PEMPHIGUS
étiologique et pathogénique, le traitement du pemphigus ne peut être que symptomatique.
Les toniques, les reconstituants, le fer, le quinquina, la kola, l'huile de foie de morue, l'arsenic, les phosphates, peuvent être utilisés pour soutenir les forces du malade.
Les préparations de quinine, de belladone, d'ergotine peuvent être employées pour modérer le développement des bulles.
L'alimentation sera aussi réparatrice que possible, en même temps que d'assimilation facile; le lait sera donné largement pour ne pas fatiguer les voies digestives et en même temps pour favoriser la diurèse, qui compensera l'insuffisance des fonctions cutanées. Il faut remarquer cependant que, dans le pemphigus foliacé, la desquamation est une cause de déperdition abondante de matériaux azotés.
Localement, le traitement du pemphigus n'estsouvent pas plus satisfaisant. Il demande une grande surveillance, les topiques les plus anodins en apparence pouvant exagérer les lésions cutanées.
Dans le pemphigus vulgaire, on aura surtout recours aux pansements avec le Uniment oléo-calcaire et la vaseline boriquée, aux applications d'emplâtres non irritants comme l'emplâtre rouge de Vidal, l'emplâtre à l'oxyde de zinc ou au dermatol ou simplement l'emplâtre adhésif boriqué ou aux applications de poudres inertes (bismuth, dermatol, oxyde de zinc, talc, etc.). On exigera surtout la propreté absolue du tégument et des lotions avec des liquides faiblement antiseptiques aussi fréquentes que le tégumenl pourra les supporter.
Dans le pemphigus végélant, les pansements avec le liniment oléo-calcaire, la vaseline boriquée, la
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poudre de quinquina, additionnée de salol, l'iodoforme ou le sous-carbonate de fer peuvent suffire si les lésions sont peu étendues. Dans des cas de végétations exubérantes et larges, Kôbner (1) a obtenu de très remarquables résultats par le raclage et les cautérisations ignées.
Le traitement du pemphigus foliacé est plus embarrassant encore : les enveloppements avec des compresses imbibées de Uniment oléo-calcaire, de solutions antiseptiques faibles (sublimé, phénosalyl, ichthyol, résorcine, etc.) ou d'eau bouillie, aidés de lavages avec ces mêmes solutions, sont encore les moyens les plus recommandables, mais demandent une surveillance assidue, et les substances employées doivent être variées suivant la susceptibilité des sujets et les modifications qu'elles apportent clans l'état du tégument.
Les bains continus, lorsqu'ils sont possibles et tolérés, semblent, d'après l'observation des auteurs allemands, rendre des services dans les diverses formes de pemphigus.
Les bains prolongés pendant plusieurs heures peuvent quelquefois être employés avec avantage ; mais le plus souvent les bains doivent être courts et rares, en raison des exacerbations qu'ils provoquent dans les lésions cutanées.
Contre les lésions des muqueuses, on recourra aux irrigations antiseptiques (,eau boriquée ou phénosalylée) et aux cautérisations avec le nitrate d'argent.
Dermatite herpétiforme, Exposé clinique et étiologiqne. — Duhring (de
Philadelphie) a décrit sous ce nom une affec-
(1) Deutsch. Arch. f. Min. Medic, 1894, LUI, 1-2.
DERMATITE UERPÉTIFORME la
tion bien connue en France depuis les travaux de M. Brocq (1), auxquels nous renvoyons pour plus de détails; elle comprend la plupart des faits désignés par les auteurs sous le nom de pemphigus bénins qui ne rentrent pas dans l'érythème polymorphe, et, en outre, certaines variétés d'hydroa.
Cette affection, à marche chronique, se traduit par des poussées survenant à intervalles plus ou moins longs et donnant lieu à l'apparition de lésions cutanées d'aspect très variable (d'où le nom de « dermatite polymorphe douloureuse à poussées successives » sous lequel M. Brocq a proposé de la désigner). Ces lésions sont essentiellement constituées par des plaques érythémateuses, rappelant l'aspect de l'urticaire ou de l'érythème polymorphe, généralement arrondies, sur lesquelles se développent, soit à leur périphérie, soit en des points variables de leur surface, des vésicules analogues à celles de l'herpès, des bulles ou des phlyctènes remplies de sérosité citrine ou purulente.
La rupture des éléments vésiculeux ou bulleux peut être suivie simplement de la formation de croûtes parfois impétiginiformes, plus rarement du développement de végétations analogues à celles du pemphigus végétant. La disparition des placards est suivie d'une pigmentation locale persistante. Le développement des lésions cutanées est précédé et accompagné d'une sensation de prurit, ou plus souvent de chaleur douloureuse; il se fait par poussées successives répétées à intervalles courts constituant une attaque de durée variable (quelques semaines
(1) Annales de Dermatologie, 1 888 ; Société f rançaise de Dermatologie, passim, 1890-91-92-93.
