‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 69 sur 70 · POST-OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

POST-OPÉRATOIRE

Diverses circonstances peuvent entraver la marche de la cicatrisation et compromettre la guérison.

1° Céphalée. — Sa persistance ou son retour doit faire craindre un abcès extra-dnral méconnu. Il faut aller à la recherche de cet abcès par la brèche opératoire.

2° Tuméfaction du cou. — Sa persistance ou son apparition post-opératoire est l’indice possible d’un abcès du cou. Elle s’observe surtout quand on se •contente, en opérant, d’aller à l’antre sans explorer ensuite toutes les cellules périantrales.

THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE

Ou commencera par faire des pansements humides; et, si la tuméfaction persiste, on réopérera le malade en évidant largement la pointe de la mastoïde et en recherchant l’existence d’une fistule qui mène soit sous le sterno-mastoïdien, soit au voisinage du sinus latéral. Si l’on ne trouve pas cette communication, on ira directement à la recherche de l’abcès profond par la vpie cervicale classique. ^ 'JM il

3° Frissons. Fièvre. — a. Avant tout, si la fièvre ne cède pas ou reparaît, voir si elle n’a pas une cause extra-auriculaire. Chercher : .a) dans les organes : poumons, intestins, amygdales, etc.; [}) dans l’état général : une fièvre grippale ou autre n’étant naturellement pas modifiée par l’ouverture de la .mastoïde;

b. Si elle est due à Voreille, reprendre le malade sous le chloroforme et aller systématiquement jusqu’au sinus latéral qu’on explore attentivement, de . l’œil, du doigt et au besoin avec la seringue de Pra-. vaz. a) Si le sinus est sain, s’en tenir là èt attendre.

, B) Si le sinus est thrombosé, l’ouvrir largement et Je curetter, après avoir lié aseptiquement la jugulaire interne au cou.

4° Fistulisation mastoïdienne. —: La plaie postérieure devient fistuleuse et suppure peu, mais indéfiniment.

Quelle est la cause de cette fistulisation? Parfois elle est entretenue par un tamponnement interne pestif, trop prolongé et trop serré : pansez alors à plat et faites dans le trajet des instillations iodées ; en même temps, s’il y a du pus dans la caisse, assu-

mastoïdite aiguë 433

rez le drainage de celle-ci par le cathétérisme ët la paracentèse.

Si la fistule persiste malgré cela, c’est qu’ellè est due à l'existence d’un séquestre. Celui-ci së forme.: a) tantôt, par le fait de la maladie (ostéomyélite nécrosante de la scarlatine, etc.) ; b) beaucoup plus souvent, par . la faute du chirurgien qui n’a pas soigneusement évidé toutes les cellules secondaires malades ou qui a laissé fermer trop tôt la plaie cutanée. Une mauvaise antisepsie mène au même résultat.

Il est admis que si, au bout de quatre à six mois, la fistule persiste, comme le malade court de grands dangers de complications cérébrales, il faut faire un évidement pétro-mastoïdien, avec épidermisation consécutive de l’oreille moyenne.

5° Récidive, — Elle s’annonce par les phénomènes suivants : la cicatrice rougit, se tuméfie, s’amincit et se rompt en laissant s’écouler un flot de pus ; puis il s’établit une fistule persistante.

Cet accident, qui n’est pas rare, est dû à ce qu’on a laissé la guérison se faire de la surface vers la profondeur , contrairement aux principes de la bonne chirurgie.

La plaie s’est ainsi fermée trop tôt, avant que la cavité mastoïdienne fût comblée : la cicatrice ne forme alors qu’un pont tendu au-dessus de celle-ci.

Il faut inciser largement et curetter soi gneusement à nouveau l’apophyse mastoïde : on ne détamponnera ensuite que lentement du fond à la surface. Mais ne tombez pas dans un excès inverse, c’est-à-dire gardez-vous de trop longtemps tamponner ; car alors la

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