‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome secondChapitre 31 sur 52 · I. — TRAITEMENT DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

I. — TRAITEMENT DES LÉSIONS

Il faut essayer d’en ralentir la marche progressive :

a. Par un traitement local;

b. Par un traitement général.

A. Traitement local. — Ne l’instituez qu’à titre

d’essai, en prévenant le malade que, si vous n’obtenez pas rapidement un résultat favorable, vous le suspendrez : car il peut alors faire plus de mal que de bien.

La douche d’air, le cathétérisme et le massage pneumatique sont les moyens de traitement les plus usités. Ils ne donnent de résultats que dans la première période de la maladie, alors que la mobilité de la platine de l’étrier n’est pas encore gravement compromise. Le massage est particulièrement susceptible d’amener un soulagement, au moins momentané : car il ressort d’une expérience de Politzer que l’excursion de la platine de l’étrier pendant la douche d’air ou le cathétérisme est moins étendue que celle obtenue par la raréfaction et la condensation alternatives dans le conduit auditif.

L’effet du traitement doit être surveillé avec soin :

a. Si le malade n’éprouve pas rapidement un léger soulagement, et surtout si son audition baisse tant soit peu sous l’influence du traitement, ne vous entêtez pas à vouloir obtenir une amélioration; suspendez tout traitement local, car vous allez audevant d\une aggravation à peu près certaine.

b. Même dans le cas où le traitement procure un soulagement, ne le continuez pas pendant plus de quelques semaines, quitte à le reprendre après une interruption de deux ou trois mois ; car, ainsi que dans le catarrhe chronique, il n’est pas rare qu’un traitement local trop longtemps continué devienne nuisible, même lorsqu’il avait commencé par être profitable.

A cet égard il faut se méfier : l b des scléroses juvéniles, qui appartiennent presque toujours à la forme héréditaire ; cè sont de véritables « noli me

tangere » ; toute irritation artificielle en précipite la marche; 2° des scléroses congestives ,,caractérisées objectivement par une teinte rose de la membrane, laissant voir par transparence l’hyperémie du promontoire ; ce sont les plus irrémédiables, celles dont la marche est le plus rapide.

B. Traitement général. — Il y a le plus grand intérêt à rechercher l’influence générale presque constante qui a présidé à l’éclosion du processus et à prescrire un traitement antidiathésique.

Varthritisme est-il en jeu, on prescrira l’arsenic, l’iodure de potassium à petites doses. A-t-on affaire à un goutteux, .on ordonnera les alcalins, la lithine ; dans les deux cas on fera suivre un régime alimentaire approprié ; le traitement hydro-minéral trouvera également ici son indication.

Si la sclérose s’est développée chez un syphilitique, essayez à tout hasard du traitement spécifique : si les lésions, de nature syphilitique, sont encore en voie d’évolution, vous aurez chance d’obtenir une amélioration notable.

A tous ces malades il faut, d’une façon générale, conseiller l’abstention des mets excitants, des boissons fortement alcooliques, du tabac, qui congestionnent le naso-pharynx et l’oreille ; interdire les bains avec immersion de la tête, les douches froides sur l’extrémité céphalique qui augmentent momentanément la surdité et les bourdonnements.

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