DERMATITE HERPÉTIFORME
en général); les attaques se reproduisent à intervalles inégaux pendant plusieurs années.
Malgré la longue durée de l'affection, et contrairement à ce que l'on observe dans le pemphigus, l'état général reste bon; il n'y a ni diarrhée, ni albuminurie, ni lésions pulmonaires; pendant les poussées, on constate seulement une élévation de température qui reste toujours modérée.
L'étiologie de la dermatite herpétiforme est des plus obscures; il faut cependant attribuer un grand rôle au système nerveux dans sa production : car elle se développe presque exclusivement chez des sujets nerveux, fréquemment à la suite d'émotions morales vives, de chagrins ou de surmenage intellectuel. La grossesse intervient dans certains cas pour la déterminer : nous croyons en effet que cette condition étiologique ne suffit pas pour séparer de la dermatite herpétiforme les faits désignés sous le nom d'herpès gestationis, dans lesquels les lésions sont identiques à celles des cas vulgaires de dermatite herpétiforme et les poussées érupfives limitées exclusivement à la durée de la grossesse ou des grossesses successives.
Traitement. — Le traitement interne de la dermatite herpétiforme doit s'adresser surtout à l'état névropathique des sujets : les préparations de valériane, les toniques généraux, quinquina, kola, phosphates, sont donc indiqués. Le repos moral et intellectuel, l'isolement au besoin jouent dans sa guérison un rôle tout aussi important que le traitement médicamenteux, et nous avons vu des poussées éruptives succéder à bref délai à des préoccupations vives ou à des émotions soudaines.
L'insomnie sera, s'il y a lieu, combattue par l'em-
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ploi de l'éther, du chloral, plus rarement et seulement avec surveillance de leurs effets par les bromures.
Les médicaments vaso-moteurs, en particulier les préparations de belladone, de quinine, d'ergotine, peuvent servir à modérer les troubles circulatoires cutanés et la production de bulles, surtout au début des poussées intenses. L'acide phénique peut être utilisé contre le prurit et les manifestations douloureuses de la peau, à doses de 30 à 80 centigrammes par jour, en pilules prises au moment des repas.
L'arsenic (liqueur de Fowler, solution d'arséniate de soude) a été vanté dans la dermatite herpétiforme; nous croyons que, comme clans nombre d'autres affections cutanées, il agit plutôt sur la nutrition générale que sur la dermatose elle-même ; mais nous reconnaissons qu'il peut et doit y être administré à doses aussi fortes que le malade peut les supporter.
Le régime lacté et les diurétiques semblent également utiles. Les fonctions digestives doivent être surveillées; le régime doit être sévère et il faut proscrire tous les aliments excitants, les boissons alcooliques, le thé, le café, etc. ; l'antisepsie intestinale nous a paru modérer parfois l'intensité des poussées éruptives. Chez la femme, les troubles utérins doivent être recherchés et traités par les moyens appropriés.
Le traitement local de la dermatite herpétiforme consiste surtout dans les lotions antiprurigineuses suivies de l'emploi des poudres inertes (oxyde de zinc, bismuth, talc, additionnés de 1 à 2 0/0 d'acide salicylique), et, lorsque les lésions vésiculeuses ou huileuses ont une certaine intensité,
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dans les applications de vaseline boriquée, de pommade de zinc additionnée d'acide salicylique ou d'acide phénique. Quand les bulles sont volumineuses et les téguments très enflammés, on préférera à ces topiques les enveloppements avec des compresses imbibées de Uniment oléo-calcaire, et, si les poussées congestives sont très intenses et étendues, les enveloppements avec des compresses trempées dans une solution de salicylate de soude à 2 0/0 et de bicarbonate de soude à 1 0/0 (Besnier), de sublimé, de phéno-salyl ou d'ichthyol.
Quand il s'est formé des croûtes épaisses, on peut les faire tomber au moyen de pulvérisations tièdes, ' ou de cataplasmes de fécule appliqués pendant quelques heures seulement.
Les bains de son, d'amidon, etc., ne doivent être employés qu'avec une extrême prudence : car, s'ils soulagent quelquefois les malades, ils sont souvent l'occasion de poussées nouvelles et intenses.
PITYRIASIS
Les anciens dermatologistes décrivaient sous le nom de pityriasis une foule d'affections cutanées dont la production de squames minces, analogues à du son (m'Topov, son), était la caractéristique principale. Le nombre des pityriasis est aujourd'hui très limité.
Quand on a distrait les formes squameuses superficielles de l'eczéma (pityriasis simplex de quelques auteurs, vulgo dartres farineuses) (voir T. II, p. 37) et les affections squameuses du cuir chevelu (séborrhée sèche, pityriasis capillitii des anciens der-