‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome secondChapitre 26 sur 52 · I. — MOBILISATION MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

I. — MOBILISATION MÉCANIQUE

Par cette méthode, qui consiste à imprimer des mouvements passifs à l’appareil de conduction, on se propose de distendre les brides et les membranes fibreuses néoformées, et de rendre de la laxité à la muqueuse épaissie qui revêt les osselets ainsi qu’aux ligaments qui les unissent, dans le double but : a) d’atténuer la surdité et les bourdonnements déjà existants ; b) de s’opposer au développement de nouvelles brides scléreuses .et à l’immobilisation complète de l’appareil de conduction, c’est-à-dire

d’enrayer l’accroissement des troubles auditifs.

Or, nous pouvons dire tout de suite qu’on ne saurait espérer de cette thérapeutique une guérison complète, radicale, car il ne s’agit ici que de modifier le tissu de néoformation et non de le faire disparaître. Dans des cas tout à fait exceptionnels, il est vrai, la distension imprimée aux brides fibreuses peut cependant aboutir à leur rupture, c’est-à-dire à la suppression de l’obstacle à l’audition : mais le résultat n’est ordinairement pas durable, ces brides fibreuses se reproduisant bientôt. En un. mot, le retour ad integrum est impossible.

Cette mobilisation peut se faire par deux procédés qu’on peut employer isolément ou conjointement: 1° la douche d'air ; 2° le massage.

1° Douche d’air. — On ne saurait dire a priori si, pour l’administrer chez un malade donné,' le procédé de Politzer ou le cathétérisme est préférable : c’est l’expérience qui doit décider. On essaie les deux méthodes et l’on choisit celle qui donne l’amélioration la plus marquée..

Il faut d'abord s’assurer que la trompe est perméable; si elle est rétrécie, c’est-à-dire si elle n’admet pas une bougie de plus de 1 mm. 1/3 de diamètre, (ce qui arrive assez souvent dans l’otite moyenne chronique, en particulier dans la forme hyperplasique et dans celle qui accompagne le catarrhe naso-pharyngien), il faut avant tout procéder à sa dilatation avec des bougies.

Quand et pendant combien de temps faut-il administrer la douche d’air ? Il y a à cet égard des règles auxquelles il faut se conformer, sous peine de faire un traitement inutile ou nuisible.

La douche doit être donnée tous les deux ou trois jours au plus, c’est-à-dire qu’on doit laisser un ou deux jours d’intervalle entre les séances consécutives. On continue ce traitement tant qu’il amène une amélioration progressive ; puis, quand au bout de quelques semaines, de trois ou quatre mois, la portée de l’audition, d’abord accrue, reste stationnaire, on l’interrompt pour ne le reprendre qu’après un temps assez long (4 à 6 mois en moyenne). En général, on peut donner ainsi deux séries de douche d’air par an.

Les résultats du traitement peuvent être :

a. ftnls. En général, il n’est pas nécessaire de continuer le traitement pendant plus de quinze jours ou trois semaines pour s’apercevoir qu’il est sans action. Lorsqu’au bout de ce temps on n’a obtenu aucune modification de la surdité ou des troubles subjectifs, il est probable que le traitement ultérieur sera sans résultat ; il faut donc le cesser sans insister davantage.

b. Satisfaisants. L’amélioration obtenue est rarement considérable ; elle porte, d’une part, sur l’ouïe et les bourdonnements qui sont modifiés, l’un ou l’autre ou tous deux ensemble ; d’autre part, sur les sensations subjectives d’oreille bouchée, de pesanteur unilatérale de la tête : l’oreille devient plus libre, la tête est dégagée ;. il en résulte pour le malade, en dehors même de tout accroissement notable de l’ouïe, une sensation de bien-être, un soulagement qui lui font souvent réclamer de luimême de nouvelles douches d’air.

Cette amélioration est très irrégulière dans son époque d’apparition et sa durée. Elle peut être immédiate et notable dès la première séance

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d’aération de la caisse ; d’autres fois, elle est lente à se produire et ne devient réelle qu’après plusieurs semaines de traitement. Au début, elle est ordinairement fugace et disparaît quelques instants, quelques heures ou quelques jours après la douche • plus tard, elle devient plus durable, mais elle est rarement définitive ; quelques semaines ou quelques

mois après la cessation de l’aération, elle diminue peu à peu et disparaît : une nouvelle série de douches devient nécessaire.

c. Mauvais. Si certains sourds sont améliorés par le traitement, il en est dont l’état se trouve aggravé par lui, la douche d’air faisant naître chez eux des bruits subjectifs qui n’existaient pas, ou provoquant un accroissement de la surdité et des bourdonnements préexistants. Cetté aggravation peut survenir d’emblée et se manifester dès les premières séances d’aération, ou bien être le résultat d’un traitement trop longtemps continué : c’est pourquoi il est , indispensable de suspendre le traitement dès que le maximum d’amélioration est obtenu, c’est-à-dire dès qu’on perd du terrain au lieu d’en gagner.

2° Raréfaction et massage. — Le massage 7 pneumatique peut être associé à l’aération par la trompe ou être substitué à celle-ci quand elle n’agit pas ou a cessé d'agir. Lorsqu’on l’emploie conjointement avec l’aérâtion, on fait suivre chaque séance de douches d’air d’une séance de massage. On insistera surtout sur la raréfaction qui soulage le labyrinthe.

Le soulagement procuré par le massage porte non seulement sur l’audition, mais aussi sur les bruits subjectifs et les sensations céphaliques. Ce traitement continue parfois à accroître l’audition, quand

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l’amélioration produite par la douche est devenue stationnaire. 11 est surtout efficace dans les cas où la cavité tympanique est cloisonnée par des adhérences, qui empêchent la pénétration dans la partie postérieure de la caisse de l’air insufflé par la trompe.

Son emploi est contre-indiqué dans les cas d'atrophie ou de relâchement de la membrane, ces lésions ne pouvant que s’accroître sous l’influence des mouvements alternatifs de refoulement et d’aspiration du tympan. Dans ces conditions, on pourrait substituer au massage pneumatique le massage direct avec la sonde de Lucœ qui a moins d’inconvénients, mais qui est plus difficile à appliquer et surtout beaucoup plus pénible à supporter.

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