‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome secondChapitre 27 sur 52 · II. — RAMOLLISSEMENT DES BRIDES FIBREUSES · texte numérisé non relu

II. — RAMOLLISSEMENT DES BRIDES FIBREUSES

C’est un moyen qui a été imaginé et est encore appliqué par certains auristes sous l'empire de vues théoriques que la pratique ne justifie guère. Il consiste à faire pénétrer dans la caisse, par la voie tubaire, des substances dont l’action, généralement plus ou moins irritante, provoque le ramollissement ou la résorption partielle des tissus fibreux qui immobilisent les osselets. On espère rendre par ce procédé la mobilité à la chaîne des osselets ou tout au moins lui permettre de se laisser ensuite plus facilement mobiliser par les douches et le massage.

Les substances insufflées sont des vapeurs ou des liquides.

1° Vapeurs. — On emploie surtout les vapeurs de chlorhydrate d’ammoniaque et celles d’iode : il faut

se défier de ces substances qui sont irritantes et souvent mal.supportées.

2° Liquides. — Parmi les nombreux liquides dont l’emploi a été successivement essayé, il faut absolument déconseiller les solutions caustiques (potasse soude, etc.) : elles n’agissent qu’à un degré de concentration élevé, et, comme leur action ne saurait se localiser aux tissus malades, elles sont plus nuisibles qu’utiles. On peut en dire autant de l’acide acétique et de la papayotine, qui ont eu un instant de vogue et qui, pas plus que les solutions caustiques, n’ont d’action élective sur les tissus fibreux.

Si l’on veut essayer ce mode de traitement, il est sage de se borner à l’emploi de solutions inoffensives, dépourvues de toute action irritante et dont on escomptera le pouvoir d’imbibition vis-à-vis des tissus scléreux. Les solutions les plus employées sont les suivantes :

a. Bicarbonate de soude ...... 0 gr, 50

Glycérine . . . .. 2 »

Eau distillée..10 »

dont on instille 10 à 15 gouttes dans la caisse ; on peut, dans cette formule, remplacer le bicarbonate par le borate de soude ; on a ainsi une solution plus susceptible d’être conservée, car elle est moins facilement envahie par les moisissures.

b. Chlorhydrate de pilocarpine. ... 0 gr. 20

Eau distillée.10 »

dont on instille 6 à 10 gouttes.

c. Iodure de potassium. 0 gr. 30

Eau distillée. ..10 »

dont l’effet peut être particulièrement favorable chez les syphilitiques.

Les injections massives d’hniie de vaseline stérilisée, selon le procédé de Delstanche, à la dose de 2 grammes, n’agissent pas seulement en donnant plus de souplesse aux tissus néoformés ; elles paraissent agir aussi mécaniquement, par distension, en cas d’otite adhésive.

Quelle que soit la solution choisie, les instillations doivent être faites méthodiquement pendant un temps qui, sauf intolérance de la part du malade, doit varier, selon les résultats obtenus, de quinze jours à un mois. Les séances doivent être espacées ; on les réglera de la façon suivante, conformément au conseil de Politzer :

1 er jour : instillation de liquide;

2 e jour : repos;

3 e jour : douche d’air;

4 e jour : repos ;

5 e jour : instillation, etc.

Avant de faire la seconde instillation, il faut s’assurer que la précédente n’a pas provoqué de réaction inflammatoire.

La valeur thérapeutique tie ces instillations a été diversement appréciée. A vrai dire, elles sont parfois suivies d’une amélioration remarquable de l’audition : mais cette amélioration n’est pas durable; bien plus, elle est parfois suivie d’une aggravation/Elle est due, en effet, à une otite artificielle accompagnée d’œdème et de ramollissement des tissus scléreux; c’est cette imbibition des brides fibreuses par les liquides transsudés qui facilite momentanément l’audition ; mais, après quelques semaines ou quelques mois, lorsque la poussée inflammatoire est

calmée, lorsque de nouveaux produits pathologiques sont apparus, et quand les anciennes adhérences ont Subi une rétraction, la surdité devient plus forte qu’avant le traitement. Les instillations sont donc d’autant plus dangereuses que leur efficacité immédiate est plus grande. C’est, en somme, un procédé thérapeutique qui ne doit être employé qu’avec une | grande prudence.

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