‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 130 sur 201 · AFFECTIONS DES GLANDES SUDORIPARES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES GLANDES SUDORIPARES

Les glandes sudoripares peuvent être le siège de troubles fonctionnels : suppression de la sécrétion sudorale (anhidrose), exagération de celle-ci (hyperhidrose), modifications de ses cp:ialités (bromhidrose, chromhidrose), ou de lésions désignées sous le nom de dyshidrose, de sudamina, de miliaires, d'hidrosadénites, et enfin de tumeurs diverses.

Troubles de la sécrétion sudorale.

ANHIDROSE

Exposé éiioiogiquc. — La diminution ou la suppression de la sécrétion sudorale est permanente ou transitoire.

HYPERHIDROSE -lUd

, Permanente, elle s'associe presque toujours à un léger degré d'ichthyose ou constitue à elle seule une forme larvée d'ichthyose, ou bien s'observe chez les sujets atteints de prurigo de Hebra; elle peut aussi être due à l'involution sénile des glandes sudoripares.

Transitoire, elle dépend, lorsqu'elle est généralisée, d'un état morbide tel que le diabète et les diverses polyuries, la tuberculose ou le cancer; localisée, elle est la conséquence d'une affection grave du tégument : psoriasis, eczéma, lichen, dermatite exfoliatrice, etc., et ne constitue qu'un symptôme accessoire de ces maladies.

Traitement. — L'anhidrose généralisée est seule justiciable de la thérapeutique. Outre le traitement général des états dyscrasiques dans le cours desquels on l'observe, elle peut être combattue par les bains et surtout les bains de vapeur, le massage, les frictions sèches ou excitantes, les médicaments diaphoniques, tels que le jaborandi, ou les injections de pilocarpine qui doivent être réservées aux cas où l'anhidrose paraît être la cause de troubles sérieux de la santé générale.

HYPERHIDROSE.

Exposé étiologique. — L'exagération pathologique de la sécrétion sudorale se rencontre dans un grand nombre d'états morbides généraux (miliaire, fièvres, cachexies, etc.), où elle constitue un symptôme l'entrant, au point de vue clinique et thérapeutique, dans le domaine de la médecine générale.

En dehors de ces faits sur lesquels nous n'avons pas à nous étendre ici, l'hyperhidrose peut être généralisée ou localisée (éphidrose).

1U4 HYPERHIDROSE

L'hyperhidrose généralisée peut survenir accidentellement chez les sujets nerveux, à la suite d'une émotion vive; les arthritiques et surtout les arthritiques obèses y sont sujets sous l'influence des exercices même modérés.

L'hyperhidrose localisée peut occuper une moitié du corps (hémihyperhidrose) dans quelques affections nerveuses, entre autres la syringomyélie; elle peut se montrer sur le territoire de distribution cutanée d'un nerf à la suite d'une névrite de cause variable.

Le plus souvent les hyperhidroses localisées sont symétriques et s'observent chez des sujets arthritiques et nerveux.

On peut les observer aux aisselles, où, chez certains sujets, la sueur prend une odeur particulière et parfois une coloration jaunâtre, dans la région inguinale, particulièrement chez les sujets qui ont une tendance à l'obésité.

Très fréquemment, elles occupent la paume des mains, chez les sujets arthritiques et nerveux ou lymphatiques, et la plante des pieds chez les mêmes sujets, surtout chez ceux qui se livrent à un exercice fatigant : déterminant la macération de l'épiderme et son ramollissement, elles provoquent facilement le soulèvement des couches superficielles de la peau et le développement d'ampoules, ce qui entrave la marche; fréquemment l'altération de la sueur lui donne une odeur particulièrement repoussante (Voir plus loin le paragraphe consacré à la bromhidrose, p. 106).

Traitement. — Malgré la tradition populaire qui attribue aux « sueurs rentrées » le développement d'un grand nombre d'affections fort disparates, nous croyons que toutes les hyperhidroses doivent être

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traitées et guéries si possible : les hyperhidroses généralisées sont une cause d'affaiblissement pour l'organisme, qu'elles privent de liquide sans entraîner l'élimination d'une bien grande quantité de matières solides; les hyperhidroses localisées constituent souvent de véritables infirmités, qu'il n'y a aucun avantage à laisser persister.

Les hyperhidroses généralisées peuvent être modifiées par l'administration de la belladone et surtout de l'atropine (un demi à un milligramme par jour), du tanin, de l'agaric; chez les sujets nerveux, la valériane, les bromures et surtout les douches froides peuvent diminuer la tendance aux hyperhidroses ; les toniques et surtout l'iodure de fer chez les sujets lymphatiques, les alcalins chez les arthritiques peuvent remplir le même rôle; en même temps, on réglera l'alimentation, on diminuera la quantité de boissons tout en administrant les diurétiques, et on combattra la constipation par les laxatifs.

Les poudres inertes, additionnées de 1 à 3 0/0 d'acide salicylique, employées largement, peuvent également servir à combattre les hyperhidroses généralisées.

Dans les hyperhidroses localisées, les médicaments internes agissant sur les glandes sudoripares sont beaucoup moins efficaces : l'atropine en particulier est presque sans action; le traitement interne doit donc s'adresser surtout à l'état général du malade.

Le traitement local de ces affections consiste en première ligne dans le maintien de la propreté absolue des régions hyperhidrosiquesau moyen de lavages répélés chaque jour et au besoin plusieurs fois par jour : ces lavages seront faits avec des solutions légèrement antiseptiques (eau boriquée, solution de

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