‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 121 sur 201 · PEMPHIGUS ET ÉRUPTIONS PEMPHIGOÏDES · texte numérisé non relu

PEMPHIGUS ET ÉRUPTIONS PEMPHIGOÏDES

Les anciens dermatologistes décrivaient sous le nom de pemphigus toutes les éruptions huileuses et en avaient créé une foule de formes.

Aujourd'hui, le cadre du pemphigus est singulièrement restreint, et on peut ranger, avec M. Besnier, dans le groupe très artificiel des éruptions pemphigoïdes la plupart des dermatoses que les anciens auteurs appelaient pemphigus.

Les éruptions pemphigoïdes comprennent, outre les dermatoses toxiques à forme huileuse et les érythèmes polymorphes huileux (pemphigus bénin des anciens dermatologistes), la dermatile herpétifornie de Duhring.

PEMPIUGUS

Nous n'étudierons dans ce chapitre que les pemphigus vrais et la dermatite de Duhnng. #

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Em-^ clinique et écologique. - Les maladies auxquelles on réserve actuellement la dénomination de pemphigus sont toutes, à l'exception dupemphigus épidémique des nouveau-nés (voir ï. I, p. ^à) et du pemphigus hystérique (voir T. 1, p. 28J), des dermatoses à marche chronique, caractérisées par la production de bulles de dimensions variables, sur- . venant par poussées successives se répétant pendant un temps toujours long; ces affections peuvent provoquer des lésions épidermiques ou dermiques secondaires d'aspect variable, et s'accompagnent plus ou moins rapidement de troubles graves de la santé générale : diarrhée, albuminurie, bronchite, congestion pulmonaire, état cachectique. Elles aboutissent à peu près fatalement à la mort dans un temps variant de quelques mois à plusieurs années.

Les bulles, d'étendue variable, sont tantôt saillantes, hémisphériques, remplies de sérosité citrine d'abord, purulente plus tard, tantôt à peine surélevées, aplaties, leur existence ne se révélant que par un certain degré d'humidité de la peau au-dessous des squames ou des croûtes qui leur succèdent.

Elles peuvent (pemphigus vulgaire) se rompre, laisser à leur place des croûtes recouvrant des ulcérations longtemps persistantes, ou à cicatrisation rapide.

D'autres fois (pemphigus végétant), leur rupture est suivie du développement de végétations et de fongosilés saillantes, rappelant l'aspect des végétations

1Z PEMPOIGUS

syphilitiques, parfois très volumineuses, s'étendant par leurs bords par suite de la production de nouvelles bulles au voisinage des premières ; ces lésions occupent le plus ordinairement les plis articulaires et le voisinage des organes génitaux.

Dans d'autres cas (pemphigus foliacé), les bulles, généralement peu saillantes, se rompent rapidement; l'épiderme qui les recouvrait se transforme en lamelles grisâtres ou blanchâtres, un peu humides, au-dessous desquelles la peau est légèrement suintante; ces squames peuvent atteindre des dimensions assez considérables, amener une exfoliation de l'épiderme comparable â celle des dermatites exfoliatrices, avec chute des ongles et des poils. Ces lésions tendent à se généraliser à tout le tégument.

Dans toutes les formes de pemphigus, il est habituel de voir les productions huileuses se développer sur la muqueuse buccale, où elles rappellent l'aspect des syphilides ; c'est là du reste un caractère commun à toutes les grandes dermatoses huileuses.

L'étiologie du pemphigus est complètement inconnue; les lésions du système nerveux central ou périphérique, observées dans quelques cas, ne semblent pas expliquer nettement les caractères de la dermatose, et encore faudrait-il les rattacher ellesmêmes à une cause qui n'est pas jusqu'ici déterminée.

Les sujets atteints de pemphigus offrent presque toujours un état général des plus défectueux; mais les troubles de la nutrition semblent être la conséquence de la dermatose plus encore que son origine.

Traitement. — En l'absence d'une thérapeutique

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