il doit, bien entendu, se faire sous le contrôle de la vue, avec le secours du spéculum.
A. ^Nature de l’instillation
1° Nature du liquide. — On instille dans la caisse deux sortes de liquides :
a . Les uns neutres et indifférents , tels que l’huile de vaseline ;
. b. Les autres doués de propriétés antiseptiques , anesthésiques, caustiques ou résolutives , tels que les solutions iodo-iodurées à 1/S0 e , les solutions d’iodure de potassium à l/40 e , de potasse ou de soude caustique à 4/400®, de nitrate d’argent ou de chlorure de zinc à 1 /50 e , de chlorhydrate de cocaïne à ■l/20 ? , enfin l’eau oxygénée.
2° Quantité du liquide. — Elle est toujours minime ; c’est ce qui distingue l’instillation de l’irrigation. Les liquides modificateurs sont injectés à la dose de quelques gouttes (injections fractionnées) ; les liquides neutres le sont en quantité un peu plus considérable (injections massives) : mais cette quantité ne dépasse jamais un centimètre cube environ, volume plus que suffisant pour remplir la caisse, même sous une pression notable.
3° Température du liquide. — Comme pour les irrigations, la température du liquide instillé ne doit pas s’écarter sensiblement de celle du corps, sous peine de provoquer l’éclosion d’accidents réflexes.
4° Stérilisation du liquide. — Quelle que soit sa composition, la solution doit être parfaitement et fraîchement stérilisée : c’est là une condition nécessaire, indispensable de son emploi.
B. — Technique de l’instillation
Elle est différente suivant que la membrane .du tympan est intacte ou perforée ; dans le premier cas
l’instillation se fait par la trompe d'Eustache , dans le second cas par le conduit.
1° Instillations par la trompe.— Injections fractionnées. — Pour faire pénétrer une petite quantité de liquide dans la trompe et dans la caisse, on procède en trois temps : 1° dans un premier temps, on introduit dans l’orifice tubaire un cathéter à extrémité fortement recourbée et l’on donne une douche d’air pour .s’assurer qu’il est correctement placé : c’est, en somme, un simple cathétérisme ; 2° dans un deuxième temps, on instille dans le pavillon de la sonde, à l’àide d’un compte-gouttes, d’une pipette ou mieux d’une seringue de Pravaz munie d’un embout conique, quelques gouttes du liquide à injecter; 3° dans un troisième temps, on donne une douche d’air énergique qui chasse la solution du cathéter dans la trompe ét de celle-ci dans la caisse. On répète cette manœuvre à plusieurs reprises, s’il est nécessaire.
Il arrive souvent qu’une partie du liquide, au lieu de pénétrer dans la.caisse, s’écoule dans le pharynx nasal. Cette fuite se produit : a) soit au moment où la solution est instillée dans le cathéter et avant qu’on ait eu le temps de donner la douche d’air : elle indique alors ou bien que le malade tient sa tête trop penchée en arrière, ou bien que le bec de la sonde n’est pas introduit assez profondément dans la trompe ; b) soit au moment de l’insufflation, parce que la colonne liquide vient en quelque sorte buter contre les parois de l’isthme tubaire et reflue ensuite vers l’entrée de la trompe.
Il y a deux façons d’éviter cet accident : 1° ordonner au malade d’exécuter un mouvement de
déglutition au moment où l’on comprime le ballon ; 2° faire l’injection directement dans la caisse à l’aide d’une fine sonde, dite sonde du tympan ou deWeber- Liel, plus longue que le cathétér et d’un diamètre extérieur plus fin que le diamètre intérieur de celui - ci. Cette sonde, flexible et munie au niveau de son talon d’un pavillon évasé, est introduite dans le cathéter et poussée jusqu’au delà de l’isthme avec les mêmes précautions qu’on emploie dans le bougirage.
On instille alors le liquide dans cette sonde, comme on l’aurait fait dans le cathéter lui-même.
b. Injections massives.
— Elles ont été imaginées par Delstanche qui se servait, pour les faire, d’une petite pompe à double effet, aspirante et foulante, laquelle n’est qu’une modification de son masseur. L’appareil aspire le liquide, ordinairement de l’huile de vaseline, dans un récipient et le refoule dans le cathéter, préalablement mis en place, jusqu’à la caisse où il pénètre sous pression. C’est surtout ici que, pour éviter le reflux du liquide dans le pharynx
Fig. 27.
Seringue”pour instillations "“dans” laT caisse par le conduit.
nasal, il importe d’employer un cathéter à bec aussi coudé et aussi gros que possible.
2° Instillation par le conduit. — Elle se fait au travers d’une perforation de la membrane du tympan ou de la membrane de Shrapnell. On se sert, à cet effet, d’une fine canule montée à angle obtus sur une seringue de Pravaz : selon les besoins, la canule peut être rectiligne ou recourbée à son extrémité à la façon de la canule de Hartmann. Cette dernière peut d’ailleurs servir à cet usage : il suffit de l’adapter directement à l’extrémité d’une seringue comme on le ferait d’une aiguille (flg. 27). L’instrument, chargé du liquide à instiller, est saisi de la main droite entre l’index et le médius, le pouce appliqué sur le piston ; la canule est introduite dans la perforation, sous le contrôle de la vue; il ne reste plus qu’à pousser le piston pour faire pénétrer dans la caisse le nombre voulu de gouttes de la solution.